‹ Madrid, ou, Observations sur les moeurs et usages des Espagnols au commencement du XIXe siècle, faisant suite à la Collection des moeurs françaises, anglaises, italiennes, etcChapitre 5 sur 53 · SÀ.UVÉS DES FLAMMES · texte numérisé non relu

SÀ.UVÉS DES FLAMMES

avait changé de sens sous le marteau des correcteurs ; on ne lisait que le dernier mot.

Le même désordre régnait dans l'intérieur : des hommes furieux jetaient des bustes, et traînaient des banquettes le long des degrés du grand escalier. La salle des séances avait déjà perdu tous ses emblèmes, toutes ses sentences patriotiques. La tribune, le fauteuil du président, les sièges des fugitifs élus étaient abandonnés aux malédictions et aux jeux dérisoires d'une foule exaltée. La sonnette s'agitait pour faire écouter et applaudir le cri de « Mort à la constitution! » et l'on répondait : « Vive le roi ! » des places d'où tant de fois s'échappèrent taTît d'invectives contre la légitimité.

Ce sont ses défenseurs qui ont sauvé le mouvement législatif d'une ruine complète et certaine. Des grenadiers français parurent , le

peuple se retira sans résistance. Cette fabrique d'actes révolutionnaires n'avait rien d'imposant. La salle est petite. La toile grossièrement peinte, et le plâtre façonné, décoraient son enceinte mesquine. Les révolutionnaires d'Espagne . comme ceux de France, étaient pressés de jouir : rois le matin , à midi , il leur fallait l'apothéose... ; ils

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