‹ Madrigaux de La SablièreChapitre 41 sur 79 · LIVRE TROISIEME · texte numérisé non relu

LIVRE TROISIEME

Iris, dessus son lit couchée, De mes nouveaux soupçons escoutant le récit, En fut sensiblement touchée; Et, pour me rassurer l'esprit :

« Je te seray toujours fidelle, Chasse tes craintes, » me dit-elle En me serrant entre ses bras Avec une tendresse extrême.

« A ces ardens baisers reconnois si je t'aime : Hé bien! ingrat, crois-tu que je ne t'aime pas?

Iris me void, en sa présence, Le visage content et l'esprit satisfait, Et croit que je suis en effet Tel que je suis en apparence.

Cependant je languis, et, loin de ses appas,

Le plaisir le plus doux m'est une rude peine.

Ha ! plust au Ciel que l'inhumaine Me pust voir une fois quand je ne la vois pas!

Je ne vous vois que rarement;

Je ne vous rends point de services; Sous une belle humeur je cache mes supplices.

Diroit-on que je suis amant?

Cependant, Iris, je vous ajme;

Mais je fais effort sur moy-mesme, Afin de vous sauver les chagrins d'un jaloux. Si mon respect un jour pouvoit se faire entendre,.

Peut-estre me compteriez-vous

Les soins que je n'ose vous rendre.

Mille amans révèrent Belise, Et, sans avoir donné sur elle aucune prise,

Page 1