CHOEUR
Air de M. F. A. Siœpel. Paroles de if. A. Béraud. Brave mni<*onn«-tir.
Le travail t'appelle ;
A u voix fidèle.
Auprès de ta Mie Fauche avec ardeur
PIERRE
Garçon et fillette,
Voici la moiefton.
Fillette et garçon,
Su« ! qup tout s’apprête.
Au sein d’ nos guéretx.
Vous, troupe coquette,
Qu’en ce jour de tète .
Bleuet' et paqu'retle ( (Bu.)
Forment vo* bouquets. \
Brave moissonneur, etc.
MCoi.K, entrant avec une botte de paille.
'liant, ou chanto ici. — Ah ! mai», j’rn suis.
Plus d’ombre discrète Tout le long des blés;
Les amours troublés Ont pris leur retraite.
En revanche ici.
Enfants de la faucille.
Nous n’ somin's qu’une famille Ici, jeune fille.
On trouve un mari.
Brave moi -.oimeur, etc.
Au milieu du chœur, M Lambert paraît au fond, suivi de Thomas, portant un panter M. ht miter t s'arrête et frappe arec ta canne pow marquer la mesure de la ronde. Pierre, q u* tournait avec Ai cole, te trouve enface rie M. Lambert et s’arrête.
TOUS
Monsieur le curé!
LAMBERT
i Oui, mes enfants!... Est-ce que je vous fais peur?
NICOLE
Ohî ben du contraire, monsieur le cure.
LAMBERT
I Comme te voilà joyeuse, ma petite Nicole...
NICOLE
Oh! ça c’est vrai, mnuaieur le curé, je sommes | bien contente. D'abord, vous savez qu’aux vendanges j'épousons Picrie, qu’est pas beau, mais que j’aiinoris comme il est. . Puis... je suis allée ce matin chez Madeleine, qui a été si malade et que je n'avais pas vue depuis prés d'uq mois; je l'ai trouvée presque guérie et se disposant à sortir: ça m’a fait un plaisir ..
Le Curé remonte ver» un groupe de Paysans.
pierre, à ü'tcole.
Ah ça , qu>st*ce qu’elle a donc eu , décidément? car le médecin avait défendu qu'on entrât chez elle, et tout le temps qu’elle a été bien mal, personne n'a pu la voir.
NICOLE
Ah T j'ai eu bien peur pour elle, la pauvre fille. (Elle regarda leCuré. gui s’ éloigné tons répondre
Bas, à Pierre.) Tien»! liens! M. le curé qui ne dit rien, est-ce qu’il y aurait queque chose?
PIEURE.
Dam!...
mathurine, liant une botte de paille , s’approchant.
Ohl je n’ai jamais été inquiète sur son compte, moi.
NICOLE
Bon ; te v'W encore, toi, mauvaise langue!
■ATtfURINB.
Des sottises, ça ne prouve rien. D’ailleurs, je ne fais que répéter ce que bien d’autres que moi disent. Et puisque tu le prends sur ce ton-là, je soutiens, moi, que ta Madeleine...
M.. Lambert venant se placer entre Nicole et Mathurine. LAMBERT.
Mathurine I...
MATHURINE
Monsieur le curé !
LAMBERT
Ayez plus de charité, mon enfant... songez que nous avons tous besoin d'indulgence, et que le peu de bien que nous aurons fait ici-bas nous sera compté un jour.
nicole, n Pierre.
Alors son compte à elle sera bientôt fait.
Lambert , aux autres paysans , d'un ton plus jovial.
Eh bien , mes bons amis... la chaleur a été grande aujourd'hui; aussi ai-je sorti, à votre intention, de ma petite cave, quelques bouteilles que Thomas allait vous porter de ma part : ça vous donnera du cœur pour recommencer de- j main.
11 appelle an Paysan qui est resté au fond avec un panier do vin.
TOUS
Ah! monsieur le curé, que vous êtes bon!
lambkut, à Thomas.
Allons, distribue- leur ça. toi!... ( 7’Aomas donne aux Paysans les bouteilles et des verres.
— Ils se versent a boire pendant que le Curé ajoute :) C’est le produiL de In vendange que vous ^ avez faite pour moi l’année dernière, et pour laquelle je n’ai pas pu vous faire accepter le moindre salaire.
PIKRRR.
Par exemple! mais travailler pour vous, c'est un plaisir... un devoir. Est-ce que vous faites | payer 1 m bons soins que vous donnez aux malades, et les mille services que vous rendez a nous tous...
THOMAS
Sans compter vos conseils qui ont fait tous les bons sujets de la commune; n'y en .1 qu’un qui ne vous écoute pas, c'est Baptisu» Uousscl; aussi, comme vous avez dit l’autre jour, il finira mal.
LAMBERT
Ûh! je ne désespère pas encore de lui.
PIERRE, vendu/ présenter un verre .
Monsieur le curé , nous voudrions ben boire à •
votre eanté, et si vous étiez assez bon pour
LAMBERT
Trinquer avec vous... volontiers, mes amis, volontiers.
pierre, élevant son verre.
A noire bon curél
LAMBERT
A vous tous, mes enfants. ( Pierre s’empresse de reprendre le verre que Lambert a vidé gaiement après avoir trinqué avec eux.) Ah ça, mais... vous chantiez quand je suis arrivé tout à l’heure?... continuez donc...
PIERRE
C’est que devant vous, monsieur le curé, nous n'oserions pas...
Les cu urs franchement joyeux sont des coeurs honnêtes ; reprenez votre ronde... je 1a chanterai avec vous.
PIERRE
Vous, monsieur le curé?
LAMBERT
Oh ! je suis de votre pays... et je me souviens d’un couplet de cette ronde que vous ne connaissez pas peut-être, et que mon vieux père m’a dit bien souvent... Oh ! je ne le chanterai uas comme toi, Pierre; enfin, je vais essayer.
Moissons tutélaires I Ce don du Seigneur Dit à votre m>ur :
Songez à vos frères.
Soyez tons unis.
Et toi, moissonneuse, «,
Pour vieille glaneuse, Sois bien oublieuse De quelques épis.
Brave moissonneur, etc.
PIERRE
V’ià le temps qui se gâte. Monsieur le curé, présent, si vous le permettez, nous allons rentrer tout ce fourrage-la... Le temps se brouille et nous pourrions ben avoir de l’orage celte nuit.
Allez, allez, et bon courage!
Tout le monde s'éloigne.
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