DE MADAME DE SOMMERDICK
cria, fait civaiit aucune réfection prise, je les faisais déjeuner, puis se divertir un moment avant que de retourner au travail, après quoi je les exerçôis sur la philosophie proportiorinéinent a la capacité de leur esprit, et ainsi de l'histoire, de la fable et de la idéographie, en la manière qu'il a été dit ci-dessus.
M. Jurieu se doutant Lien que toute cette kyrielle faisoit de la peine à Madame de Somment ick : « Reposez, reposez-vous, « Monsieur, dit-il au petit M. de la Platte; un si long discours < ne pourroit que vous incommoder, et on ne vous en deman- « doit pas tant. » Sur cela, je pris congé de la compagnie, et n'ai jamais pu savoir ce qui s'était passé entre madame de Sommerdick et M. Jurieu après cette divertissante scène ; mais, comme quelques jours avant que la pièce se jouât , madame de Sommerdick et moi (à l'occasion de quelque autre malentendu qui me fit faire offre de me retirer si on ne s'accommodoit pas de moi) nous étions demeurés d'accord qu'a la fin de janvier (1682) nous nous séparerions, on ne manqua pas, précisément au dernier jour de ce mois, de m'en envoyer le payement sans me faire dire le reste, mais que je compris fort bien ; de sorte que le lendemain matin j'allai prendre congé du mari et de la femme séparément, chacun d'eux étant dans sa chambre particulière. M. de Sommerdick ne balança point à me témoigner qu'il me regrettoit, et que, de tout son cœur, il eût désiré que madame sa femme et moi n'en fussions pas venus à ces extrémités, mais qu'il ne doutoit pas que je ne jugeasse assez aisément de moi-même qu'il n'étoit pas obligé à se brouiller avec sa femme à mon occasion. Pour ce qui est de madame de Sommerdick, elle me traita à la vérité assez honnêtement, jusqu'à souhaiter que je trouvasse quelque chose de plus avantageux pour moi que ce que j'avois eu chez elle; « comme, en effet (me dit- « elle d'un ton dont je ne fus pas la dupe), je ne doute pas « qu'un homme de votre mérite ne restera pas longtemps sur « le pavé. — Madame, lui répondis-je aussitôt, il est vrai « que vous m'avez comme jeté par terre, et que, comme on