‹ Madame mèreChapitre 13 sur 14 · L.-L. Bonaparte · texte numérisé non relu

L.-L. Bonaparte

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Le quatrième des üls de S. A. le prince de Canino, le prince Piehre Bonaparte, retiré à Versailles, vers la ün de sa vie, et depuis longtemps malade, me fit appeler un jour, en 1880, lorsque je me rendais à la Chambre, comme député. 11 me parla de Madame Mère, à propos de mes recherches historiques, dont certaines dates étaient difficiles à vérifier.

J’eus l’honneur de voir plus tard, après son veuvage. Madame la princesse Pierre Bonaparte, qui voulut bien me donner le volume des Souvenh's de son mari (1), en y rattachant quelques faits relatifs à leur vénérée grand mère.

La princesse m’a fait l’honneur de m’écrire :

Dieppe, 29 juillet 1885, rue de rHôtel-de-Ville, 27.

Monsieur le baron,

J’ai si souvent entendu parler de vous par mes enfants, que j’avais le plus vif désir de vous connaître personnellement; pensez si j’ai regretté de n’ôtre pas à la maison, lorsque vous êtes venu, etc.

...J’ai quelques lettres de Madame Mère; je me ferai un plaisir de vous les communiquer; elles pourront peut-être trouver place dans l’ouvrage que vous préparez sur la mère de Napoléon.

Veuillez croire, etc.

Princesse Pierhe-N.\poléon Bonaparte.

La première visite que j’ai pu faire en octobre 1885, à Son Altesse, récemment fixée à Paris, m’a permis de l’entendre parler de Madame Mère, d’après des souvenirs précis de sa famille et particulièrement de Lucien.

Le prince Roland Bonaparte, fils du prince Pierre, m’a donné la copie entière d’une lettre adressée par Madame Mère à son fils Lucien, en date de Porto-Ferrajo, le 19 septembre 1814.

(1) Souvenirs, traditions, clc., du prince Pierre N. Bonaparte, 1876.

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La princesse Jeanne Bonaparte, marquise de Villeneuve, sœur du prince Roland, m’a gracieusement envoyé la copie de trois lettres autographes de Madame Charles Bonaparte, en date des 21, 22 juillet 1795, et 29 janvier 1804.

Le prince N. Charles Bonaparte, petit-ûls de Lucien, a bien voulu m’écrire deux fois de sa villa Quiete, province de Macerata des Etals- Romains, en m’envoyant six lettres de Madame Mère. Les deux premières en italien, sont de 1806 et les quatres suivantes, en français, datent de 1810.

Voici la lettre d’envoi du 29 août 1888 :

Monsieur le baron,

Je vous adresse, par le même courrier, quelques lettres de Madame Mère que j’ai pu me procurer.

J’ai d’autres lettres de la mère de l’empereui' Napoléon I"; mais je n’ai pas cru devoir les faire copier, pour vous les adresser, étant toutes très intimes et ne traitant, en grande partie, que d’affaires de famille. Je me réserve, si vous le désirez, monsieur le baron, de vous montrer ces lettres, à l’époque de mon premier voyage en France.

Je suis, etc...

Votre très dévoué,

N. Charles Bonaparte.

La comtesse Faina (Lucienne Valentini), de Pérouse, petite-fille de la princesse Alexandrine Bonaparte, a eu la bonté de m’écrire, de la villa Faina, en 1888 :

Monsieur le baron.

Je m’empresse de vous annoncer que je viens de a'ous expédier, par ce même courrier, neuf lettres de Madame Mère. J’ai été les chercher en ville, parmi les papiers de famille dont j’ai hérité de ma grand’mère, la princesse Alexandrine Bonaparte.

Malheureusement, les plus intéressants ne sont pas entre mes mains, car ils furent envoyés à l’empereur, pendant ma

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minorité, selon son désir. Je suis bien aise cependant de vous offrir le peu que je possède de Madame Mère et que vous

pouvez me renvoyer tout à votre loisii. .,,111

Je vous prie de me rappeler au bon souvenir de M. Adelon, à qui je suis redevable de votre aimable lettre.

Veuillez agréer, etc.

Lucienne Valenïini Faina.

Je copiai aussitôt les neuf lettres que la comtesse avait bien voulu me conüer et après les lui avoir rendues, sans délai, je recevais les remerciements les plus gracieux de sa part et de celle de son mari. Les neuf lettres de Madame Mère sont reproduites à leur date, par ordre clironologique.

La marquise de Roccagiovine, petite-fille de Lucien et tante du jeune Roccagiovine, — habitant i)Iandela, pi 0vincia di Homo, a pris la peine de m’écrire une lettre des plus gracieuses, en réponse à ma demande de documents sur Madame Mère.

Madame la princesse Napoleo.ne Bacciochi, fille de la princesse Elisa, grande-duchesse de Toscane et petitefille de Madame Mère, l’avait bien connue à Rome, en conservant pour elle une respectueuse admiration. Elle la considérait « comme une matrone imposante, d une figure sévère, d’une attitude digne et silencieuse, tout entière entraînée alors, par ses tristes pensées, vers 1 horizon de Sainte-Hélène ».

