‹ Madame veuve Larifla vaudeville en un acte de MM. Labiche et Adolphe CholerChapitre 27 sur 28 · SCÈNE XIX · texte numérisé non relu

SCÈNE XIX

madame larifla, tirant son mouchoir.

Ah! monsieur Marcel!.. Ce que vous mo dileslà est bien pénible... planter du cacao... avec une autre... c'est d'un mauvais cœur!

MARCEL

Dame 1 il faut bien que]' plante du cacao avec quelqu'un, puisque vous ne m'aimez pas!

madame larifla, pleurant.

Mais si, je vous aime... et je vous aurais déjà épousé... sans le testament. ..

MABCEL.

Quel testament ?

MADAME LARIFLA, pleurant.

Celui de mon mari... nn homme affreux... qui rentrait tard , et sentait toujours l’anisette. Aussi, quand il est mort je me suis dit : Ah ! tant mieux 1 je vais pouvoir en épouser un autre!

habcel, ému.

Excellente petite femme !

madame larifla, de même.

Ah! ben, oui !.. je ne le connaissais pas, le brigand t le gueux !

MABCEL.

Qui ça?

MADAME LABIFLA.

Mon mari... il a fait un testament... par lequel il me laisse cette maison... toute sa fortune...

MABCEL.

Eh bien ?

MADAME LABIFLA.

A la condition que je ne me remarierai pas... Et si je me remarie, la maison retournera à son neveu... un inconnu... et moi, je serai ruinée...

MABCEL.

Par exemple !.. c’est-à-dire que , pour vous épouser, faudrait... ne pas avoir de cœur.

madame labifla, pleurant.

Et maintenant, me voilà veuve pour toute la vie !

MARCEL

Et moi aussi !.. Ah! si mon oncle ne m’avait pas déshérité.

MADAME LABIFLA.

Parce qu’il a plu à ce vilain homme...

MABCEL.

Ne rien me laisser. .. gredin I va...

MADAME LABIFLA.

De qui parlez-vous ?

MABCEL.

De mon oncle Duchemin, parbleu!

MADAME LABIFLA. „

Tiens, il s’appelait Duchemin, votre oncle?

C'est comme mon mari...

MABCEL.

Ça ne m’étonne pas... tous les Ducbemin, c'est un tas de canailles!

MADAME LABIFLA,

Les créoles surtout I ,

MAIUEL-

Tiens, il était créole, votre mari? C'est comme mon oncle...

MADAME LABIFLA.

De la Guadeloupe ..

v MABCEL.

De I« Guadeloupe?.. Duchemin?.. un grêlé?., qui avait le nez rouge?..

MADAME LABIFLA.

Juste !

âh! (Il trébuche, comme un homme qui se trouve mal.)

MADAME LABIFLA.

Qu'est-ce qu'il a donc? /

MABCEL.

Mais alors... vous êtes ma tante!..

MADAME LABIFLA.

Ah ! ( Mime jeu que Marcel.)

MARCEL

Ma tante 1 (JJ l'embrasse à plusieurs reprises.)

MADAME LAniFLA.

Allez toujours ! allez toujours!

Marcel, après l’avoir bien embrassée.

Matante... vouiez-vous me permettre de vous embrasser?

MADAME LABIFLA.

Il est bien temps I

mabcel, poussant un cri.

Oh!

MADAME LABIFLA.

Quoi donc?..

MAnCKL.

Je peux vous épouser 1

Et ma maison ?

MABCEL.

Elle vous tombe des mains... mais moi je la ramasse... comme héritier... et je vous la repasse comme époux...

MADAME LABIFLA.

C'est clair !

MARCEL

Comme le jour !

tous deux, rltantanl et dansànt.

Larifla, Oa, fia !

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