‹ Mâemoires inâedits et opuscules de Jean RouChapitre 175 sur 188 · DESCRIPTION · texte numérisé non relu

DESCRIPTION

Pendant que je suis sur cet article des conférences, je juge à propos d'ajouter à ce que j'ai dit ci-dessus, mais en trop peu de mots, de l'ordre qu'on y garde, ce que j'en écrivis un jour à un pasteur de mes plus anciens amis, réfugié à Londres, et que voici :

Extrait d'une lettre écrite à M. F , à Londres (1).

Le ... février 1692.

Depuis sept ou huit mois, 3Iessieurs nos pasteurs m'ont fait l'honneur

de m'admettre en une espèce de petite académie qu'ils érigèrent il y a tantôt deux ans, et dont les assemblées se tiennent règlement deux fois par semaine, grâce à laquelle je rends tant de justice, que, tenant cetle admission d'une tout autre dignité que celle au rang des lyriques, dont Horace se faisoit tant de fête, je me tiens à bien meilleur titre que ce poëte

Sublimi ferire sidéra vertice.

Je ne puis, en tout cas, vous exagérer assez le plaisir que je trouve à ces exercices, quoique, suivant une des obligations de nos statuts, je sois réduit à y montrer mon faible, puisqu'à mon rang je dois opiner comme les autres, et que

ipse semipaganus Ad sacra vatum carmen affero nostrum.

Vous jugerez vous-même, mon cher Monsieur, de la satisfaction dont je parle, par le petit crayon que je vous en vais faire.

La compagnie s'assemble tour à tour chez chacun des membres dont elle est composée; et celui dont le tour est de la recevoir est, ce jour-là, moderateur, et propose les matières qu'il a délibéré en lui-même de mettre sur le tapis. Sa proposition faite, il en dit le premier son sentiment, et est suivi après cela de tous les autres, en commençant et continuant toujours par la main droite. On ne doit point s'interrompre ni se chagriner l'un l'autre, quoiqu'il y ait pleine liberté de combattre les avis de ceux qui ont préopiné, parce que cela se fait d'une manière si honnête, que ceux dont on rejette les sentiments ont souvent plus lieu de se louer des correctifs dont ces sortes de contradictions sont assaisonnées, qu'ils ne l'auroient été de la nudité d'une pure complaisance.

Pour ce qui est de la qualité des conférences en elles-mêmes, outre que toutes les matières sont de la plus haute dignité, étant presque toutes théologiques, ou tout au moins physiques, historiques et morales, j'ai à vous dire qu'encore qu'à la réserve de celui qui, ayant le droit de proposition, a eu par conséquent la liberté de quelque méditation précédente, tous soient réduits a parler sur-le-champ et sans aucune préparation, il se

(t) Je crois que c'etoit M. Farci. [S'otc du fils de V auteur.]

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