SCÈNE VI
Les Mêmes, LE COMTE et LA COMTESSE.
l'hote.
Entrez, Votre Excellence. Que faut-il vous servir, Madame ?
LE COMTE, son manteau sur le bras et une petite boîte à la main, la comtesse a aussi sou manteau et un petit carton à chapeau.
Vite des chevaux à notre voiture. Combien y a-t-il d'ici à Castelardo?
l'hote.
Trois bonnes heures de route, avec une montée très-fatigante.
LE COMTE
Raison de plus, vite des chevaux, il faut que j'arrive avant minuit.
Leurs Excellences ont bien le temps alors, il n'est que six heures ; Leurs Seigneuries ne seront pas fâchées de dîner auparavant.
GILETTI.
Je suis sûr que Leurs Excellences n'ont pas faim.
l'hote, à part.
Animal, va!
LA COMTESSE, assise à la droite de la table de gauche.
Je prendrai un bouillon seulement.
LE COMTE
Et moi, une aile de poulet.
MARIETTA
Y a plus d'bouillon.
GILETTI.
Y a plus d'poulet.
l'hote.
Mais si fait, il y en a... mais débarrassez donc Leurs Seigneuries.
Us prennent les manteaux et chapeaux des voyageurs, que Gilelti va porter dans la chambre de droite.
LE COMTE
Alors vite, pendant qu'on mettra des chevaux à ma chaise, un bouillon, une aile de poulet et du bordeaux.
Vous avez entendu ? Toi, Giletti, à la cave, tu monteras du cachet vert; toi,Marietta, à la cuisine.
GILETTI.
Oui, not'maître, moi à la cave, du bouillon.
MARIETTA
Et moi, à la cuisine... du bordeaux.
Ils s'embrassent.
L HOTE, les apercevant.
Eh bien ! eh bien !
Giletti se sauve par le bosquet de gauche, Marietta, par celui de droite.
Je vous demande pardon, Excellences, mais ils sesont mariés ce matin.
LE COMTE
Mais ils sont très -gentils...
L'hôte sort au fond à droite.