Petites pyramides de pierns
— 11 n'avait rien découvert, reprit k docteur; ce fut à partir de cette aun-v 1850 que les navires anglais ne ces* n ni de sillonner ces mers, et qu'une priim <k vingt mille livres* fut promise à toute personne qui découvrirait les équipages dt l'£rr6iwetdu Terror. Déjà, en 1868, k< capitaines Kellet et Moore, commandant Y Herald et le Plovei\ tentaient de pénéin-r par le détroit de Behring. J'ajouterai que.
pendant les années 1850 et 1851, le capitaine Austin hiverna à l'île Cornwallis, le.
capitaine Penny explora sur V Assistance ?t la llèsoluc le canal Wellington, le vi« ti John Ross, le héros du pôle magnétique, repartit sur son yacht le Félix à la recherche de son ami, le brick le Prince Albert fait un premier voyage aux frais de lady Franklin, et enfin deux navires am^ ricains expédiés par Grinnel avec le cip:laine Haven, entraînés hors du canal <k Wellington, furent rejetés dans le détruit de Lancastre. Ce fut pendant cette ann-r que Mac Clintock, alors lieutenant d'Au<tin, poussa jusqu'à l'île Melville et au dp Duudas, points extrêmes atteints par Pain en 181«J, et que l'on trouva à l'Ile Beerf*?
des traces de l'hivernage de Franklin en
— Oui, répondit Hatteras, trois de ses matelots y avaient été inhumés, trvis hommes plus chanceux que les autres!
— De 1851 à 1852, continua le docteur, en approuvant du geste la remarque d'Hatteras, nous voyons le Prince-Albert entreprendre un second voyage avec le lieutenant français Bcllot; il hiverne à Batty-Bay dans le détroit du Prince- Régent, explw p le sud-ouest de Sommerset, et en reconnaît la côte jusqu'au cap de Walker. Pendant ce temps, Y Entreprise elVlnvrsIigator, de retour en Angleterre , passaient sous fc commandement de Collinson et de Mac
MW.IMK) franc*.
LES ANGLAIS AU POLE NORD
Clure, et rejoignaient Kellet et Moore au détroit de Behring; tandis que Collinson revenait hiverner à Hong-Kong, Mac Clure marchait en avant, et, après trois hivernages, de 1850 à 1851, de 1851 à 1852, de 1852 à 1853, il découvrit le passage du nord-ouest, sans rien apprendre sur le sort de Franklin. De 1852 à 1853, une nouvelle expédition composée de trois bâtiments à voile, V Assistance , le ftésolute, le .\orlh-Star, et de deux bateaux à vapeur, le Pionnier et Y fntripide, mit à la voile sous le commandement de sir Edward Belcher, avec le capitaine Kellet pour second; sir Edward visita le canal de Wellington, hiverna à la baie de Northumherland, et parcourut la côte, tandis que Kellet, poussant jusqu'à Brid port dans l'Ile de Mclville, explorait sans succès cette partie des terres boréales. Mais alors le bruit se répandit en Angleterre que deux navires, abandonnés au milieu des glaces, avaient été aperçus non loin des côtes de la Nonvolle-ficossc.
Aussitôt, lady Franklin arme le petit stea- : mer à hélice Y Isabelle, et le capitaine Inglefield, après avoir remonté la baie de Bat- On jusqu'à la pointe Victoria parle quatrevingtième parallèle, revient «î l'ile Beechey sans plus de succès. An commencement de 1855, l'américain (îrinnel fait les frais d'une nouvelle expédition, et le docteur Kane, cherchant à pénétrer jusqu'au pôle...
— Mais il ne l'a pas fait, s'écria violemment llatteras, et Dieu en soit loué!
Ce qu'il n'a pas fait, nous le ferons!
— Je le sais, capitaine, répondit le docteur, et si j'en parle, c'est que cette expédition se rattache forcément aux recherches de Franklin. D'ailleurs, elle n'eut aucun résultat. J'allais omettre de vous dire que l'Amirauté, considérant l'Ile Beechey comme le rendez-vous général des expéditions, chargea en 1853 le steamer le Phhiix, capitaine Inglefield, d'y transporter des provisions; ce marin s'y rendit avec le lieutenant
Bel lot , et perdit ce brave officier qui pour la seconde fois mettait son dévouement au service de l'Angleterre -, nous pouvons avoir des détails d'autant plus précis sur cette catastrophe, que Johnson, notre maître d'équipage, fut témoin de ce malheur.
— Le lieutenant Bellot était un brave Français, dit llatteras, et sa mémoire est honorée en Angleterre.
— Alors, reprit le docteur, les navires de l'escadre Belcher commencent à revenir peu à peu ; pas tous, car sir Edward dut abandonner Y Assistance en 185/j, ainsi que Mac Clure avait fait de Ylnvcsligator en 1853. Sur les entrefaites, le docteur Rae, par une lettre datée du 29 juillet 1856 et adressée de Hepulse-Bay où il était parvenu par l'Amérique, fit connaître que les Esquimaux de la terre du roi Guillaume possédaient différents objets provenant de Y E rébus et du Terror ; pas de doute possible alors sur la destinée de l'expédition; le Phénix, le Xor'h-Star, et le navire de Collinson revinrent en Angleterre; il n'y eut plus de bâtiment anglais dans les mors arctiques. Mais si le gouvernement semblait avoir perdu tout espoir, lady Franklin espérait encore, et, des débris de sa fortune elle équipa le Fox, commandé par Mac Clintock; il partit en 1857, hiverna dans les parages où vous nous êtes apparu . capitaine, parvint à l'Ile Beechey, le 11 août
1858. hiverna une seconde fois au détroit de Bellot , reprit ses recherches en février
1859, le six mai, découvrit le document qui ne laissa plus de doute sur la destinée de VErebus et du Terror, et revint en Angleterre à la fin de la même année. Voilà tout ce qui s'est passé pendant quinze ans dans ces contrées funestes, et. depuis le retour du Fox, pus un navire n'est revenu tenter la fortune au milieu de ces dangereuses mers!
— Eh bien, nous la tenterons, répondit llatteras. »
ÉDUCATION. — RÉCRÉATION