SCÈNE JC
JEANNE, DE CLERCY, puii HECTOR, puis GHAMBRELAN.
JEANNE, paraissant au fond à gauche.
Jlais que devenez-vous, mon ami ?
DE CLERCY.
Enfin VOUS voilà! ce n'est pas malheureux!
JEANNE
Qu'avez-vousdonc? vous paraissez contrarié...
DE CLERCY.
Si vous croyez qu'il est agréable pour un mari, de voir sa femme poursuivie par une meute de petits jeunes gens.
Mais vous devriez être fier de mon succès... est-ce ma faute, si l'on me trouve agréable ? Vous m'avez dit vous même que j'étais jolie.
DE CLERCY.
Ah! jolie! voilà!... mais ce n'est pas une raison pour danser avec tout le monde.
JEANNE
Si on m'invite, puis-je refuser?
DE CLERCY.
Et moi!... le mari! si je réclame une simple valse on me donne le no 49.
JEANNE
Ça, c'est peut-être votre faute, il fallait vous y prendre plus tôt.
DE CLERCY.
Alors, c'est une course au clocher.
JEANNE
Un .salon est un terrain neutre, où les maris n'ont pas plus de prérogatives que les autres.
DE CLERCY.
Elle n'est pas de vous cette phrase là... elle est de votre père!... Je reconnais sa marque... elle est tout à fait commode pour laisser les maris dans les petits coins, (il s'assied sur le canapé.)
Mais qu'avez-vous? Je ne vous comprends pas. Pouvez-vous me reprocher d'avoir été coquette ou légère? (Elle s'assied à côlé de lui.)
DE CLERCY.
Oh ! non ! je ne dis pas ça !
JEANNE
Eh bien?...
DE CLERCY.
Jeanne, il faut que nous causions... que nous causions sérieusement... car on fait ici à votre mari une position, que ni vous, ni moi ne saurions accepter; certes je n'ai pas la prétention...
HECTOR, entrant et l'interrompant.
Pardon, madame... c'est la polka*.
DE CLERCY", à par, se levant ainsi que Joanne. Que le diable l'emporte! Je ne peux plus même causer avec ma femme!...
* ti.cljr. Jeauîie, de Clercv,
HECTOR, à Jeanne.
Voulez-vous me faire l'honneur de me présenter à monsieur voire mari?
JEANNE, le présentant.
Mon ami... M. Hector Grandin...*
DE CLERCY.
Elle sait leurs petits noms... déjà!
HECTOR, à de Clercy, très-aimable et en offrant le bras à Jeanne.
Je crois, monsieur, que nous avons été camarades de collège.
DE CLERCY, avec humeur.
Je ne me souviens pas... je n'ai jamais été dans ce collège là...
HECTOR, étonné.
Hein?
DE CLERCY.
Pardon... on m'attend au vs'hist (ll entre virement à droite. I
HECTOR, d'un air rodomont, à parf.
Il est bien heureux d'avoir une jolie femme!
CHAMBRELAN, paraissant a la poite du fond, très-affairé.
On polke ! vite! vite!
HECTOR
Voilà! (U sort avec Jeanne par le fond.)