La princesse, que j’ai eu l’honneur de voir à Paris, possédait sur la famille impériale et sur Madame Mère de précieux souvenirs, dont elle eut la bonté de me parler, en présence de mon vieil ami de collège le marquis de Piré, son chevalier d’honneur, et de madame la marquise de Piré, sa dame de compagnie.

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La comtesse Letizia Rasponi, fille de la princesse Louise Murat, veuve Rasponi, me répond avec obligeance, de Ravenne, le 12 novembre 1884 :

« ... Les lettres de Madame Mère que possède la famille sont relatives à des affaires privées. » Une seule est à l’adresse de Ms" Flompesch et la copie m’en est envoyée.

Suivent quelques indications connues sur Madame .Mère et inutiles à reproduire.

La comtesse Caroline Repoli Tatïim, petite-fille de la reine Caroline, répond d’une manière fort obligeante à ma demande sur Madame Mère. Llle m’oflre de quitter sa campagne, pour aller en ville, chercher les renseignements dont J’aurais besoin.

Sa lettre est datée de la villa Letizia, près Rologne, 1" août 1888.

Une seconde lettre de Rologne, 21 novembre 1888, m’envoie la copie d’une lettre de Madame Mère à la reine Caroline, au sujet d’une maladie de son fils, le prince Achille Murat, que j’avais eu l’honneur de connaître en 1831, à Rru,\elles.

L’ex-roi Jérome, comte de Montfort, a daigné, pendant le second empire, me donner, sur Madame Mère, quelques indications utiles à mes recherches. Il était, à cette époque, gouverneur des Invalides.

S. A. I. Madame la princesse Mathilde qui m’honore, depuis longtemps, de sa bienveillance, avait eu la bonté de m’écrire, de Saint-Gratien, le 8 août 1884 :

Mou cher baron.

J’ai parlé à mon frère de votre intéressante publication sur Madame Mère. Il ni’a dit avoir bien peu de choses sur elle et me charge de vous prier de mettre par écrit ce qui pourrait

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vous intéresser. Il part lundi pour Prangins où il a tous ses papiers et c’est de là qu’il pourra vous rapporter ce qu’il a...

Hecevez, cher baron, l’expression de tout mon sincère attachement.

Mathilde.

S. A. I. le prince Napoléon a eu aussi la bonté de m’adresser, en 188:5, une copie textuelle de la lettre de Madame, avec le billet suivant :

Paris, 15 mars 1885.

Mon cher baron.

Préoccupé de votre travail sur Madame Mûre, je vous envoie une lettre intéressante et qui pourra Amus être utile, si vous ne l’avez déjà. Elle est tirée des Mémoires du roi Joseph. Je la crois authentique. Sa naïveté et l’élévation de vue est bien dans le caractère de ma grand’mère et conforme à tout ce que je sais d’elle.

Recevez, mon cher baron, l’assurance de mes sentiments d’amitié.

Votre affectionné,

Napoléon.

.le me fis un devoir de répondre sans délai au prince Napoiéon.

Paris, 1 G mars 1885.

Monseigneur,

Je m’empresse de remercier Votre Altesse Impériale du bienveillant souvenir dont elle m’honore, à propos de mes Recherches historiques sur Madame Mère.

L’admirable lettre adressée par Madame au digne ami de votre famille, M. Sapey, m'avait été déjà communiquée par le prince Louis-Lucien Bonaparte, avec cette annotation : «3“La » copie d’une lettre du plus haut intérêt, dictée en français par » Madame Mère et signée, non par elle, à vrai dire, mais ainsi ;

)> Per S. A. Madama.

» Rosa Mellini. »

Mademoiselle Mellini, ajoutait le prince Lucien, était la dame d’honneur de ma grand’raère, qui avait en elle la plus

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grande confiance, de sorte que cette leltre était incontestablement de Madame Mère, comme deux précédentes (que j’avais reçues du prince Lucien).

La lettre adressée à M. Sapey est datée de Rome, 26 avril 1 834.

La môme année. Monseigneur, J’accompagnais mon père à Rome et nous avions l’insigne honneur d’y être retenus longuement, dans notre visite à Son Altesse votre illustre et vénérée grand’mère.

Je prie Votre Altesse Impériale d’agréer, etc.

11°“ Laurev.

.le reçus du prince une dernière lettre :

Frangins, le 3 octobre 1887.

-Mon cher baron Larrey,

J’ai fait de nouvelles recherches dans mes papiers ; rien sur ma grand’mère.

Je désire vivement que votre livre paraisse. C’est une lacune a combler dans l’histoire de ma famille ; personne ne peut le faire mieux que vous. Ne tardez pas; le présent seul nous appartient, l’avenir est à Dieu.

Je vous renouvelle, mon cher baron, l’expression de tous mes sentiments d’amitié.

Votre affectionné.

Napoléon.

