P LAD TE
Palinure, l'esclave de notre jeune premier, l'aperçoit, il le reconnaît à son teint, à sa grosse bedaine, à ses yeux verdâtres couleur d^herbes.
Qui hic est homo Cum conlativo ventre, atque oculis herbeis? De forma novi, de colore non queo.
Et Cappadox recommence à se plaindre à lui: ma rate m'étouffe, mes reins me font souffrir, mes poumons se déchirent, mon foie me torture, mon estomac tombe en consomption, mes intestins sont douloureux, dit-il, en gémissant.
Lien necat, renés dolent, Pulmones distrahuntur, cruciatur jecur, Radiées cordis pereunt, hirae omneis dolent.
— C'est que tu as une affection hépatique ! lui répond Palinure. Attends encore quelques jours, jusqu'à ce que tes boyaux soient complètement pourris ; on les metra dans la saumure *, et on sera moins volé sur le prix de ta carcasse.
Pendant que Cappadox continue à se plaindre du gonflement de sa rate, lien dierectii''st^ et qu'il se fait expliquer le songe que lui a envoyé Esculape, Charançon, l'autre esclave de Phédrome, le parasite escroc et faussaire, revient avec l'argent qu'il a extorqué à un frère inconnu
I. Allusion au condiment appelé gariim que l'on préparait avec des entrailles de poisson confites dans le vin ou le vinaigre. On y mettait aussi du poivre, garum piperatum. Pline dit que le garum le plus estimé était celui qui se faisait avec le maquereau. Est-ce de celui-ci que Palinure veut parler f
de la jeune esclave. Il est fatigué, essoufflé, affamé. Son maître se met à l'éventer, mais ce n'est pas cela qu'il réclame, c'est à manger; car « il n'y voit plus, il a la bouche amère, les dents rouillées, le gosier empâté par la faim, les boyaux vides ». Heureusement, il reste du dîner des jambons, du gras-double, une échine de porc, une tétine de truie. Il avale tout cela avec du pain, du bœuf rôti et une grande coupe de vin. Le voilà restauré.
Il raconte ensuite l'histoire de son voyage qui ne nous intéresse pas. Mais ce qui est certain, c'est que c'est grâce à lui que Phédrome achète sa belle, et que son rival s'aperçoit que celle-ci est sa propre sœur. Gela finit donc par un mariage, comme dans toutes les comédies.
Si à la place des édiles, il y avait eu une censure théâtrale à Rome, il est certain que la Casina n'aurait jamais été représentée. On y voit, en effet, Stalinon, vieux paillard, amoureux de l'esclave de sa femme. Casina, c'est le nom de la camériste, est recherchée en mariage par Olympion, le fermier du vieillard, et par Chalinus, Técuyer de son fils. Le père favorise le fermier et lui promet de l'affranchir, s'il lui cède la première nuit; le fils veut la donner à son protégé aux mêmes conditions. Les deux esclaves se disputent et finissent par jouer la belle *. C'est le fermier qui l'emporte ; il a accepté
I. Pendant qu'on remplissait d'eau l'urne où on Jetait les sorts, afin que l'œil ne pût pas les distinguer, Olympion
la proposition de son maître, sans éprouver de scrupule de ce marché honteux. Mais son rival, pour se venger, s'entend avec la femme du bonhomme; et, dans le lit conjugal, le soir des noces, à la place de la jeune épousée, le nouveau marié et le vieux libertin ne rencontrent Tun après l'autre qu^un fort gaillard déguisé en femme qui défend sa vertu avec une vigueur extraordinaire. On les voit s'élancer sur la scène dans le plus léger des costumes, les membres meurtris, racontant leur mésaventure dans une scène plus que grivoise dont une partie a été perdue.
La Casina n'a pas été portée sur la scène française, ce qui a empêché VEnfer de la Bibliothèque nationale de compter une comédie erotique de plus au nombre de ses richesses.
V)din?>V Aululaire owla Comédie à la marmite Euclion est un avare qui rendrait des points à Harpagon. Il est inscrit à la curie et il y va chercher sa part quand on annonce une distribution
fait cette réflexion : « Je ne sais où j'en suis; j'ai le cœur gros et il bat à me rompre la poitrine. »
Péril 1 cor lienosum, opinor, habeo; jamdudum salit; De labore pectus tundit.
