SCÈNE XII
M°"^ DU CHATELET, VOLTAIRE , ramenant SALNT-LAMBERT.
VOLTAIRE
Je ne le souffrirai point; vous ne partirez pas; il faut que vous restiez. A mon secours, madame la marquise ! voici un fugitif que je ramène.
M""^ DD CHATELET
Que vous ramenez !
SAINT-LAMBERT
Des affaires fâcheuses me forcent à un prompt départ.
VOLTAIRE
Quelques heures de plus ou de moins ne feront rien , cl vous ne partirez pas maintenant, je vous le jure. Madame la marquise , un mol, je vous l)rie !... Aidez -moi à le retenir.
SAI>T-LAMnEHI
Si madame lUrdoniiuit...
VOLTAIRE
Eh ! oui , sans doute , elle l'ordonne ; voilà qui est convenu. Moi, je vous quitte , car je viens d'être informé que la voiture de M. du Chàtelet a été aperçue , et je vais au-devant de lui.
SAINT-LAMBERT
M. du Chàtelet!
M™« DU CHATELET
Déjà :
VOLTAIRE, la prenant à part.
Oui , lui-même... Voyons, Emilie , un peu de complaisance! Souvenez- vous de ce que je vous ai dit tantôt : il sera parlait que le marquis vous trouve ensemble,
M"* DU CHATELET
Encore une l'ois , Voltaire, réfléchissez...
VOLTAIRE
Point d'objections , je vous en prie !
M™*^ DU CHATELET, à part.
Il le veut absolument!
VOLTAIRE
Mon cher Saint Lambert, madame la marquise vous prie de lui tenir compagnie pendant mon absence.
SAINT-LAMBERT
Je suis bien heureux !
VOLTAIRE
A revoir ! (A la marquise qui remonte le théâtre avec lui.) Ce sera une excellente plaisanterie, je vous assure.
M"": DU CHATELET
Peut-être.
S.VINT-LAMBEBT, à part, sur le devant.
Je crois que tantôt je me suis conduit comme un écolier : tâchons de réparer ma gaucherie. jjme pjj CHATELET, revenant en scène.
Dans quelle situation il me place!
SAINT-LAMBERT, la regardant furtivemenl.
C'est qu'en vérité elle est charmante!
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