‹ Mâemoires de Bailly (volume 2)Chapitre 2 sur 33 · II NOTES BIOGRAPHIQUES · texte numérisé non relu

II NOTES BIOGRAPHIQUES

Vu mathématicien , nommé Moncarville , avait un fils auquel il pria le père de Bailly de donner des leçons, tandis que lui-même enseignerait les mathématiques au jeune Bailly. Après avoir épuisé les connaissances de Moncarville , Bailly eut pour maître le père du célèbre Clairault. Quelques succès littéraires obtenus par Tun de ses amis enflammèrent son imagination : à Tâge de i6 ans, il composa deux tragédies. La première , intitulée Clotaire , est puisée dans les premiers siècles de notre histoire , où la grossièreté des mœurs n'empêchait pas le raffinement des crimes ; le sujet de la seconde est YJpfugéme en Tauride. Bailly , détourné (fu théâtre par les conseils de Lanoue , rencontra dans le monde l'abbé Lacaille , habile astronome , qui revenait des extrémités de l'Afrique où l'avait conduit l'amour de la science : il devint son élève et son ami. En 1763 , le jeune astronome fit hommage à l'Académie des sciences de ses Observations lu-^ naires. L'année suivante, il publia un travail étendu sur les étoiles zodiacales. En 1766 parut son EsscU sur les satellites de Jupiter , avec des tables de leurs mouvemens. En 1 77 1 , il publia un Mémoire important sur la lumière de ces satellites. En 1775 , Bailly donna le pre-mier volume de son Histoire de T astronomie ancienne et moderne i en 1787, il fit paraître celle de \ Astronomie indienne et orientale^ en 3 vol. in-4°« Quelques objec-* tions que lui fit Voltaire sur la philosophie des Brames , qu'il regardait comme les inventeurs de toutes les sciences , engagèrent Bailly à publier , en 1 7 79 , ses deux écrits sur l'origine des sciences et sur l'Atlaïitîde de Platon. Bailly obtint l'honneur , accordé avant lui au seul Fontenelle , d'être adopté par les trois Académies. Son discours de réception à l'Académie française est remarquable pat

RELATIVES Â BAILLT. III

ragrément du style , par l'éloge adroit de son prédécesseur , le comte de Tressan. La Société royale de Londres voulut aussi compter lliistorien de Fastronomie au nombre de ses membres

Anecdotes sur Bailfy»

On se rappelle que Bailly avait débuté dans la carrière littéraire par des éloges académiques. Ses premiers essais dans ce genre avaient été recueillis dans un volume imprimé sans nom d'auteur. Comme nous étions proches voisins ( dit le biographe que nous avons cité ) , demeurant Fun et l'autre dans le cul-de-sac du Doyenné, il vint chez moi un matin , et me dit : « N'auriez-vous pas un volume anonyme renfermant les éloges de quelques grands hommes, entre autres ceux de Leibnitz, Corneille , Molière ? — Oui, Monsieur , lui répondis-je ; je les ai. — Pourriez- vous me les prêter? — Avec grand plaisir, les voici. — Que pensez-vous de ces éloges? — Je les ai trouvés fort bien écrits et annonçant de grandes dispositions à l'éloquence. Celui de Leibnitz , entre autres , m'a paru supérieur à l'ouvrage de Fontenelle sur le même sujet , quoique celui-ci soit admirable. »

Bailly se tut, emporta le volume, et revint deux jours après me le rendre , en me disant : « Les quatre éloges ren< fermés dans ce volume sont de moi , et ne valent rien du tout; ce volume, imprimé à Berlin, est devenu trèsrare , et je vous le rapporte , quoique je ne l'aie pas. Vous me le prêterez de nouveau , si , par hasard , j'en ai besoin. — Mais, Monsieur, l'éloge de Leibnitz, qui a remporté le prix ? — Un prix d'Académie ne prouve rien : la plupart des ouvrages couronnés ne sont que des folies de jeunesse. » Et il partit en achevant ces mots.

IV NOtES BIOGIUÛ»HIQUES RELATIVES A BAILLY.

Bailly étant brouillé avec Buffon ^ parce que Buffon était toujours superbe et Bailly toujours ïnodeste , Buffon le Superbe voulut faire recevoir Tabbé Maury à l'Académie française : Bailly le Modeste voulait y faire recevoir le très-modeste Sedaine, son ami , auteur de plusieurs pièces charmantes : indè irœ.

TRVsâs (c'est toujours le même biographe qui parle) dîné la veille ou Tavant-veille de la réception, chez M. le comte de Buffon ( il aimait beaucoup qu'on l'appelât le comte de Buffon) , avec madame la comtesse de Beauharnais ; et M. l'abbé Maury , homme alors trèscélèbre par son éloquence , nous ayant lu son panégyrique de saint Vincent de Paule , M. le comte de Buffon lui donna la palme , c'est-à-dire , sa voix pour l'Académie française.

Bailly vint me voir le lendemain matin , et me demanda ce qui s'était passé au dîner du comte de Buffon. Je lui répondis que le comte de Buffon avait donné sa voix à l'abbé Maury. « Eh bien , me dit-il , je n'estime pas infiniment M. l'abbé Maury : mais je n'en admire pas moins M, de BufTon. M. de Buffon est mon maître dans l'art d'écrire , mais je ne le verrai plus. » Et il tint parole.

M. de Bufïbn mourut avant Bailly , et Bailly n'écrivit rien contre sa mémoire. Au contraire , il l'a cité depuis honorablement dans plusieurs de ses ouvrages.

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