L'expression de Plaute, cor lienosum, signifle, mot à mot, cœur splénique, cœur oppressé comme la rate, quand on vient de courir. Ici, cor doit être pris dans le sens de cœur, organe de la circulation du sang, mais il sert quelquefois à désigner l'estomac, comme on le voit dans Lucrèce, Horace et Plaute.
d'argent aux pauvres. Quand il se fait couper les ongles des pieds chez le barbier, il ramasse les rognures. Il ne vit que pour l'or qu'il a caché dans sa marmite. Pour ne pas donner de dot à sa fille, il consent à la marier à son beau-frère, qui est d'un certain âge, mais qui est riche, généreux, et qui payera tous les frais de la noce. Mais quand il aperçoit Congrion, le cuisinier chargé d'apprêter le repas, dans sa cuisine, examinant les marmites et les ustensiles de cuisine, il le houspille, le bâtonne et le menace d'aller le dénoncer aux triumvirs. « C'est ma mauvaise étoile, dit le malheureux cuisinier, qui m'a amené ici ; on me paye un didrachme (2 fr. 76) et il m'en faudra davantage pour payer le médecin*.
Numo est conductus plus jam medico mercede est opus.
Les honoraires des médecins étaient donc à peu près ce qu'ils sont aujourd'hui. Le prix des visites aux gens du peuple était de 3 francs environ, mais les riches payaient beaucoup plus cher. « Ainsi, dit M. Daremberg, les Casius, les Golpetanus, les Arruntius, et bien d'autres, recevaient des princes plus de 5o,ooo francs par an. Stertinius estimait ses soins à la Cour plus de 100,000 francs, sans compter sa clien-
I. C'est pour un avare de Tespèce d'Harpagon qu'un de nos confrères a fait cette petite table :
Harpagon est malade. Or, Purg-on lui fait prendre Un cly stère, et lui dit ensuite : — Il faut le rendre!
— Jamais fait l'autre entre ses draps.
L'avare meurt, mais ne rend pas.
tèle, qui lui en rapportait 120,000. Claude donnait au frère de ce médecin des honoraires non moins élevés, si bien que les deux frères, même après avoir compromis leur fortune à embellir Naples, laissèrent encore à leurs héritiers 6 millions 3oo,ooo fr. Thessalus, qui ne marchait jamais sans un immense et brillant cortège d'esclaves, fit relever les murs de sa ville natale et laissa plus de 2 millions; Charmis, venu de Marseille, pour s'établir à Rome, se fit payer 42,000 francs pour une visite en province, et Claude put confisquer une somme de 2 millions 100,000 francs sur le chirurgien Alcon qui, au retour de l'exil, eut bientôt réparé une brèche aussi énorme. »
On sait que la loi romaine excusait le crime de la castration contre l'homme pris en flagrant délit d'adultère. C'est grâce à cette coutume que nous devons une des plus amusantes comédies de Plaute, le Soldat fanfaron,
Pyrgopolinice est un bravache qui ne parle que de ses exploits imaginaires; c'est de plus un bellâtre fat et prétentieux, convaincu que toutes les femmes sont folles de lui. Un jour, il enlève à un jeune Athénien du nom de Pleuside sa maîtresse et son esclave, et les conduit à Ephèse. Le jeune homme, informé de la chose, se rend immédiatement à cette ville et se loge chez un ami de son père dont la maison est contiguë à celle qu'habite le soudard. L'esclave de l'ami,
déguisée en femme mariée, pour la circonstance, consent à se laisser faire la cour, mais exige le renvoi dans sa famille de sa maîtresse, et une nuit l'attire chez elle. Pyrgopolinice tombe dans le piège qui lui est tendu ; il est pris par les esclaves de Périplectomène, le soi-disant mari de la dame, et il est garrotté par Garion, le chef cuisinier de la maison.
Voici la scène :
Périplectomène. — Amenez-le ; s'il ne veut pas vous suivre, enlevez-le, suspendez-le entre ciel et terre, déchirez-le.
Pyrgopolinice. — Par Hercule, je vous supplie...
Périplectomène. — Par Hercule, tu supplies en vain. Regarde, Garion, si ton couteau est bien affilé.
Vide ut istic tibi sit acutus, Cario, culter probe.
Garion. — Oh! il me tarde de trancher à cet homme adultère le bas de Vabdomen et de le lui pendre au cou comme les grelots qu'on met à un enfant.
Quin jamdudum gestit mœcho abdomen adimere, Ut faciam quasi puero in colla pendeant crepundia.
Périplectomène. — D'abord , qu'on le bâtonne, à tour de bras. Pourquoi, effronté, as-tu l'audace d'en conter aux femmes des autres ?
Pyrgopolinice. — Mais, c'est elle qui s'est offerte à moi.
Périplectomène. — Il ment. Recommencez la bastonnade et ne vous ralentissez pas.
Pyrgopolinige. Aïe, aïe! c'est assez ae coups, grâce.
Carion. — Faut-il couper?
Périplectomène. — Quand tu voudras. Qu'on lui étende les membres, écartez-les bien.
Pyrgopolinige. — Je vous en conjure, avant qu'il coupe, écoutez ce que j'ai à dire.
Périplectomène. — Parle, tandis que tu as encore quelque chose.
Pyrgopolinice. — Je la croyais veuve; sa suivante, qui était l'entremetteuse, me l'avait dit.
