‹ Mademoiselle de belle-isleChapitre 2 sur 39 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Les Mêmes, LE DUC DE RICHELIEU.

le duc, de la porte.

Madame la marquise veut bien me recevoir à mon débotté?

LA MARQUISE

En aviez-vous douté, cher duc?

le duc, lui baisant la main.

Est-ce trop de fatuité que de vous répondre non?

LA MARQUISE

Vous permettez que cette fille achève de m'ajuster?

LE DUC

Comment donc!

Il s'appuie au canapé sur lequel est assise la Marquise. LA MARQUISE.

Et vous arrivez de Paris ?

Il y a dix minutes.

LA MARQUISE

Qu'y faisait-on de nouveau ?

LE DUC

On portait dans les rues la châsse de Sainte- Geneviève.

LA MARQUISE

Et pourquoi?

LE DUC

Pour obtenir du soleil.

LA MARQUISE

Et les Parisiens s'adressent à Sainte-Geneviève pour cela ?

LE DUC

Que voulez-vous? ils ne savent pas que c'est vous qui faites la pluie et le beau temps

LA MARQUISE

A propos, avez-vous rencontré Mme Dalîainville?

LE DUC

Oui, chez Charrost.

LA MARQUISE

Que fait-elle?

Elle continue de maigrir.

LA MARQUISE

Oh! bah! impossible, elle était déjà impalpable.

LE DUC

Eh bien! elle devient invisible, voilà tout! Et ici?

LA MARQUISE

Oh ! mon Dieu, rien qui mérite la peine d'être dit. M. le duc de Bourbon a chassé ; moi, je vous ai attendu ; voilà comme le temps s'est écoulé.

LE DUC

Je croyais d'Auvray à Chantilly.

LA MARQUISE

Il y est effectivement.

LE DUC

Est-ce qu'en sa qualité de lieutenant de nosseigneurs les maréchaux, et de greffier du point d'honneur, il flairait quelque duel ?

LA MARQUISE

Non pas que je sache.

LE DUC

Est-il venu seul?

LA MARQUISE

Avec d'Aumont.

Oh! vraiment, ce brave duc, toujours coiffé de la veille et rasé d'une semaine, c'est bien, sur mon honneur, le gentilhomme le plus débraillé de France !

la marquise, à Mariette.

Cela suffit, mademoiselle ; je n'ai plus besoin de vous ; mais ne vous éloignez pas.

Mariette sort.

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