‹ Madelon operacomique, en deux actesChapitre 26 sur 45 · ACTE I, SCÈNE XIII. J · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE XIII. J

ARTHUR

La lettre,

Allons, dépêche-toi!

MADELON, donnant à Arthur une lettre qui n’est pas celle de

Malpart.

Moi ! je vais vous remettre. ,

ARTHUR

Quoi?

MADELON

La lettre.

ARTHUR, étonné.

Vous l’avez?... Et pourquoi?

LE BARON et BOURGiLi ON, bas à Joseph,

Elle t’a fait connaître...

JOSEPH

Quoi?

LÉ BARON et BOURGILLON.

Peut-être

Qu’elle venait pour moi !

Non, sur ma foi !

TOUS, à part.

Elle est en route,

Sans doute !

Elle part sans me voir 1 Espoir !

J’évite Sa visite !

Non, plus d’effroi Pour moi !

LE BARON, à Mode Ion.

Vous connaissez, Madelon, cette belle ?

MADELON

Sans doute.

LE BARON

A son amour, eh bien! je suis rebelle!

ARTHUR

Vous?

MADELON

Pourquoi donc?

LE BARON, la regardant tendrement.

Eh ! vous le savez bien !

MADELON, sans l’écouter et les yeux fixés sur .Arthur.

En vérité, je n’en sais rien.

BOURGILLON.

C’est que vous la croyez sans bien !

MADELON

LE BARON, regardant Madelon.

Eh ! non, c’est qu’une autre m’est chère I Puis, un effrayant caractère.

Un ton affreux, une manière...

JOSEPH

Ah ! que vous avez bien raison !

Pareille femme à la maison,

Par ma foi, ne me plairait guère!

ARTHUR, froissant la lettre.

C’est cela, car je le soutiens.

Elle est fort loin d’être sans biens !

LE BARON

Mais la fortune qu’elle espère ?

Lui reviendra.

LE BARON, vivement.

S’il se pouvait I ARTHUR.

Je vous l’assure... et tout entière...

part.) De quel droit m’offrir un bienfait?

MADELON, à part, douloureusement.

Voilà ce que mon cœur craignait!

LE BARON, avec un élan soudain.

Belle Malpart, vous m’êtes toujours chère !

Je cours à vos genoux expier mon forfait !

(On entend la cloche.)

MADELON, faisant un effort pour reprendre son air riant.

Pour la seconde fois la cloche retentit,

A sa voix chacun obéit!

Là-bas, Messieurs, on vous appelle,

Et la cloche vient de sonner.

A cette voix l'on est fidèle.

Car elle invite à déjeuner !

EiySEMBLE.

BOURGILLON. LE BARON.

Là-bas, ma chère, on nous appelle, Qu’importe que la cloche appelle,

Et la cloche vient de sonner. 11 faut vite la ramener;

A cette voix on est fidèle, Oui, pour courir après ma belle,

C’est la cloche du déjeuner ! Je laisse jusqu’au déjeuner!

ARTHUR, à Madelon. Joseph, à Madelon.

Qu’importe que l’on vous appelle. Là-bas, Messieurs, on vous appelle. Laissez donc la cloche sonner! Et la cloche vient de sonner!

Auprès de moi restez, ma belle, A cette voix on est lidèie,

Qu’ils aillent sans vous déjeuner ! C’est la cloche du déjeuner !

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