AIR
C’est singulier!... les airs d’héroïne espagnole, Que cette femme, en parlant, affectait.
Ne ressemblent en rien au ton de son billet!
Et son style est ici p!us doux que sa parole!
(Lisant.) Arthur, mon ami!
C’est ainsi que Marie... autrefois... m’appelait!
On jure do s’aimer, hélas! promesse folle!
Sans compter sur le Temps, ce vieillard sans pitié! Il entend nos projets, puis, en riant s'envole, Emportant avec lui les serments, l’amitié !
MADELON-
Une amitié, qui commence Avec l’enfance.
Devrait ne finir toujours Qu’avec nos jours !
(// reprend la lettre et lit. — La tnuugue continue pianiseimo, rappelant le motif de la romance det Deux Primevères.)
{Lisant.) < Arthur, mon ami, j’ai défendu l'honneur de » mon père... — l'honneur d’un vieux procureur! — J’ai
* défendu l’honneur démon père, c’était mon devoir... — s Soit!... — J’ai arraché son nom h l’infamie, dont vous
* vouliez le couviir,.. je n’ai plus rien à demander. Main-
* nant, je prie mon ami d’enfance d’accepter, de cette for-
* tune, qui nous a désunis, telle part qui lui conviendra,
* me trouvant heureuse et contente de celle qu’il voudra » bien me laisser. — Marie. »
Plus je la lis, et moins je comprends cette cpUre,
Marie, à moi, m’offrir?... pourquoi donc?... à quel titre? Toujours bonne pourtant;., mais je n’accepte rienl Croit-elle qu’on ne peut se passer de son bien?
Oui, ma fortune est dissipée.
Mais, pour la rétablir, il suffît d'un combat.
D’une action d’éciat !
N’ai-jc pas mon épée?
C'est la richesse du soldat!
Vive, vive la guerre !
Pour étourdir et pour faire oublier.
Vive, vive la guerre !
Cœurs malheureux, venez en essayer !
Son bruit fait taire Douleur amère.
Cœurs malheureux, venez en essayer !
Vive la guerre
Pour étourdir et pour faire oublier !
Et puis, enfin, de cette vie Si l’on arrive à se lasser !
On trouve bien quelque balle ennemie Qui vient vous en débarrasser !
Vive, vive la guerre!
Pour étourdir, etc.