‹ Madame du Chatelet, ou Point de lendemainChapitre 21 sur 25 · I.E M.VIIQIIS · texte numérisé non relu

I.E M.VIIQIIS

Si un malheur n'esl pas arrivé, je suis sur ■qu'il ne s'en faut guère.

VOLTAIRE , avec effroi.

Vous pensez ?

LE MAltQt'lS.

Je m'y connais... et je vous en réponds.

VOLTAIRE , vivcmenl.

Mais alors il faudrait.. .

LK MARUIIS.

Un peu de patience, mon ami... (]omme \ous le disiez tout à l'heure, il n'y a pcul-ctre que du dépit.

VOLTAIRE

Kl si cela menait trop loin ?

LE MARQUIS

Moi , je ne suis pas un savant, voyez-vous ; mais on dit que les femmes ont une imagination qui va quelquefois bien vite.

VOLTAIRE, faisant un mouvement pour sortir.

Il faut donc se presser de les suivre. LE MARQUIS , l'arrêtant.

Un moment!... que diable! vous voila plus emporté que moi... Ecoutez : j'ai imaginé une bonne iijse, je suis le colonel de Saint-Lambert.

Oui ; eh bien ?

LE MARQUIS

Eh bien ! je vais lui donner l'ordre de rejoindre 5on régiment dès demain.

VOLTAIRE

Vousne pourriez pas le lui donner pour ce soir?

LE MARQUIS

Pour ce soir !... Vous avez raison , c'est encore mieux. Tenez , je vais l'écrire, ici.

(Le marquis écrit à la table , Voltaire se penche derrière son siège et regarde ce qu'il ccrit.)

VOLTAIRE

C'est très bien comme cela !

LE .MARQUIS

N'esl-il pas vrai?

(En ce tnomcnl Sainl-Lambert arrive par le fond , et M™* du Châielelsorl de son appartement.)

VOLTAIRE

Ah I... (A part.) Étaient-ils ensemble?

SCKM-: XVIIl.

Page 1