La leçon a été bonne. Notre fanfaron, miles gloriosus^ a juré de ne pas recommencer; il a donné une mine d'or au cuisinier, et on Ta laissé partir, avec tous ses membres^ mais moulu de coups, abandonnant sa tunique, sa chlamyde et son sabre.
Il y a encore une autre scène bien amusante qui mérite d'être mentionnée. Quand Pyrgopolinice congédie la jeune fille qu'il a enlevée à Pleucide, il ne sait pas, bien entendu, que c'est à son amant qu'il la remet; il a pris le jeune Athénien pour un ami de la famille.
A peine les deux jeunes gens ont-ils franchi le seuil de la maison qu'ils tombent dans les bras l'un de l'autre, et leur émotion est tellement forte que la belle se trouve mal. En allant à son secours avec de l'eau, notre soldat se doute de
quelque chose et il fait à naute voix cette réflexion :
— Voilà deux têtes bien près l'une de l'autre. Cela me déplaît; on dirait que leurs lèvres sont soudées ensemble.
Capita inter se nimis nexa hice habent: Non placet : labra labellis ferruminant.
— La crise a été violente, répond modestement Pleucide, je voulais savoir si elle respirait encore.
Acrest malum : tentabam spiret an non.
— Il fallait approcher Toreille, riposte le militaire.
Aurem admotam oportuit.
Il savait sans doute que pour juger de la respiration, il faut appliquer la tête sur la poitrine et non pas la bouche sur la bouche. En raison de ses connaissances en auscultation^ on devait bien lui faire grâce.
Le fond de l'intrigue du Marchand est la rivalité en amour d'un père avec son fils, — rivalité qui ne paraissait pas répugner aux mœurs romaines.
Démiphon a envoyé son fils Gharinus à Rhodes pour s'occuper d'affaires commerciales. Quelques mois après, Gharinus revient à Athènes, ramenant avec lui une esclave fort belle dont il veut faire sa maîtresse. Le père aperçoit Tes-
clave vSur le vaisseau, en devient amoureux et désire en devenir acquéreur. Un de ses amis, pour lui être agréable, feint d'acheter la fille, en l'absence du jeune homme, et Temmène à son domicile qu'il a mis à la disposition du paillard Démiphon. Mais sa femme Taccuse d'adultère, et lui ferait mauvais parti si la mère de Gharinus intervenant, ne trouvait tout naturel que son fils chéri ait une maîtresse, et très immoral que son mari veuille la lui enlever. Le jeune marchand reprend son bien, et le vieillard, honteux et confus, rentre sous le toit conjugal, abandonnant toutes les victuailles préparées pour la noce qu'il comptait faire avee la petite.
On trouve dans cette pièce plusieurs scènes qui appartiennent à la critique médicale. Ainsi, dans le premier acte, nous voyons Acanthion, Tesclave du jeune homme, venir au pas de course, du port au domicile de celui-ci, pour le prévenir de la présence de son père sur le navire. Le dialogue suivant s'établit entre eux :
Acanthion. — Mes jambes se refusent à la course. Je n'en puis plus, ma rate se révolte et me remonte dans l'estomac. Je suis tout essoufflé, par Hercule, c'est à peine si je respire. Je ne puis vraiment souffler à mon aise, j'aurais fait un triste joueur de flûte!
Gharinus. — Éponge ta sueur avec le pan de ton manteau.
Acanthion. — En vérité, tous les bains du monde ne sauraient me délasser.
Gharinus. — Parle donc, de quoi s'agit-il?
AcANTHiON. — Un moment; il faut que je me repose; pour toi, je me suis rompu un vaisseau des poumons, je ne fais que cracher le sang.
Placide volo adquiescere.
Tua causa rupi ramices, jamdudum sputo sanguinem.
Gharinus. — Prends de la résine d'Egypte avec du miel, cela passera.
Resinam ex melle iEgyptiam vorato, salvum feceris.
Dans cette scène, l'influence pathogénique de la course est très nettement indiquée : l'esclave a remplacé la profondeur des inspirations nécessaires à ses fonctions par la fréquence des mouvements respiratoires. De là, sont survenus la douleur dans Thypochondre gauche, le gonflement splénique et l'hémoptysie. Plante savait donc que le crachement de sang vient de la rupture des vaisseaux du poumon ! C'était à noter.
Dans une des scènes suivantes, le vieux Démiphon apprend à son ami Lysimaque sa galante aventure.
— Quel âge me donnes-tu ? lui dit-il.
— Le bon âge pour TAchéron, tu es vieux, cassé, décrépit.
— Tu te trompes, Lysimaque, je suis un enfant, un enfant de sept ans.
— Je comprends ce que tu veux dire : dès qu'on est vieux, on n'a plus ni sens ni raison, on tombe, dit-on, en enfance.
