‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 17 sur 79 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Avec une beauté divine,

Avec un esprit si charmant,

Avec un si fidel amant,

Qu'il vous sied mal d'estre chagrine !

Que faut-il pour vous contenter?

Et pouvez-vous rien souhaiter

Qu'Amour ne vous offre sans cesse ?

Laissez languir et soupirer

Ceux à qui votre rigueur laisse

Tant de choses à désirer.

Belise, pour l'amour vous estes sans pitié ; Mais, sous le beau nom d'amitié, Vous souffrez prés de vous que chacun s'établisse : Connoissez mieux l'effet de vos attraits charmans, Et croyez-moy, je suis complice, Tous vos amis sont vos amans.

Belise, mon rival est laid, Petit, de méchant air, mal fait, De plus fort content de luy-même; Avec plaisir pourtant vous souffrez qu'il vous aime D'un autre, j'en serois jaloux; Mais de luy, c'est tant pis pour vous.

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