SCÈNE XVIII
DANDINET, AMÉLIE **.
DANDINET, ému.
Nous voilà seuls. Madame... A qui dois-je l'honneur de votre visite?.. Parlez.
AMÉLIE
Rassurez-vous, Monsieur... je ne viens pas réclamer une place... que vos violences et vos jalousies m’ont forcée de quitter.
DANDINET, à part.
Quelle voix !
AMÉLIE, a-vec fermeté.
Je sais que ma fille est arrivée et je viens la chercher.
Vous?., vous donner ma fille!., ne l’espérez pas, Madame !
AMÉLIE
Je suis sa mère. Monsieur... et j’ai des droits sacrés !
DANDINET.
Vous les avez perdus... le jour où un chapeau de dragon...
AMÉLIE
Assez! J’avais pensé que toute une existence de régularité et d’honneur suffirait pour me mettre à l’abri de vos soupçons... je me suis trompée... je vous plains et je vous pardonne !..
DANDINET, A part.
Elle me pardonne! Ma parole, si le chapeau n’était pas là... je goberais tout ça!.. (Haot.) Vous parlez fort bien. Madame... mais j’ai ma fille’ et je la garde.
AMÉLIE
Ce n’est pas sérieux... vous n’avez pas la prétention de faire l’éducation de cette enfant...
DANDINET.
Mais pourquoi donc pas?., j’ai déjà commencé... nous en sommes à l’histoire de Russie... et ça marche très-bien... sauf une explication sur...
AMÉLIE
Trêve de plaisanterie, Monsieur!...
DANDINET.
Mais je ne plaisante pas, Madame. D’ailleurs j’ai placé près de ma fille une femme... pleine de réserve... de modestie... de délicatesse... mademoiselle Agathe...