— Non, je me porte parfaitement et j'ai de bien meilleurs yeux qu'autrefois.
— Parfait. Explique-moi cela.
— Aujourd'hui, L3^simaque, j'ai commencé à aller à Técole : je sais déjà trois lettrés : A-iii-o, Ainsi, le vieux Démiphon apprenait à conjuguer le verbe aimer... Pour le punir, je vais donner son signalement, d'après Eutyque, un ami de son fils : cheveux blancs, jambes torses, grosse panse, la bouche comme un four, la taille petite, les yeux assez noirs, la mâchoire longue, les pieds comme des battoirs. Voilà le bonhomme, le beau fils de Vénus !
Le Revenant Qsi un isLUioroQ imaginé par un esclave complaisant pour effrayer le père d'un jeune homme, rentrant chez lui après trois années d'absence, et pour l'empêcher de constater les traces d'une orgie à laquelle se sont livrés son fils, sa maîtresse et plusieurs de ses amis. Le père donne dans le panneau, quand survient un usurier réclamant l'intérêt d'une somme qu'il a prêtée à son fils. « Cet argent nous était nécessaire, s'empresse d'ajouter l'esclave, pour payer la maison nouvelle que nous habitons, depuis que l'autre est hantée par le revenant. » Et Taudacieux menteur ne craint pas d'introduire sa dupe dans la maison du voisin, de lui en faire admirer les portiques, les cours, les appartements, et de lui faire convenir que l'emplette faite par lui et son fils est excellente à
tous les points de vue. Mais bientôt, tout se découvre, le père tempête, menace... et finit par pardonner à tout le monde.
L'esclave, c'est Tranion. Au fermier de son maître qui lui reproche de faire la vie, de se griser le jour et la nuit, d'acheter des maîtresses, de les affranchir, d'engraisser des parasites, de faire grande chère, de corrompre le fils de la maison, — il répond : Qu'as-tu besoin, drôle, de t'occuper de moi et de ce que je fais. Il me plaît de boire, de faire l'amour, de courir les filles. Tu es un vrai fumier, un rustre, un bouc. Tu empoisonnes l'air.
Dans la scène suivante, Plaute nous fait assister à la toilette de la donzelle, la belle Philématie. Elle vient de prendre un bain froid qui lui a fait grand plaisir, et elle demande à Scapha, sa suivante, si sa robe lui va bien, car elle veut plaire à son amant, Philolachès, la prunelle de ses yeux. Et la flatteuse camériste lui répond que ce sont ses charmes qui font valoir sa toilette. « Mais, ajoute-t-elle avec assurance, cen'estpas la robe qu'un amant aime dans sa maîtresse, c'est le dessous. » Cette Scapha ne vaut pas cher, car elle ne tarde pas à donner de mauvais conseils à Philématie : Celle-ci a tort a son avis de dédaigner les autres hommes, de ne chercher à plaire qu'à un seul. C'est bon pour une grande dame de s'assujettir à un seul amant, mais pas pour une courtisane.
Philolachès, caché dans un coin, a entendu, et il se dit à part : si je pouvais î7te changer en
angine pour saisir cette empoisonneuse à la gorge, pour étouffer cette infâme corruptrice!
In anginam ego nunc velim vorti, ut venefica^ illi. Fuceis prehendam, atque enicem scelestatem stimula-
[tricem.
Scapha a cependant une qualité : elle n'aime pas le maquillage. Sa maîtresse est coiffée, elle tient son miroir * d'une main et ses parures de l'autre. Écoutons :
Philématie. — Donne-moi le blanc. Cedo ceriissam.
Scapha. — Pourquoi faire. Qu\d cerussam opusnam ?
Philématie. — Pour en mettre sur mes joues. Qui mal as oblinam.
Scapha. — Pourquoi ne pas demander de l'encre pour blanchir l'ivoire.
Philématie. — Eh bien ! alors, donne-moi le rouge.
Scapha. — Jamais! tu es charmante. Tu gâterais avec ta peinture un merveilleux ouvrage.
I. Les miroirs dont Cicéron attribue l'invention à Esculape, étaient en métal : airain, étain, fer bruni. Un artiste du nom de Praxitèle, contemporain de Pompée, en fabriqua en argent; on en fit ensuite en or enrichi ou non de pierreries. M. H. de Guérie s'étonne que les anciens, qui connaissaient le cristal et qui poussèrent si loin les progrès de la découverte du verre n'aient pas eu l'idée de l'étamage des glaces. Ils ne firent des miroirs en verre que beaucoup plus tard. Pline en tait mention. Ils s'en servirent alors pour orner les murs des appartements et les alcôves des lits, Pour incruster les plats et les bassins dans lesquels on servait les viandes sur la table, etc.
4l6 PLAUTH
A ton âge, il ne faut toucher à aucune espèce de fard, ni céruse ni blanc de Mélos, ni drogue quelconque *.