Le prince n’est plus, mais son judicieux conseil m’a décidé il ne pas ajourner davantage la publication de mes liecherches historiques sur Madame Mère.

Le général Arrigui, duc de Padoue, cousin de Madame Mère, qui avait été grièvement blessé, dès le début de sa carrière militaire, au siège de Saint-Jean-d’Acre(l), avait reçu, à temps, les soins de mon père.

Le duc de Padoue fils, ancien ministre et député,

(I) Voir 1799. Campagnes d'Égypte et de Syrie.

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SOUS le second empire, m’avait fait admirer chez lui un beau portrait de la signera Letizia, paraissant peint à l’époque du consulat et attribué à Greuze. Ce portrait fut fort apprécié à une exposition de l’École des beauxarts, et le duc de Padoue eut la gracieuseté de le faire photographier à mon intention.

11 m’écrivit, ensuite, h ce sujet, la lettre suivante, datée du 26 mars 1884 :

Monsieur le baron et cher ancien collègue.

Vous me demandez quelques indications sur le beau portrait de Madame Mère que vous avez vu chez moi. 11 a été donné par l’empereur Napoléon, à l’île d’Elbe, en 1815, à mon grand-oncle l’abbé .Arrighi, de Casanova, chanoine de Pise, de Florence et d’Ajaccio, vicaire général à l’île d’Elbe en 1814, mort en 1835. C’est par lui que ce portrait, légué à un de ses parents, est devenu ma propriété. 11 ne porte pas le nom du peintre. .M. Goupil, qui l’a vu, l’attribue à Greuze, etc... Le costume est celui des femmes de la Corse, à la lin du siècle dernier.

Je ne peux pas vous donner de Agréez, etc.

renseignements plus précis. A. DE Padoue.

A propos des lettres, la suivante, du 22 mars 1884, m’avait été adressée d’abord par le duc de Padoue :

Cher ancien collègue,

Je vous envoie les copies de trois lettres de Madame Mère, en date de 1833, 1834, 1835. Les autres, à ma connaissance, sont de 1804 et adressées à mon grand-père, qui était, à cette époque, préfet du Liamone, à Ajaccio. Ces lettres ont trait à des affaires de famille; elles sont en italien, pour la plupart, et me semblent sans intérêt pour les futurs lecteurs de votre travail historique.

Veuillez agréer, etc.

A. DE Padoue.

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Le ministre des affaires étrangères, auquel j’avais demandé l’autorisation de consulter les archives du ministère, m’accordait cette faveur, par la dépêche suivante, en date du 10 avril 1888 :

Monsieur le baron Larrey,

J’ai l’honneur de vous accuser réception de voire leUre du 18 mars dernier, par laquelle vous demandez à consulter, au Dépôt des affaires étrangères, les documents relatifs à Madame Letizia, mère de Napoléon I®’’. La commission des Archives diplomatiques à laquelle j’ai transmis votre demande a émis un avis favorable que j’ai approuvé. Vous pourrez donc, dès que vous le jugerez convenable, vous adresser au chef de la division des archives, qui fera mettre à votre disposition les documents dont vous désirez avoir communication, llecevez, etc.

Le Ministre des affaires étrangères.

La duchesse d’Abrantès, que j’avais occasion de voir dans ma jeunesse, vers l’époque de la publication de ses Mémoires, m’a confirmé, de vive voi.K, quelques-uns des faits écrits par elle, sur Madame Mère. Elle n’en parlait point sans une profonde admiration.

Madame Amet d’Abka.ntès, sa ülle, ayant à publier une notice nécrologique sur Madame, peu de temps après son décès, m’avait demandé, à ce sujet, des renseignements que je ne possédais pas encore.

Monseigneur Acu. .\nger, évêque d’.Vntioche, retiré en Italie, a eu la bonté de faire, à mon intention, des recherches sur Madame Mère, dont il me dit, par une lettre dictée du 15 avril 1888 :

... Cette femme, à divers titres, est un grand homme et l’évêque vous encourage à écrire son histoire...

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^ Le chevalier d’Arnetu, conseiller intime de S. M. I. et II. 1 empereur d’Autriche, auquel j’avais eu l’honneur de demander, par une lettre du 26 août 1883, si, dans les archives de la cour de Vienne, on ne trouverait pas de lettres d’une correspondance de Madame Mère, avec son petit-ûls le duc de Reichstadt, me répondait, le 23 septembre, qu il n’y en a aucune trace.

« Mais, ajoute M. d’Arneth, nos cahiers de Home contiennent des copies do cinq lettres (de 1808, 1810, 1811 et 1813) deux de Madame Letizia à son fils Louis, comte de Saint-Leu et trois de Louis à sa mère. Quoique je ne sache vous rien dire de positif sur la manière dont les copies de ces lettres sont venues en possession du gouvernement d’Autriche, j’ai des raisons de les croire authentiques. Si vous désirez la copie de ces lettres, monsieur le baron, je vous prie de me l’écrire, à Vienne ou je vais retourner, et j’aurai l’honneur de faire faire ces copies pour vous, sans aucun délai.

