‹ Madrigaux de La Sablière, suivis d'un appendice et précédés d'une préfaceChapitre 71 sur 78 · LIVRE SIXIEME lOj · texte numérisé non relu

LIVRE SIXIEME lOj

Avecque le plus inconnu

Dire mille choses secrettes;

Sans discernement et sans choix Souffrir des libériez contre toutes les loix

Et d'amour et de bien-sceance,

Croyez-moy, trop facile Iris, Le véritable amant alors est bien surpris,

Et ne manque pas de constance

Si pour vous il est sans mépris.

Rien ne peut égaler la beauté de Philis : Mille traits achevés composent son visage; Elle a des cheveux bruns qu'elle met en usage

Contre un teint plus blanc que les lis;

Sa taille est haute, fine et belle; Sonairest noble etgrand,sonportpleinde douceur

Enfin les yeux sont faits pour elle, Comme les cœurs sont faits pour sa petite sœur.

o8 MADRIGAUX

Si l'on raisonnoit tant, jamais on n'aimeroit ; Et le triste nom d'esclavage, Qui des amans est le partage, Luy tout seul nous rebuteroit.

Puisque vous respondez à mon amour extrême, Vos scrupules, Iris, ne sont plus de saison; Tout ce qu'on donne à la raison, On le dérobe à ce qu'on aime.

Souvent la belle Iris d'une tresse dorée Couvre le brun de ses cheveux; Mais, dequoy qu'elle soit parée, Toujours elle attire les vœux.

Est-elle brune, est-elle blonde, Rien ne l'égale dans le monde ; Rien n'égale aussi mon amour,

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