La marquise de Catellan
cette pauvre Hermessinde *. J'ai la certitude qu'on sera à jamais inexorable pour elle. Je vais vous faire une intime confidence et vous y trouverez la raison de mon silence depuis plusieurs jours. Je voulais répondre à votre très-douce lettre, qui m'avait profondément touché et intéressé. Vous allez juger si j'ai bien fait de me taire.
«J'ai reçu une lettre du ministre de la police2 m'invitant à me rendre chez lui; je n'y avais jamais été. Pour la première fois il s'est expliqué de la façon la plus sévère. Il m'a reproché des propos que je n'ai pas tenus, mais sans me les citer. Il m'a surtout reproché mon intérêt, mes plaintes sur les exilés ,, et mes rapports intimes avec eux : tout cela, je crois, était un eœorde pour arriver à ce qu'il appelle ma neutralité.
« Il est parti de ce texte pour me dire avec les manières les plus violentes que j'avais tout à craindre de sa sévérité, etc., etc. Je ne puis entrer ici dans de plus longs détails; tout cela vous explique assez que je suis sur le bord de l'abîme. Il était dans mon cœur et dans mon