Veuillez agréer, etc.

A. d’Arneth.

Cette lettre est suivie de deux autres et de l’envoi des copies gracieusement offertes.

M. L AzzoLi.Ni, de Rome, possédant une collection d’autographes, a eu l’obligeance de m’envoyer deux lettres de Madame Mère, adressées les 9 et 14 avril 1807, à son frère le cardinal.

U lellre d’envoi, écrite en italien et datée dn 0 mai

r,?'»'"’ eotnmeniriuer d’antres

lettres de 1 illustre donna.

vol^'mTr’ '‘•Allemagne a Cènes, a bien

vonln mon-nr une copte rac-similé dn passeport de

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Madame Mère, à son départ d’Orléans pour l’Ilalie (1).

La lettre dit :

On y a scrupuleusement conservé l’orthographe, le nom de l’adjoint étant, dans sa seconde partie, un peu illisible, je l’ai fait rendre, tant bien que mal, en faC-similé... Le signalement de Madame Letizia est certainement d’un grand intérêt. Étant convaincu d’avance de l’importance de votre ouvrage, etc.

Le docteur Ëmile Bégin, savant modeste d un grand mérite, attaché, sous l’empire, à la Bibliothèque du Louvre, incendiée en 1871, fut nommé ensuite au double emploi de conservateur adjoint et de médecin à la Bibliothèque nationale. 11 se trouvait là en position de rechercher de précieux documents pour ses divers ouvrages (2). Il m’a procuré, de la sorte, des lettres, dont la recherche directe m’eût été difûcile, faute d un loisir nécessaire.

Ma correspondance avec M. Bégin étant devenue fort active, mon honorable confrère me permit de citer quelques mots de l’une de ses lettres, datée du 3 juin 1881, sur mon projet de publier X Histoire de Madame Mère.

Bien cher maître (m’écrivait le docteur Émile Bégin), je vous remercie d’avoir pris la peine de m’aviser. Il y a des noms qui portent bonheur, parce qu’ils sont saints; Madame Letizia en est un. Puissiez-vous bientôt consacrer sa sanctification par un excellent livre, etc.

Madame la comtesse Biadelli, Qlle du comte de Casait) Voir la copie du passeport à la date indiquée, du 9 avril 1814. (2) Entre autres : une Histoire de Napoléon, 5 vol., 18...

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bianca et M. son fils ont connaissance des documents précieux qu’avait eu la bonté de m’offrir l’éminent ministre du second empire.

Je dois à l’obligeance de sa famille la copie d’une lettre de Madame Mère à la princesse Napoléone Bacciochi.

Le docteur G... Biagi, conservateur de la bibliothèque de Florence, m’a signalé le poète italien G. Garducci, auteur de Sirop/ies su?' Lelizia, la Niobé corse, etc. (1).

M. A. Blanche, ancien secrétaire général de la Seine, informé que je m’occupais d’une histoire de Madame Mère, a eu la gracieuseté de m’envoyer la copie de trois lettres d’elle, provenant de sa collection.

M. Bouissin d’Anoely, autrefois conseiller général de l’Hérault, possédant un recueil d’autographes précieux, avait offert à l’un de nos amis communs (Victor Meignan), de mettre à ma disposition deux lettres de Madame Letizia Bonaparte.

Je m’empressai de le remercier, en décembre 1884, et il me fit voir ces deux lettres dans un magnifique album en maroquin rouge. Elles sont adressées par la signora Letizia à, madame Clary, de Marseille, belle-mère de Joseph Bonaparte. Ces deux lettres sont en français.

La première est du 5 frimaire an VI (23 novembre 1797). La seconde, écrite aussi entièrement par Madame Letizia, est datée du 29 germinal an VI (18 avril 1798). Elle est relative aux emplettes d’un mobilier. Les deux autographes sont reconnus authentiques.

(1) Revue du monde lillévaire, 10 juillet 183-3.

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Je me disposais à copier sur place ces deux lettres autographes, lorsque M. Bouissin les détacha spontanément 1 une et 1 autre de son riche album et me pria de les accepter, de sa part, en mémoire de Madame Mère. J’en fus profondément louché.

Heureux les chercheurs de documents historiques, lorsqu’ils rencontrent des donateurs aussi généreux que M. Bouissin d’Ancely!

Madame la comtesse Pauline de Brady, dont le mari avait été attaché à la maison militaire de l’empereur, ayant eu connaissance de mes recherches sur Madame Mère, a eu la bonté de m'envoj^er la copie autographiée sur grand format de deux lettres originales signées Letizia Bonaparte. Elles sont adressées de Marseille, en 179o, à Madame Isoard, à Aix.

Une seconde copie de ces deux lettres m’a été donnée, depuis, avec une troisième, par la princesse Jeanne Bonaparte, marquise de Villeneuve. Semblable copie de ces trois lettres m’a été aussi obligeamment transmise par M. le marquis d’Isoard de Vauvenargues.