Non istam aetatem oportet pigmentum ulium adtin-
[gere :
Neque cerussam, neque melinum, neque ullam aliam
[obfuciam,
Philématie. — Si tu me donnais mes parfums.
ScAPHA. — Ne t'en sers pas : une femme qui ne sent rien sent toujours bon. Ces vieilles qui se frottent de pommades pour se récrépir, ces sortières édentées qui se plâtrent pour cacher leurs rides, quand la sueur se mêle aux onguents, elles exhalent une odeur de sauces différentes. On ne sait plus ce qu'elles sentent, on s'aperçoit seulement qu'elles puent.
Voilà une scène à faire lire aux femmes qui abusent des cosmétiques. Qu'elles sachent que
I. Ovide indique dans son poème sur les cosmétiques une composition pour conserver la fraîcheur du teint et ajouter à son éclat. 11 entre dedans de l'orge, de l'aurone, des œufs, de la corne de cerf, des oignons de narcisse, de la gomme, de la farine et du miel. Une autre recette du même poète consiste dans l'application sur les joues de pain trempé dans du lait d'ânesse. Pline indique un fard composé de terre de Chio que l'on faisait dissoudre dans du vinaigre et d'un autre composé de craie. Le rouge purpurissimum se préparait avec récume de la pourpre, lorsqu'elle était encore toute chaude.
A la maison, dit Juvénal, les femmes avaient la figure couverte de ces préparations; c'était assez pour les maris dont les lèvres se prenaient à Ja glu. Les fleurs nouvelles, qu'offrait le visage, apiès la toilette, étaient réservées aux amants.
le fard rouge est un sulfure de mercure et le fard blanc de la céruse, c'est-à-dire du carbonate de plomb, ou du sous-nitrate de bismuth. Ces substances peuvent être absorbées par la peau et provoquer des accidents ou déterminer des éruptions*. Quant aux pommades, quelquefois utiles quand les cheveux sont naturellement secs, elles sont le plus souvent nuisibles : elles augmentent la sécrétion du cuir chevelu, altèrent la racine et favorisent leur chute.
Parmi les comédies de Plante, une de celles qui eurent le plus de succès est le Rustre.
Voici les personnages de la pièce : Phronésie une fille entretenue par trois amants : un militaire, un citadin et un campagnard. Astaphie, une femme de chambre aussi rouée que sa maîtresse; Stratilax, l'esclave du campagnard, le rustre, l'ennemi des courtisanes, qui les méprise, les injurie, les repousse, et finit par se laisser prendre comme les autres.
Le jeune homme de la ville est bientôt ruiné, mais il n'en continue pas moins, à titre de confident, d'amant de cœur, à fréquenter Phronésie. Le rural vole ses parents et gaspille leur bien pour payer les faveurs de la belle. Quant au fils de Mars, qui est grand, généreux et naïf, il consent à faire une donation de toute sa fortune à
I. Voyez Piesses : des Odeurs, des Parfums et des coS' mé tiques.
4lB PLAUTE
riiabile hétaïre, qui a eu recours à une supposition d'enfant * , c'est-à-dire qui a feint d'être enceinte, et qui a présenté comme sien Tenfant que Dinarque, son petit amoureux, a eu d'une jeune fille qu'il a séduite.
Examinons maintenant les moyens employés par Phronésie pour arriver à son but. Naturellement, sa fidèle Astaphie est sa complice dans Taffaire et elle annonce à tout le monde Theureuse délivrance de sa maîtresse, qui se soigne comme une nouvelle accouchée. Elle offre un sacrifice pour l'enfant, comme cela se fait le cinquième jour. Elle s'attife, dans son lit, comme c'est rhabitude; elle demande de la myrrhe et ordonne de mettre le feu sur l'autel, pour rendre hommage à Lucine, sa protectrice. On lui apporte de la verveine et de l'encens, de l'eau pour les mains. Elle est prête à jouer son rôle.
Voici le père. Il s'appelle Stratophane; il arrive de Babylone. Il s'adresse immédiatement à Astaphie. La scène est d'un naturel parfait :
Stratophane. — Dis-moi , Phronésie est-elle accouchée ?
Astaphie. — Oui, d'un enfant beau comme le jour.
Stratophane. — Me ressemble-t-il un peu?
Astaphie. — A peine au monde, il demandait une épée et un bouclier.
I. Le fait de supposition d'enfant est considéré comme criminel, dans notre législation, en raison de l'atteinte portée aux droits de la famille et du !aux en écritures publiques qui en est la conséquence.
Stratophane. — Il est bien à moi, c'est certain; la ressemblance est parfaite! Est-il déjà grand? Veut-il déjà anéantir une légion dont il convoite les dépouilles?
AsTAPHiE — Et il y a eu cinq jours hier qu'il est né.
