‹ Madame Mascarille, comédie en 1 acte en vers libresChapitre 6 sur 17 · SCÈNE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

SCÈNE QUATRIÈME

• MARIANNE

Personne.

MASCARILLE, ouvrant les bran.

Alors, je m’abandonne.

M ARIANNB, à put.

Qu’il est beau !

MASCARILLE, qui a entendu.

N’est-ce pas?

Et la jambe... et le corps... et la tête... et[les bras?

A part.

Bon bras pour te rosser!

A Marianne.

Enfin une prestance Pleine de grâce et d’élégance.

A part.

Voilà le contraste établi Entre l’amant et le mari.

Oh ! s’il te ressemblait ! je lui serais fidèle !

C’est à moi seul qu’il faut l’être, ma belle, En récompense d'un amour Plus sincère que le grand jour, Puisqu’il n’en aura que l’aurore.

Si tu savais, comme on t’adore!

Et comme l’on s’en fait souci !

Tout à l’heure en venant ici.

Comme un fou, j’ai cherché querelle A l’escorte de la gabelle.

Et sais-tu pour quelle raison?

Parce qu’en doublant ta maison Et bien innocemment, peut-êlre,

Un des leurs fixa ta fenêtre.

MARIANNE

Se battre ainsi, Lindor! et contre tous!

Rassure- toi, l’amour parait les coups!

MARIANNE

L’amour !

Oui ! qui brûle mon âme!

10 M A D AME M A8CA RILLE

Et veut te réchauffer à son ardente flamme!

O Marianne, m’aimes-tu?

MARIANNE

Mon coeur a longtemps combattu Et longtemps j’ai voulu défendre Les droits auxquels un mari peut prétendre,

Mais je ne puis te résister!

Et puis nos cœurs étaient bien faits pour se comprendre. Ainsi que toi, Lindor, j’ai voulu débuter ;

Aspirant eux bravos d’un public en démence.

Sans monsieur mon mari dont la dure exigence Ne sut que me tarabuster,

J'eusse été comédienne.

M ASCARILLE.

Parbleu! q»’à cela ne tienne!

Je t’enlève, mon joli cœur,

Te présente à mon directeur...

Mais voyons, as-tu fait au moins quelques études?

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