Madame la baronne de Bressieux, née du Colomrier, aurait été, dans sa jeunesse, recherchée en mariage, à Valence, par le lieutenant d’artillerie Bonaparte, s’il n’avait du s’éloigner. Elle fut nommée, plus tard, dame de compagnie de Madame Mère et se lia d’amitié avec la comtesse de La Valette, mère de la baronne de Forget. C’est là que, dans ma jeunesse, j’ai eu l’honneur de voir souvent madame de Bressieux et de l’entendre parler de la mère vénérée de l’Empereur.

Le professeur Buonamini, de l’Université de Pise, sut

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par son collègue le doyen de la Faculté de médecine, que je faisais des recherches historiques sur Madame Mère. Il m’écrivait, le 2 août 1887 :

... Je me suis chargé de vous donner connaissance des quelques renseignements que je possède sur le magnifique sujet d’étude que vous traitez en ce moment, etc.

Ces renseignements sont ceu.\ des biographies à peu près sommaires que j’avais consultées autrefois.

M. Louis CjVmim, receveur des finances à Corte, a pu, d’après la demande du docteur Costa, son ami, m’adresser deux articles insérés dans \’ Union républicaine corse, sur la maison Bonaparte d'A jaccio.

Ln publiant celte notice, en 1873, M. Campi m’offre d’autres documents, et termine sa lettre par ces mots d’une extrême obligeance :

Permeltez-moi de vous féliciter d’avoir entrepris une si noble tâche.

]j'liomme du siècle a transmis à la postérité les vertus de votre illustre père ; vous voulez à votre tour, présenter sous son vrai jour, la femme forte, la Cornélie moderne que Champollion a appelée Mater Regum. (Suivent des compliments.)

Lecomte de Casabia.nca, ancien ministre et sénateur du second empire, a eu la bonté de rédiger, à mon intention, des documents inédits sur la signera Lelizia Ramolino et son mariage avec Charles Bonaparte. C’est une intéressante notice, formant un manuscrit d’une vingtaine de pages, intitulé : Biographie de Madame Mère. Le comte de Casablanca, en me donnant ce précieux manuscrit, en a conservé une copie pour sa famille.

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Il a bien voulu encore me donner en 1872, une note détaillée sur l'JJérilage de la maison lionaparle d'Ajaccio et, à cet égard, sur l’intervention de Madame Mère auprès de l’empereur. Le comte de Casablanca m’a enfin communiqué d’autres faits dont je garde h sa mémoire un souvenir très reconnaissant.

MM. Chahavay, fort connus par leurs ventes d’autographes, m’ont fourni quelques lettres que je me serais procurées difficilement, sans leurs catalogues. Je les remercie des facilités qu ils m ont offertes pour la copie de quelques-unes de ces lettres.

Le baron Feuillet de COiNcues, du ministère des affaires étrangères, a pris la peine de copier pour moi, de sa belle écriture, trois lettres de Madame Mère et une de la princes-se Élisa, extraites de sa grande collection.

Le docteur Costa, d’Ajaccio, originaire de Bastelica, l’un de mes anciens élèves de l’École de médecine militaire du Val-de-Grâce, m’a fourni des documents utiles sur Madame, en commençant par une copie de la Dictée de ses Souvenirs. Il a fait ensuite des recherches sur la constatation des dates et sur d’autres sujets.

M. Costa d’Ornano écrivait de Cognoreli, le 18 septembre 1885, à propos des dates, au comte Ramolino :

Mon cher parent.

L’honorable baron Larrey m'a écrit, à la date du 27 mai dernier, pour me demander les actes de naissance, de baptême et de mariage de Madame Letizia...

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En présence du mauvais vouloir du maire actuel, il ne reste plus qu’à vous dire ceci ; « Par tradition, l’on sait que Madame Mère s’est mariée à l’àge de quinze ans. Or son mariage ayant eu lieu en 1764, il en résulterait que la naissance remonterait à 1749. »

Ce document est précis. Un autre, plus détaillé, a trait au mariage et démontre les difficutés inouïes de la découverte des dates biographiques. (Voir Sabadini.)

Le comte d’Aure, en rapportant l’acte de courageux sang-froid du général Bonaparte au milieu des pestiférés de Jafla (1), savait sans doute, comme aurait pu le savoir Madame Mère, que le grand peintre Gros, avant de iinir son chef-d’œuvre, en avait esquissé la scène véridique. L’illuslre artiste a pu regretter de n'nvoir pas retracé cette scène mémorable avec la plus rigoureuse vérité, afin d’honorer davantage la mémoire du fils de Madame Bonaparte. Il a du moins esquissé cette scène telle qu’elle s’était passée, sous les yeux de d’Aure, de Desgenettes et d’autres témoins irrécusables.

Cette esquisse a été achetée par moi à la vente des œuvres du grand peintre, ami de mon père; elle a été vue par des artistes connaisseurs, tels que David d’Angers, Muller, Gustave Doré, Charles Blanc qui la signale, en parlant de Gros, dans son bel ouvrage sur la peinture (2).

