MASCARILLE, MARIANNE
MARIANNE, à part.
Il est parti, très-bien !
* A Ma* cari Ile.
D’où vient tout ce tnj âge?
Quoi ! Mi-scarille! Eh bien! et ce fameux voyage?
Et cet oncle 9 Et cet héritage Sur lequel nous comptions? tu ne rapporUs rien? Alors comment vas-tu...
MASCARILLE, l'interrompant.
Pas bien...
MARIANNE
Comment?
O femme, assez de feinte !
Laisse... moi et conter... tu comprendras ma plainte. Ces comédiens.-..
MARIANNE
Quoi? tu fais?
Qui sont venus ce soir comme des insensés...
MARI ANNE
Cher époux !
Pleins d’orgueil et d’amoureux délire, T'exprimer leur triste. martyre.
En honnête personne, et je t’en saurai gré,
Tu les en a punis
M A R I A N N E , l’inturrouip ont.
Par un moyen...
SCÈNK HUITIÈME
M ASCARILLE, idem.
Outré !
M ARIANNE.
Quoi ! dans un pareil cas, c’est toi qui me condamne? MASCAR1LLE.
Ecoute, Marianne...
MA 1 I À N N E, l’iuterrouipaDt.
Et quand des suborneurs en veulent à ma foi...
M ASC A K ILLE.
L’un de ces suborneurs, ô femme, c’était moi !
MARIASSE.
Toi!
M ASC A H 1 LEE.
Vois ce costume,
Ce riche pourpoint d'apparat,
Ce grand feutre orné d’une plume Et ce long glaive de combat.
Changeant de ton.
Mais, dis-moi, mignonne chérie,
Toi qui connais tout le secret De la blanche et noire magie,
N’aurais- tu pas dans ton buffet Quelque contre-poison bonasse,
Dût-il défigurer ma face.
Qui me rendît à la santé?
MARIANNE
Je devrais bien, jaloux perfide,
Pour me venger de votre affront,
Accomplir jusqu'au bout mon projet homicide.
MASCAR1LLE.
Mais je craignais tant pour mon front !
MARIANNE
Circonstance atténuante Que pour aujourd’hui seulement Je veux bien accepter.
M ASCARILLF.
Méchante !
MADAME MASCÀR1LLE
MARIANNE
Allons! buvez tout simplement Ce petit flacon d'or potable.
MASCAR1LLE, après avoir bu.
Merci ! cela va beaucoup mieux.
Le goût n’en est pas agréable, Mais l’effet est délicieux !
MARIANNE, A part.
Dans tous les cas, c’est un remède Bien anodin ! de l'eau ! quand la foi vient en aide !
MASCAR1LLE, tondant son verre.
Avec un peu de vin.
MARIANNE, A part.
Chassez le naturel . . .
Haut.
Plus tard. Pas aujourd’hui.
MASCAR1LLE) faisant la grimace .
Le remède est cruel !
Se rappelant.
Kt Lindor?... je suis sûr qu’il trépasse à cette heure!.
Tant pis pour lui ! tant pis! c’est fort bien fait... qu’il meure, Je m’en lave les mains et n’ai point de remords. D'ailleurs il est cousin d’un médecin retors,
Qui pour quelques ducats l’aura tiré d’affaire ;
Le poison qu’il a pris est fort lent... laisse faire...
MASCAR1LLE, à part.
Diable !... mais s’il allait revenir quelque jour Son corps ressuscitant : fort bien ! mais son amour?
Haut, au public.
Bah 1 tant pis ! à présent que je connais ira femme Je brave tous les méchants.
Je suis fier, et je puis compter sur sa belle âme Et mépriser les médisants.
Plus de vilains soupçons ! foin de la calomnie !
Je veux passer ma vie