‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 159 sur 284 · RÉUNION SECRÈTE. — AOUT · texte numérisé non relu

RÉUNION SECRÈTE. — AOUT

» Montmorin. Chacun rendit compte de ce qu'il avait » découvert. J'avais reçu une lettre anonyme, dans » laquelle on me dénonçait une conversation chez

» Santerrc, annonçant le projet de marcher sur les » Tuileries, de tuer le Iloi dans la mêlée, et de s'em- » parer du prince royal pour en faire ce que les cir- » constances exigeraient ; ou, si le Roi n'était pas tué, » de faire toute la famille royale prisonnière. Nous » résolûmes tous qu'il fallait que le Roi sortit de Paris, » à quelque prix que ce fût, escorté par les Suisses, » par nous et par nos amis, qui étaient en grand » nombre. Nous comptions sur M. de Liancourt, qui » avait ollert de venir de Rouen au-devant du Roi. »

Un autre compte-rendu complète cette curieuse note de Lally : « Rouen était la seule ville commerçante » que l'insubordination démagogique eût épargnée. » M. de Liancourt l'occupait depuis longtemps, avec )> des troupes sûres. Le régiment suisse de Salis-Sa- » made en faisait partie. Les membres des départe- » ments de cette province étaient royalistes. Depuis » plusieurs semaines, on avait fait venir du Havre et » de Paris à Rouen un supplément de canons ; on y » avait fait louer, pour dix-huit mille livres par an, » la maison de M. Canning, gentleman anglais. L'opi- » nion publique appartenait au Roi dans toute la » province. Quanta la sortie des Tuileries, elle devait )> ainsi s'effectuer : la famille royale partirait le matin, » accompagnée de 15 à 1,800 gardes nationaux et de » la garde suisse. A la barrière de l'Etoile, elle eût » trouvé le reste de la garde suisse, 300 hommes de » cavalerie de la dernière garde constitutionnelle, et » 1,500 gentilshommes. Cette réunion eût formé une

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