Stratophane (Entra7ît dans la chambre à coucher.) — Mars, de retour des pays étrangers, salue sa déesse... Je te félicite, Phronésie, de ton heureuse délivrance et de l'accroissement de ta famille; c'est un honneur pour nous deux.
Phronésie. — Ahl tu as bien manqué me faire perdre la vie, toi, qui, pour satisfaire ta passion, as déposé dans mes entrailles le germe de ces horribles douleurs dont je souffre encore.
Stratophane. — Allons, ma chère âme, tu n'auras pas enduré pour rien tous ces maux. Tu as mis au monde un fils qui un jour remplira ta maison de dépouilles.
Phronésie. — Viens donc m 'embrasser, si tu veux, je ne puis soulever ma tête, tant j'ai souffert, tant je suis encore endolorie ; je suis incapable de faire un pas toute seule.
Il n'est pas difficile maintenant de deviner le dénouement. Notre brave soldat va être exploité de toutes les façons par son astucieuse maîtresse. Mines d'or, pourpre de Tyr, fourrures du Pont, esclaves syriennes... Il aura raison de dire que l'enfant va lui coûter son pesant d'or. Phronésie lui dira : « Qu'il faut faire vivre l'enfant et l'esclave qui l'abaigné, il fautaussiunebonneoutre de
vin pour la nourrice, afin qu'elle en ait à boire le jour et la nuit. »
Puero opu'st cibum , opus est matri autem quem puerum
[lavit.
Opus nutrici autem, utrem ut habeat veterem vin, Ut dies nocteisque potet. [largiter.
« Il faut du bois", du charbon, il faut des langes, des couches, des coussins, un berceau; il faut de l'huile, de la farine pour l'enfant *^ il faut toute la journée. »
Opu'st ligno, opus est carbonibus; Fasciis opus est, pulvinis, cunis, incunabulis; Oleum opus est, farina puero opus est, opu'st totum
[diem.
Et notre guerrier donnera pour tout cela et pour beaucoup d'autres choses encore. Il donnera une mine pour un baiser, et beaucoup de talents d'argent pour un peu d'amour, jusqu'au jour oij, ruiné, il cédera la place à ce paysan de Strabax. Alors, celui-là apprendra, à son tour, ce qu'il faut de troupeaux de bœufs et de brebis pour acheter les faveurs d'une courtisane.
Toute
la Comédie des Ménechmes^ qui est son chefd'œuvre.
Cette pièce est charmante de gaieté, d'entrain et d'originalité; elle est classique dans le monde
I. Il faudrait conclure de là qu'on ne tardait pas à donner de la bouillie aux enfants nouveau-nés
médical.^ quoiqu'elle contienne une scène qui ne soit pas tout à fait à notre avantage. Mais, il faut bien Ta vouer, elle est vraisemblable; et nous ne devons pas plus en vouloir à Plaute de s'être moqué de certaines faiblesses professionnelles, qu'à Molière d'avoir caricaturé les médicastres de son temps.
Les Ménechmes sont les deux fils jumeaux d'un marchand de Syracuse. Leur ressemblance est frappante à ce point que personne, pas même leur nourrice, ne peut les reconnaître.
Ils avaient sept ans, quand leur père fut forcé de se rendre à Tarente pour ses affaires ; il en prit un avec lui et laissa l'autre à la mère. A Tarente, il y avait fête, on y célébrait des jeux, et, dans la cohue, il perdit l'enfant qui était avec lui.
Un marchand d'Epidamme le trouva et l'emmena dans son pays pendant que le père, fou de douleur, mourait à Tarente. L'aïeul paternel, qui aimait beaucoup Tenfant perdu, donna son nom à celui qui restait. Il l'appela Ménechme Sosiclès.
Le marchand d'Epidamme était fort riche et il n'avait pas d'enfants; il adopta celui qu'il avait trouvé à Tarente, le maria et lui laissa sa fortune.
Quelques années plus tard, Ménechme Sosiclès vint à Epidamme; on le prend pour le fils adoptif du marchand de la ville, et on l'appelle Ménechme. Tout le monde se trompe : la femme, lebeau-oèro... etla maîtresse. La femme lui fait
une scène de jalousie et Taccuse de lui avoir dérobé sa mante pour la donner à sa rivale. Elle a fait venir son père, un bon vieillard, pour ser~ moner et ramener à elle son volage époux.
Notre MéAechme ne comprend rien à tout ce qu'il entend, affirme ne connaître personne de ses interlocuteurs et être innocent de tout ce qu'on lui reproche. Il finit par se fâcher de l'insistance de ces gens à l'accuser de fautes imaginaires. Alors on le croit malade. « Voyez, mon père, comme ses yeux deviennent jaunes, comme ses tempes et son front prennent une teinte livide, comme ses yeux sont brillants... Voyez...
