‹ Madrigaux de La Sablière, suivis d'un appendice et précédés d'une préfaceChapitre 18 sur 78 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Chez cette rare beauté Toute chose me tourmente, Et j'y suis persécuté D'une maman, d'une tante, D'un mary, d'une suivante ; Ses cousins sont toujours pendus à son côt( Ha ! bon Dieu, que de misères.

Sans compter cinq ou six frères !

Cher et bien-heureux lict oii repose ma belle,

Unique témoin sous les cieux De toutes les beautez qu'elle cache à nos yeux, Ne m'en pourrois-tu point dire quelque nouvelle? Hélas! pour mes désirs tu n'es que trop discret !

Dy-moy donc quelqu'autre secret :

Ne songe-t-elle point à son amant fîdelle ?

rvlADRIGAUX

Et, lorsque sans témoins son cœur veut s'exprimei Ne m'entends-tu jamais nommer? ' Et jamais ne soupire-t'elle ?

De sa bouche aimable et divine J'ay mille doux engagemens; J'aj pour moy sermens sur sermens; Mais, quand le caprice domine, Tout est pour les nouveaux amans.

De cette beauté sans égale Qui brille dans vostre portrait, Ma belle Iris, je vous ay fait Une dangereuse rivalle :

Je la vois mille fois le jour.

Je l'entretiens de mon amour;

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