‹ Madame Mongodin; comédie en trois actesChapitre 48 sur 83 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

MOXGODIN.

Ah ! voilà! Hum ! (a part.) Voyons si Fougerolles a raison... et si en osant me déclarer... (Haut.) Veuillez ra'écouter, madame... et surtout ne m'interrompez pas! Je vais vous parler de choses dont j'ai si peu l'habitude, qu'un rien suffirait pour m'enlever tous mes moyens... Connaissez-vous Faust ?

GLORINDE.

Oui.

MONGODIN.

Moi, je l'aivujouer au Grand Théâtre d'Alençon... Vous savez donc que Faust, un homme mûr, a été rajeuni par l'amour.

GLORINDE.

Qu'est-ce que ça veut dire?

MOXGODIN.

Ne me troublez pas!... Gomme lui, j'ai rencontré ma Marguerite... A moi les plaisirs, les folles ivresses! Oui, je n'ai pu vous voir sans ressentir en moi quelque chose d'inusité. Mon cœur s'est mis à battre, mon sang à bouillonner... J'ai d'abord cru que j'étais souffrant, mais en y regardant de plus près j'ai compris que j'étais amoureux.

GLORINDE.

Amoureux?... de raoi?...

MONGODIN.

Parfaitement!... Et cet amour, vous l'avez deviné, puisque vous m'avez écrit ce billet voluptueux, signé : Votre Glorinde... Vôtre, souligné avec deux T.

GLORINDE.

Vous croyez que?...

MONGODIN.

Puisque vous êtes venue me retrouver, la nuit dans cette maison isolée...

GLORINDE.

Mais...

MONGODIN.

Laissez-moi parler!... Puisque vous avez revêtu ce costume qui vous rend encore plus jolie... Oui, je comprends... C'est sans doute comme ça qu'on s'habille à Paris, pour aller aux rendez-vous d'amour... Tenez, voilà des raffinements dont nous n'avons pas idée en province... Ah ! je ne vous connais pas depuis longtemps, mais je vous aurai vue dans hien des costumes...

Moi?

MONGODIN.

Car je puis vous l'avouer maintenant... Tous les jours à l'heure de votre bain, j'étais là, derrière le mur.

GLORINDE.

Par exemple!... Mais ça ne se fait pas, ces choseslà!

MONGODIN.

Si... Actéon! ce spectacle m'a rendu fou... Vous savez à Alençon.. on n'a pas beaucoup de distractions... et en dehors de la musique militaire... que vous dirai-je, je ne pense plus qu'à vous... La nuit vous peuplez mes ïèyes, et, dans mon

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