Viden' tu illi oculos virere? ut viridis exoritur color Ex temporibus atque fronte! Ut illi oculi scintillant!
[Videl
« Comme il bâille et se détire ! » Ut pandiculans oscitatur.
Ça y est : on le croit fou. Et Ménechme se dit en lui-même : Je ne vois rien de mieux, puisqu'ils me disent fou, que de feindre de Têtre; la peur me débarrassera d'eux. Ut il las a me abster^ream.
Le voilà donc commençant à simuler un délire hallucinatoire très actif. Il parle à Bacchus, il prend la femme pour une chienne enragée et traite le beau-père de vieux bouc. Il dit qu'Apollon lui parle et lui ordonne de briller les yeux de sa prétendue femme avec des torches ardentes, de rompre au vieillard les membres, les articulations et les os, avec le bâton qu'il tient
à la main, de monter sur un char pour écraser ce lion de Bét.ulie, cette bête puante et édentée.
En entendant ces menaces, la femme se sauve dans son appartement, et le vieillard court chercher le médecin, pour examiner l'état mental de son gendre. Dans la bagarre, Ménechme Sosiclès disparaît aussi.
Quelques instants après, nous retrouvons le vieillard chez lui, maugréant contre notre confrère. Voici la scène :
Le VIEILLARD. — J'ai mal aux reins d'être assis, mal aux yeux de regarder, en attendant que ce médecin revienne de voir tous ses malades.
Lumbi sedendo, oculi spectando dolent, Manendo medicum, dum se ex opère recipiat. Odiosus tandem vix ab aegrolis venit.
Maudit personnage! il va me dire qu'il a eu de la peine à en finir avec ses clients, qu'il a réduit une fracture de jambe à Esculape, et une fracture de bras à Apollon*. C'est. à se demander si c'est un médecin ou un forgeron que j'ai été quérir. Ahl le voici, enfin !... Voyez-le venir avec son pas de fourmi. Movet formicinum gradiim.
Le médecin. — De quelle affection s'agit-il ?
I. Qu'il est long à venir ! que je suis las d'attendre, Et que de vains discours il va me faire entendre l Il persuadera, si l'on veut l'écouter, Qu'un mort par son moyen vient de ressusciter; Qu'il a remis la jambe ou le bras de Mercure, Ou qu'il a guéri Mars d'une insigne blessure. Cepeudant qui saurait ce qu'il fait là-dedans, Le verrait consulter sur quelque mal de dents.
(Les Ménechmes de Rotrou, imitation Je Plante.)
Conte-moi ça, vieillard. Est-il fou, est-il furieux ? Est-il dans la stupeur, est-il atteint d'hydropisie, ton malade ?
Quid esse illi morbi dixeras, narra, senex,
Num larvatus, aut ceritus ? Fac sciam
Num eum veternus, aut aqua intercus tenet?
Le vieillard. — Mais si je l'ai fait venir, c^est précisément pour le savoir, et pour que tu le guérisses.
Le médecin. — Rien de plus facile, je le guérirai, je t'en donne ma parole.
Perfacile id quidem'st Saniim futurum, mea ego id promitto fide.
Le VIEILLARD. — Il ne faut rien épargner pour le soigner, c'est mon désir.
Le MÉDECIN. — Je ferai tout mon possible et je n'épargnerai ma peine ni jour ni nuit.
Le VIEILLARD. — Le voici, observons ce qu'il va faire.
. . . ObserVemus quam rem agat.
Ménechme, le vrai Ménechme d'Epidamme, arrive, en effet, ne sachant rien de ce qui s'est passé chez lui. Il se parle à lui-même et se repent de ses intrigues avec Erotie, cette coquine qui refuse de lui rendre la mante de sa femme... « Je suis le plus misérable des hommes, dit-il, pour clore son monologue. »
Le médecin. — Bonjour, Ménechme, Pourquoi te découvres-tu les bras. Tu ne sais pas combien cela est mauvais pour ta maladie.
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Ménechme. — (En laissant probablement tomber son bras sur la tête du médecin.) Va te pendre.
Salvus sis Meneechme; quaeso cur apertas brachium ? Non tu scis, quantum isti morbo nunc tuo facias mali.
Le vieillard, au médecin, — Comprendstu ? ECQUFD SENTIS?
Le médecin. — Gomment ^faire pour ne pas comprendre? Quidem sentiam? Tout un champ d'ellébore n'en viendra pas à bout. — Voyons, Ménechme... Ecoute-moi. Bois-tu du vin blanc ou du vin rouge ? Album an athum vinum potas ?
Ménechme. — La peste soit de toi. Pourquoi ne me demandes-tu pas si je mange du pain rouge, ou violet ou jaune? Si je mange des oiseaux à écailles et des poissons à plumes ?
Le vieillard. — Ne vois-tu pas qu'il délire, donne-lui bien vite quelque chose avant que sa folie ne soit complète.
