‹ Madame Élisabeth, sœur de Louis XVIChapitre 250 sur 284 · LA REINE QUITTE LE TEMPLE · texte numérisé non relu

LA REINE QUITTE LE TEMPLE

sabeth et Madame Royale demandèrent instamment à la suivre, ce qui leur fut refusé. Les municipaux surveillèrent la Reine même pendant qu'elle s'habillait, fouillèrent ses poches, examinèrent le léger paquet d'effets que Madame Elisabeth lui prépara rapidement, et s'en emparèrent pour l'envoyer au tribunal révolutionnaire. Ils ne lui laissèrent qu'un mouchoir et un Ûacon.

Les adieux des prisonnières furents courts. La Reine embrassa sa fille, l'engagea à conserver tout son courage, et lui recommanda d'obéir à sa tante comme à sa seconde mère. Puis, elle se jeta dans les bras de sa sœur et lui recommanda ses enfants. Les municipaux, immobiles, contemplaient cette scène d'une douleur sans égale. La petite Princesse, muette de consternation, n'osait ni pleurer, ni parler. Une lampe et les lanternes des geôliers éclairaient la chambre. Madame Elisabeth adressa quelques derniers mots à la Reine, qui partit sans jeter davantage les yeux sur sa fille, de crainte de perdre cette fermeté dont elle lui donnait le dernier, le plus sublime exemple. Elle descendit, passa sans mourir de douleur devant la porte du logement où dormait alors, où devait expirer son fils un peu plus tard, et s'arrêta au bas de l'escalier de la tour. Là, les municipaux verbalisèrent un moment. En sortant, elle se frappa la tête au guichet, oubliant de la courber assez. On lui demanda si elle ne s'était pas fait de mal : « Oh ! » non, dit-elle ; rien à présent ne peut plus me faire » de mal ! »

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