‹ Madame l'archiduc (volume 2)Chapitre 6 sur 114 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

GILETTI.

Eir m' donne son cœur de rosière.

Et moi, je lui donne mon nom.

Les amis pleins d'une gaîté franche

GILETTI.

Nous suivaient en riant un brin,

MARIETTA

Les deux bras autour de la hanche,

GILETTI.

Et s' dandinant avec entrain.

MARIETTA

Les oiseaux chantant sur la branche

[GILETTI.

Nous répétaient leur gai refrain:

Goui, coui, etc.

l'hote.

En voilà assez 1 vous chantez, j'en suis bien aise, il faut travailler maintenant.

GILETTI.

Ah ! pardon, not'maître, pas moi, vous m*civez promis trois jours de congé.

xMARIETTA.

Trois jours de congé !

GILETTI.

Nous y tenons !

MARIETTA

Trois jours, c'est pas de trop, pour une lune de miel.

Je vous les ai promis, je vous les donne ; je vous ai mariés , parce que vous étiez tout le temps fourrés dans les petits coins à vous embrasser. On ne pouvait plus rien obtenir de vous. (Mouvement de Marieita.) Ce n'est peut-être pas vrai ce que je dis là ?

MARIETTE

Dame, monsieur!

l'hotf.

Je vous ai mariés, parce que j'espère bien qu'après les effusions inséparables du premier moment, vous finirez par vivre comme chien et chat.

MARIETTA

Oh non !

l'hote.

Oh si !

GILETTI.

Oh non!

LES GARÇONS

Oh si !

GlLETTl.

Qu'est-ce qu'ils ont donc, ceux-là?

l'hote.

J'en parle par expérience, c'est ce qui nous est arrivé à ma femme et à moi. (Tristement.) Je suis veuf maintenant (Gaîment.) et je ne n'en plains pas.

Ça vous est arrivé, parce que votre femme ne vous aimait pas, tandis que moi j'adore Giletti.

GILETTI.

Moi, elle m'aime bien.

Ils s'embrassent.

LES GARÇONS

Oh !

GlLETTl.

Qu'est-ce qu'ils ont donc, ceux-là ?

l'hote.

Allons, finissons-en, prenez-les vos trois jours.

GlLETTl.

Viens, ma petite femme, viens faire nos paquets. Ah ! nous allons bien les employer nos trois jours.

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