ACTE TROISIÈME
COUPLETS
C'est un sort privé d'allégresse
Que de veiller sans sommeiller. ^
Ainsi l'ordonne la comtesse, Près d'elle nous devons veiller.
l'archiduc.
Heureusement Taube sereine Va bientôt naître à l'horizon, Sauf vot' respect, mon capitaine.
FORTUNATO
Brigadier, vous avez raison.
l'archiduc.
Que je suis un vieux de la vieille, J'ai compris, faut pas insister.
FORTUNATO
Vous me paraissez dur d'oreille.
Et je tiens à bien répéter.
l'archiduc.
J'ai pas besoin qu'on me répète Plusieurs fois la même chanson, C'est donc qu' j'ai l'air d'une bête.
FORTUNATO
Brigadier, vous, avez raison. (Bis en chœur.)
L'archiduc est allé se recoucher.
FORTUNATO
Tenez, il est allé se recoucher. Ici, brigadier, avancez à Tordre.
l'archiduc, se lève ea bâillant.
Présent, mon capitaine.
Salue donc, animal. (L'aiclùJuc salue en ôtant son casqne.) PaS
comme ça, le salut militaire donc ! (il salue.) Qu'est-ce que c'est que ce brigadier? De quel régiment es-tu donc? l'archiduc.
Treizième de la 77^ du 20« de la 59^ du 101^.
FORTUNATO
C'est drôle, je ne te reconnais pas.
l'archiduc.
Vous n'avez pas la prétention de connaître tous les brigadiers.
fortunato.
J'ai toutes les prétentions. Je suis votre supérieur. (a lui-même.) Ma parolc d'honneur, ce brigadier raisonne comme s'il était colonel, (a l'archiduc.) Est-il assez mal fagotté; regardez-moi cette giberne, ce baudrier, et ces boutons, ils n'ont pas été as'*iqués ce matin, (il le bourre.) Brigadier de carton... tu connais la consigne, tu prends la garde de quatre heures, il faut veiller sur ce pavillon où repose la comtesse.
L ARCHIDUC, soupire en regardant le pavillon.
Oui, mon capitaine.
FORTUNATO
Dispose tes hommes tout autour, toi, derrière, sous la fenêtre. As-tu compris, comprends-tu? Tu n'as pas l'air de comprendre, tu es donc idiot?
l'archiduc.
Oui. mon capitaine.
FORTUNATO
Ne laisser entrer personne, c'est l'ordre de la comtesse,
personne, entends -tu, surtout TarcbiduC. (L'archiduc regarde
Fortunato.) Oui, Farchiduc. As-tu compris, comprends-tu? tu n'a pas l'air de comprendre. Décidément tu es idiot.