Audin' tu? Deliramenta loquitur. Quid cessas dare Potionis aliquid, priusquam percepit insania?
Le médecin. — Un instant, je vais Tinterroger encore. — (à Ménechme) Dis-moi, tes yeux deviennent-ils durs habituellement ?
Die mihi hoc : soient tibi unquam oculi fieri
Ménechme. — Me prends-tu pour une sauterelle, imbécile.
Le médecin. — Dis-moi. Entends-tu quelquefois tes boyaux crier?
Die mihi, en unquam tibi intestina crêpant, quod
[senties ?
Ménechme. — Quand j'ai bien dîné, ils se taisent; quand j'ai faim, ils crient.
Le médecin. — Dors-tu bien toute la nuit ? Une fois couché, t'endors-tu facilement ?
Perdormiscin' usque ad lucem? Facilen' tu dormis
[cubans?
Ménechme. — Je dors comme un sabot, quand je ne dois rien à personne. Mais que Jupiter et tous les dieux t'emportent avec tes questions.
Là-dessus, le médecin, le gendre et le beaupère s'attrapent, se fâchent, échangent des gros mots. Le vieillard supplie le médecin de faire le nécessaire et de se dépêcher.
Le médecin. — Savez-vous ce qu'il y a de mieux à faire? Faites-le porter chez moi. Là, je pourrai tout à mon aise soigner mon bonhomme.
IbI MEO ARBITRATU POTERO CURARE HOMINEM.
{S' adressant à Ménechme) Et toi, tu boiras de Tellébore, au moins pendant une vingtaine de jours.
EUeborum potabis, faxo, aliquos vigenti dies.
MÉNECHME. — Et moi, je te pendrai et t'étrillerai pendant une trentaine.
Le MÉDECIN. — Allez chercher du monde pour le porter. Dans l'état de démence où je le vois, quatre hommes ne seront pas de trop.
Voilà comment, il y a vingt- un siècle?, on s'y
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prenait pour diagnostiquer Taliénation mentale d'un individu! Il y aune différence avec ce qui se passe de nos jours : Maintenant, on vous met la camisole avant de partir, et on vous donne une douche en arrivant.
Heureusement que Ménechme ne se laisse pas faire-, il se défend vigoureusement et a le temps de reconnaître son frère, avant d'être séquestré dans la maison de santé du médecin d'Epidamme.
Et maintenant, dit Plante aux spectateurs, applaudissez. Plaudite,
Publius Syrus est un poète comique qui vivait un siècle avant l'ère chrétienne, et dont il ne nous reste quequelques fragments.
Ses pièces, écrites et jouées par lui-même, n'étaient que des parades burlesques, dans lesquelles se trouvaient intercalées des sentences très curieuses dont quelques-unes nous intéressent particulièrement.
Medicorum nutrix est intemperentia.
U intempérance fait la fortune des médecins.
Crudelem medicum intemperans aeger facit. Le malade intempérant rend son médecin impitojrable.
Contingere est molestum, quae cuiquam dolent. // est pénible de toucher aux parties douloureuses.
Etiam innocentes cogit mentiri dolor.
La douleur fait mentir même ceux qui sont inno^ cents.
Etiam sanato vulnere cicatrix manet.
La cicatrice persiste quand la plaie est guérie,
Magister usus omnium est rerum optimus.
L'expérience est le meilleur maître en toutes choses.
Mala est medicina, ubi aliquiJ naturae périt. Un remède est mauvais, dès qu'il en coûte quelque chose à la nature.
Maie secum agita^ger, medicum qui heredem facit. Un malade a bien tort de faire de son médecin un héritier.
Metue senetam; non enim sola advenit.
Crains la vieillesse^ car elle ne vient Jamais seule.
Mortalis nemo est, quem non attingat dolor. Il n'est pas mortel celui qui ne subit pas les atteintes de la douleur.
iMorti debetur, quidquid usquam debetur.
Tous les êtres qui naissent sont condamnés à mourir.
Mulier quum sola cogitât, maie cogitat.
Lorsque la femme est seule et quelle pense, elle pense au mal.
Pro medicina dolor est, dolorem qui necat. Une nouvelle douleur en fait oublier une ancienne.
Remedio amaro amara bilem diluunt.
Les amers enlèvent à la bile son amertume.
Remedium est frustra contra fulmen quaerere. C'est à tort qu'on cherche un abri contre la foudre.
Ulcéra animi sananda magis, quam corporis. Les maladies de l'esprit demandent plus de soin que celles du corps.
Recte valere et sapere duo vitee bona.
La santé et la sagesse sont les deux grands biens de la vie.
Maie habebit medicus, nemo si maie habuerit. Le médecin se porterait mal^ si tout le monde se portait bien.
Je crois que ces sentences ne comportent pas de commentaires. Beaucoup sont devenues proverbiales avec raison.