LIVRE PREMIER
Avec elle souvent mesme je vous oublie.
Iris, pardonnez-moy cette légèreté :
C'est la seule infidélité Que je vous feray de ma vie.
Divine Iris, dans le mystère Qui souvent vous occupe, un confesseur et vous. Tout ce qui se passe entre nous, Je crois, ne vous arreste guère.
La crainte de vous accuser Vous oblige à me refuser Ce que ma passion mérite.
Ainsi mes soins sont superflus :
Cependant vous en seriez quitte Pour en dire un péché de plus.
Dans ce lieu bien-heureux où tout plaisir abonde,
Et parmi tant de languissans, Quelquefois, mon Iris, pour songer aux absens,
Ne quittez-vous point tout le monde?
N'estes-vous point resveuse et triste quelquefois?
De nos rochers et de nos bois N'allez-vous point chercher les plus sombres demeures? Et de vostre costé, sensible à mon amour,
Ne passez-vous point quelques heures
Comme je passe tout le jour ?
Enfin vous estes revenue, Belle cause de mes désirs ; Le Ciel enfin vous a rendue A tant de vœux et de soupirs.
Mais, Iris, relâchez de vostre humeur severe,