‹ Madrigaux de La Sablière, suivis d'un appendice et précédés d'une préfaceChapitre 55 sur 78 · LIVRE CINC^UIÈME yS · texte numérisé non relu

LIVRE CINC^UIÈME yS

En vain par un éloignement Je tâche à calmer mon tourment, Qui tous les jours empire aux yeux de cette belle Ce remède augmente mes soins, Et jamais je ne souffre moins Que quand je languis auprès d'elle.

Grâce à réternelle présence De ce fascheux objet qui vous a mise au jour, Vous ne voyez de mon amour Que le respectueux silence.

Les petits soins, la complaisance, Tout le reste m'est interdit, Et cependant rien ne s'avance.

Si jamais d'estre seuls le bonheur nous en dit,

ADRIGAUX

Prévenez, s'il se peut, Iris, mon espérance Pour un temps faites-moy crédit De l'amoureuse recompense.

Iris, de tant d'amans C|ui vivent sous vos loix, A qui donnez-vous vostre voix?

A la peruque blonde ou brune?

Au plus chéri de la fortune?

Hélas! que je serois heureux Si c'estoit au plus amoureux!

Je sçay quelqu'un plus grand que toy, Qui se moque de ton empire :

C'est le devoir, Amour. Quoy que l'on puisse dire, Il ne reconnoist point ta loy.

J'ayme depuis long-temps une beauté severe,

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