‹ Madrigaux de La Sablière, suivis d'un appendice et précédés d'une préfaceChapitre 62 sur 78 · LIVRE CINQ^UIEME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQ^UIEME

Mécontant de Philis, accablé de sa haine, Résolu de rompre mes fers;

Sur le soir je l'ai veuë, et mon ame ravie., Mais ne dites pas tout, mes vers :

Les Dieux me porteroient envie.

Que le chemin est long et que le jour me dure i Mon amour est à la torture.

J'attens Iris en ce séjour.

Ah! Dieux! que j'ay d'impatience!

Je souffre encor plus du retour Que je ne faisois de l'absence.

Que je vous ayme, beaux cheveux, De ma divine Iris dépouille précieuse!

Et qu'enchaisné de vos doux nœus.

Je trouve ma prison charmante et glorieuse !

Avant que de sa main vous me fussiez donnez, Ha ! que vous estiez fortunez D'approcher de ce beau visage!

Et, tombant sur sa joue, ou flottans sur son sein, Qu'elle vous mit bien en usage.

Quand sur ma liberté la belle fît dessein!

Rien n'égale Iris en fierté,

Comme en charmes rien ne l'égale.

Depuis que j'ay veu sa beauté,

J'en fais une épreuve fatalle :

Sur son cœur je n'aj rien gagné; Services, vœux et soins, elle a tout dédaigné. Ce qui plaist mesme aux Dieux luj semble méprisable; Parmy tous les objets qui nous peuvent charmer.

Il n'en est point de plus ajmable,

Ny que l'on doive moins aymer.

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