David d’Angers, l’illustre statuaire et le vrai patriote, m’avait demandé anciennement de lui lire ma notice inédite sur Madame Mère. Il avait beaucoup d’admiration pour elle et comprenait que Canova eût fait sa statue,

(1) Bourrienne et ses erreurs, 1830, t. l", p. ■l i.

(2) Histoire des pemtres, par Charles Blanc, 18C5, t. III, A.-J. Gros.

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TJarlolini son buste, Morelli son camée napoléonien, etc. Lui, David, ne 1 ayant qu’entrevue à Rome, a bien voulu, d’après ma demande, reproduire la noble télé de Madame, sur l’une des médailles de son incomparable collection. Il l’a Ggurée de face, d'après le plus beau de ses portraits, peint par Gérard.

Le duc Decazes, ancien ministre et député, fils de l’éminent secrétaire des commandements de Madame Mère, m'a confié plusieurs lettres autographes et pièces inédites d’un intérêt réel. Je me suis empressé d’en prendre copie et de les restituer à mon éminent collègue de la Chambre. Ces documents se rapportent à la période de 1805 à 1808. Le plus important est une longue lettre de Madame à l’empereur, en date du 9 mai 1800. Elle semble avoir été rédigée, d’après les indications précises de Son Altesse, par M. le duc Decazes lui-même.

M. Eaugère, ancien directeur au ministère des affaires étrangères, a pris le soin de rechercher pour moi des documents que je n’aurais pu obtenir, sans son influente intervention.

Le professeur Hervé Paye, doyen de la section d’astronomie à l’Académie des sciences, a pu me fournir des renseignements e.xucts sur des phénomènes planétaires signalés vers la naissance et Y'ers la mort de Napoléon. La comète de 1769 et celle de 1821 offraient autrefois aux chercheurs de présages deux légendes populaires oubliées aujourd’hui. On y a joint une petite planète découverte en 1856 et à laquelle on donna le prénom de Letizia, en mémoire de Madame Mère.

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Le docteur Fratini (d’Ajaccio), Tun de mes anciens camarades du corps de santé militaire, s’était chargé de me transmettre une copie des Souvenirs dictés à Rome par Madame à mademoiselle Rosa Mellini, sa dame d’honneur et de compagnie.

Jean Gigoux, peintre d’histoire, possesseur d’une rare collection de tableaux de maîtres, m’a fait la surprise amicale de m’écrire le récit intéressant d’une visite tentée par lui auprès de Madame Mère. Elle venait de mourir et se trouvait déjà placée sur son lit de parade, où sa beauté semblait renaître, sans que l’habile artiste et ses compagnons de voyage eussent même appris la nouvelle de sa mort.

Le professeur Gryneeld, de la Faculté de médecine de Montpellier, a pris la peine, avec l’un de ses honorables collègues, de compulser, pour moi, les registres de la municipalité, constatant le décès de Charles Bonaparte en 1785. Ces messieurs n’ont trouvé, ni là, ni ailleurs, aucun renseignement relatif à une lésion cancéreuse transmissible aux enfants de Madame Mère.

M. Antoine Guillois, auteur d’une histoire originale, bien conçue et bien suivie de Napoléon (1), a réservé, dans cet ouvrage, quelques citations et remarques liées dignement à la mémoire de Madame Mère. Il m’a témoigné le plus obligeant intérêt pour la publication de mes recherches historiques.

M. Harisse, avocat et savant publiciste, m’a fourni (I) Napoléon, l’homme, le politique, l'orateur, 2\ol. 1881).

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d’utiles indications sur des autographes et des conseils pratiques pour la publication de mon manuscrit, avec tous les développements qu’il comporte, dussent-ils remplir deux volumes, comme je le présumais.

Madame A. IIollaender, a pris la peine, avec une obligeance parfaite, d’extraire ou de copier, pour moi, dans les principales bibliothèques de Paris et de Londres des documents divers sur Madame Letizia.

Le baron Imbert de Saint-Amand, bien connu par ses nombreux et intéressants livres sur les Femmes des Tuileries^ et, entre autres, sur les impératrices Joséphine et Marie-Louise, en apprenant que j’occupais les loisirs de ma retraite à. écrire {'Histoire de Madame Mère, m’y a encouragé, d’après son expérience.

Le marquis d’Isoard de Vauvenargues, issu de la famille Isoard, d’Aix-en-Provence, n’ayant pas oublié les relations des siens avec Madame Veuve Bonaparte mère, à, l’époque des mauvais jours, m’a fait parvenir trois lettres d’elle.

M. Henry Jouin, secrétaire de l’Ecole des beaux-arts et savant critique de la statuaire, a recherché, d’après ma demande, quelques particularités sur la statue de Madame Mère par Canova, sur son buste par Bartolini et sur sa médaille par David d’Angers.

Madame la baronne Josérrine Knorr, de Vienne, a eu la gracieuseté de faire à mon intention des recherches

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sur la correspondance supposée de Madame Mère avec la cour d’Autriche ou l’ex-impéralrice Marie-Louise, lors de l’exil, de la maladie et de la mort du duc de Reichstadt ; il n’y a pas trace de cette correspondance.

