MARIANNE, LAMBERT
. uuu».
Vous, monsieur le curé 1 je D'osais pas le croire, car roua avei passé ici presque toute la nuit, et I c'est à peine a‘il fait jour.
LAMBERT
J'étais impatient d'avoir des nourelies de Madeleine... comment se trouve-t-elle ce matin?
MARIANNE
Un peu moina mal; mais sa tête ut tout à fait perdue ; elle me regarde sans me reconnaître, et je ne aaia rien, sinon que son enfant ut mort.
LAMBERT
Hélai î
MARIANNE
El vous, monsieur le curé, avez-vous appris > quelque chose?
LAMBERT
En vous quittant celte nuit, je suis entré chez le fermier Pierre; j'y ai trouvé quelques-uns des moissonneurs qui l’ont aidé à transporter Madeleine jusqu'ici... Ils disaient tous que comme Geneviève Saimon, Madeleine avait voulu ensevelir sa faute dans l'ablme de Bcssac I
MARIANNE
O monsieur le curél vous ne le croyez pas.
Depuis hier, mon esprit s'épuise en de vaines conjectures; Madeleine semblait avoir compris la nécessité de se séparer de son enfant; tout était convenu entre nous : à neuf heures, je devais venir la prendre chez vous. . Pourquoi est-elle sortie à huit heures en emportant son fils? pourquoi enfin a-t-elle pris le sentier des Bruyères, qui est la route opposée i celle que nous devions suivre pour aller à Sainte-Croii?
MARIANNE
Elle aurait commis cet abominable crime!
LAMBERT
Dana un moment de délire peut-être... Pourtant un espoir me reste encore...
MARIANNE
Lequel, monsieur le curé, lequel ?
LAMBERT
Pierre nous est dévoué ; il m'a promis d'aller eiplorer le sentier des Bruyères; il desceudra aussi avant qu'il le pourra dans l'ablme de Beasac, et peut-être découvrira-t-il quelque indice...
MARIANNE
On vient ! (Ella va d la fenitre.) C'est monsieur Victor!
MAGASIN THEATRAL
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Il est arrivd hi r au snir, et ne sait rien encore
■sans doute.
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SCI'.NK 111.
Les MA-4K.H, VICTOR.
Victor, entrant en scène vivement! il aperçoit M. l.amhrrt rt se jette duns ses bras.
Mon bon monsieur Lambert... ma chere Marianne, que je suis heureux de vous embrasser *». Et Madeleine, ma bien aimée, où est-elle?
Lambert, à part.
Que lui dire?
VICTOR
Eh bienl vous ne nie répondez pas !... Elle est Soutirante!... malade peut-être?
Lambert, avec embarras .
Non, non; Madeleine est absente: elle ignorait votre armée ; elle est allée jusqu'à Toulouse.
VICTOR
André ne vous avait donc pas prévenus?
LAMBERT
André ne croyait pas voire retour si prochain.
VICTOR
Que je suis donc contrarié!
Allons, voyons, calmez-vous, mon ami!
11 le fait asseoir.
vir.Ton.
Instruit par André de ce qui se passait ici. . vous comprenez que pour moi chaque minute de retard était un siècle — J’arru-ais la lenteur d •$ chevaux... j’aurais voulu dévorer l'espace, je lavais que Madeleine souffrait... Et pourtant elle aurait dû deviner que l'amitié exagérée de Georges, la vanité de ma belle-». ère, avaient inventé celte Table pour la tromper. . À peine arrivé. je leur ai fait comprendre tout ce qu’ils auraient eu a redouter s’ils m inaient enlevé la seule femme que mon cœur ait jamais armée... ils se sont excusés, ils sc repentent, ils vont venir tout a l’bcure demander a Madeleine oubli et pardon pour les chagrins qu'ils lui ont causés... Mais laissons cela, ne songeo»* plus qu'u ma joie, i mon ivresse... André ne m'avait pas tout appris... (Se levant.) Marianne, monsieur Lambert, parlez-iboi de mon eufaut!... C’est un fils. ... il est beau, n’est-ce pas?... autant que sa mère est belle!... Que je suis heureux!... oh ! comme je l’aimerai!...
Lambert, à part.
Il me brise 1‘àrac!
VICTOR, ion tant la main au Curé.
Monsieur Lambert, maintenant je ne vous quitterai plus... Quelques succès obtenus nu barreau de Paris, et plus qu’eux le souvenir de mon perte, autrefois premier président a Toulouse, rn oui lait désigner pour remplir, au tribunal de cette ville, les hautes et nobles fonctions de juge. J 'habiterai
donc Toulouse et ne vous séparerai pas de Madeleine.
LAMBERT
Lorsque la pauvre lit le* vous appelait de tous ses vœux, monsieur de Frai» heville, lorsqu’elle désespérait de votre retour, je cherchais a rallertnir son courage; je lui «lisais: La divine Providence se plaît .1 nous soumettre parfois à des épreuves qu’il est do notre devoir de subir, quelque cruelles qu’elles puissent être...
VICTOR
Et sans se plaindre, sans m’accuser, celte douce ultime courbait la icic et se résignait...
lambckt, avec intention.
Comme vous le feriez, n’cst-cc pas, si à votre retour ici il avait plu au Seigneur de vous réserver un chagrin... une douleur iuaUeudue...
VICTOR
Ce langage!... Vous détournez les yeux!... Ah! je veux voir Madeleine!... si elle est a la ville, Marianuo, nous irons à sa rencontre; vous ine conduirez, nous prendrons le chemin qu'elle suit d'ordinaire ; niais si fa ut que je la voici {il pousse lap^rte, va pour sortir , te Curé et Marianne' restent immobiles; Victor se retourne, les examineun instant en silence; sa physionomie prend une expression de terreur; il redescend au milieu d'eux et dit d une voix sombre:) Il faut que je la voie, tous dis-je!... venez !
M arian.ve, avec hésitation.
• C’est que...
VICTOR
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