Mais on a obtenu, par l’entremise de M. le chevalier d’Arnelhjla copie d’une correspondance de Madame Mère avec son üls Louis, ex-roi de Hollande.

La baronne J. Knorr a enün pris la peine de traduire à mon adresse, divers passages de livres allemands dans lesquels Madame est citée avec éloge.

Le docteur Leroy-Dupré, qui a publié plusieurs biographies de savants illustres, et môme un volume sur mon père (I), s’est montré plein d’obligeance pour mes recherches sur un certain portrait en pied de Madame Mère peint par Robert Lefèvre. Je n’en dis rien, avec intention.

M. DE Lescure, auteur d’ouvrages fort appréciés, a écrit une notice très bien faite sur Marie Letizia Ramolino, dans un beau livre intitulé les Mères illustres (2). Il m’en a adressé un exemplaire, avec une lettre si encourageante pour mon Essai historique, que je n’oserais même reproduire un extrait de sa lettre.

M. Giovanni Livi, directeur des Archives de Brescia, m’a envoyé une intéressante publication sur Napoléon à Vile d'Elhe. 11 y parle de Madame Mère et plus encore, dans une relation de voyage de Madame à Sienne, où

(1) Larrey, chirurgien en chef de la grande armée, 1860.

(2) Les Mères illustres, 1882.

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elle était accompagnée par son frère le cardinal de se rendre à Home (I). ’

avant

Le docteur Cdarles Mahcual (de Galvi), l’un de mes anciens collègues, partageant mon admiration pour glorieuse compatriote, est l’auteur d’une belle pièce de vers sur la Signora Letizia. Il m’en a fait hommage, en me laissant ce double souvenir de son mérite médical et de son talent poétique.

Le comte AIarciiand, ce Üdèle et inséparable serviteur de Napoléon, pendant toute la durée de ses six années d’exil à Sainte-Hélène, m’a raconté des traits touchants et de précieux souvenirs, attestant la vénération du fils pour la mère, qu il ne devait plus revoir.

Le chanoine Matteo-Mattei, de San Miniato (en Toscane), m’a offert un livre publié en italien sur la Généalogie, do. la famille Jionnparte (2), avec les portraits, en regard de Carlo Bonaparte et de Letizia Itamolino.

L’auteur, dans une lettre du 14 août 1887, me parle avec admiration du père et de la mère de Napoléon I". Mais il ajoute avec regret : « Dans notre ville de San Mmiato, où la famille ancienne des Bonaparte habita longtemps, il n’existe plus personne capable de fournir des renseignements, ou ayant conservé des documents sur cette famille. »

M. Alfred Maury, de 1 Institut, directeur général des Archives nationales, avait bien voulu, sur ma demande, faire rechercher les documents relatifs à Madame Letizia!

(0 Madama Letizia a Siena. Rome, septembre 1888.

(2) Storia genealogica delta famiglia Bonaparte, Firenze, 1847.

appendice.

« Nous ne possédons, ra’écrivait-il le 23 juillet 1884, qu’un très petit nombre de pièces, dont la plupart concernent la composition et la comptabilité de la maison de cette princesse. Elles ne me paraissent pas intéresser beaucoup le sujet qui vous occupe. »

Mademoiselle IIosa Mellini, attachée depuis l’ile d’Elbe à Madame Mère, était devenue, à Rome, sa vraie dame de compagnie ou sa dame d’Iionneur et, à la fois, son secrétaire intime, ainsi que la confidente de ses pensées.

Je dois à la bonté de mademoiselle Mellini la première copie de la dictée des Souvenirs de Madame, une mèche de ses cheveux et le camée fait après sa mort.

Le colonel en retraite, baron de .Méxeval, fils de l’ancien secrétaire de Napoléon 1°', pouvait avoir des documents inédits sur Madame Mère. Nos bonnes relations d’autrefois me permettaient de le lui demander. Mais il me répondit, le 30 juillet 1883 :

« ...Je ne possède sur Madame Mère aucun document utile au travail dont vous vous occupez, en ce moment. Cette princesse a joué un rôle si effacé, sous le règne du grand empereur, que vous aurez de la peine à trouver, dans les mémoires du temps, des circonstances où l’on ait parlé d’elle. »

Celte réponse exprime l’opinion générale.

Le célèbre peintre, Cuarles-Loüis Muller, del’Académie des beaux-arts, auquel j’avais eu l’occasion de communiquer quelques pages de mon manuscrit sur Madame Mère, a consacré à sa mémoire l’une de ses œuvres les plus belles et les plus touchantes (1).

(1) Madame Mère en 1822, voir l'Essai historique.

APPENDICE

Le docteur Prosper de Pietra-Santa, dont le nom se inttnclinit à Ifi famille de Madame Letizia, par son origine maternelle, a pu obtenir, sur ma demande, auprès de ses parents ou amis de la Corse, divers renseignements utiles dont je le remercie encore.

L’avocat Dominique de Pietra-Santa, père du docteur, avait prononcé un discours remarquable sur la tombe d’André Ramolino, parent de Madame.

M. Fraxcesciiim Pietri, secrétaire de Sa Majesté l’impéralrice Eugénie, m’adressait de Farnborough-llill, le 25 juillet 1881, la lettre suivante :

« J’ai recherché dans les papiers de famille de l’empereur, les lettres de Madame Mère et je vous envoie, de la part de Sa Majesté l’impératrice, neuf lettres qui paraissent intéressantes : cinq sont adressées à la princesse Élisa et quatre au prince Lucien Bonaparte. Ce sont les seules que nous ayons retrouvées. »

Le docteur Sinus Pirondi, professeur honoraire de chirurgie à l’Ecole de Marseille et associé national de I Académie de médecine, m’a communiqué de lointains souvenirs du séjour de Madame Letizia Bonaparte, en Provence. 11 a bien voulu me donner, plus tard, un ravissant petit buste en marbre de la Signera, dans sa jeunesse maternelle (1).

Le docteur Jean-Dominique R-amolino, médecin de Madame à Rome, et allié par le nom à sa famille, se rappelait avoir vu, autrefois, son parent bien connu, André Ramolino, cousin germain de Madame Mère, qui gardait de lui le meilleur souvenir.

(1) La photogravure de ce buste est le second portrait du t. I«r.

APPENDICE

Le colonel de gendarmerie en retraite, comte Ramolino DE Coll’Alto, m’a offert une copie en italien des Souvenirs dictés par Madame à Rome, divers documents utiles sur elle et la généalogie de sa famille. Je lui ai conseillé de faire lui-même une publication spéciale de cette généalogie, qui offrirait, de sa part, plus d’intérêt.

Madame la marquise des Réaulx m’a fait l’honneur de m’écrire, en février 1891, à propos de la publication de mon manuscrit. Je m’empressai d’aller voir madame des Réaulx, petite-fille de la comtesse de Fleurieu, qui avait été l’une des dames de compagnie de Madame, en conservant pour elle la plus profonde admiration.

M. A. Rossi, juge au tribunal d’Ajaccio, est le fils de Jean-Jérôme Rossi, petit-neveu de celui qui fut chargé des affaires de Madame, de 1804 k 1822. Il m’a fourni, avec obligeance, quelques renseignements relatifs à mes recherches sur les dates primitives.

M. Sabadixi (J. -G.), notaire à Ajaccio, m’a exprimé (dans une lettre du 22 octobre 1885) tous ses regrets de ne pouvoir me procurer aujourd’hui les dates certaines d autrefois, d après les actes relatifs à la signora Letizia. Il avait fait, à ma demande, des recherches empressées sur ces questions préliminaires, si difficiles à résoudre.

Madame la marquise de Sainte-Croix, veuve d’un préfet du premier empire, était liée avec la famille du baron de Méneval, qui m a procuré l'honneur de la voir. Elle avait eu occasion de saluer Madame presque journellement, à Rome, dans l’hiver de 1829 à 1830, mais cette respectable dame, avancée en âge, n’avait dans le présent que de vagues réminiscences du passé.

APPENDICE

M. Guzman Serpu, député, mon ancien collègue à la Chambre, m’a communiqué, avec une extrême obligeance, l’extrait du rapport de sa mission officielle pour l’exhumation des restes de Madame en Italie et leur translation en Corse (1).

M. David Silvagni, rédacteur de la Nuova Aniologia et connu en Italie par d’autres publications, a eu l’attention de m’envoyer la double notice qu’il a insérée dans son recueil sur Madame Letizia et Pauline Borghèse.

M. 'fniBAUDEAU, petit-neveu de l’historien du Consulat et de l'Empire, placé fi Londres auprès de M. Morrisson, pour le seconder dans les recherches de sa précieuse collection d’autographes, a eu l’obligeance de m’indiquer d’utiles documents.

M. Jacques Vico, ancien préfet de la Corse, parent du docteur de Pietra-Santa, secondant ses recherches h Ajaccio, sur les dates relatives à, l’histoire de Madame Mère, a pu, ainsi, m’étre utile et je dois lui en adresser encore mes remerciements.

A cette liste déjà longue de noms cités après celui de Madame Mère, il me sera permis d’ajouter le souvenir de Béranger. Son nom célèbre n’est pas seulement celui du plus populaire des chansonniers français, il est aussi le synonyme d’un grand poète national, qui s’est inspiré d’une épopée à la mémoire de Madame Mère (2).

(1) Voir la période : Après iS36.

(2) Dernières chansons de Déranger, 18G7.

APPENDICE

La première slrophe de celte ode héroïque sera le dernier hommage de ces deux volumes de prose offerts à la mémoire de Madame Mère,

La noble dame, en son palais de Rome,

Aime à filer, car bien jeune, autrefois.

Elle filait, en allaitant cet homme Qui, depuis, l’entoura de reines et de rois.

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