TOME
let, marmotta le petit garçon , qui faisait avancer son cheval à contre cœur.
— Notre ami n'est guère flatté de la jolie
riant. Tu es de l'avis du poète qui dit, avec l'inexactitude qui caractérise trop souvent les poètes : « Ce fantôme ne brille que
épithète dont tu le qualifies, dit le père en pour t'entrainer à ta perte. »
— Mais c'est justement ce qu'il fait, papa, interrompit le petit garçon.
— Mais, en vérité, mon enfant, il n'en fait rien. Tout au contraire, il passe sa vie à briller, afin de faire connaître au voyageur les endroits dangereux des marais.
— Mais en brillant, papa, il semble inviter les gens à le suivre.
— Tu crois cela, mon enfant, parce que tu ne veux pas t'instruire. Le phare qui brille invite-t-il le marin à s'approcher des roches dangereuses sur lesquelles il est
bâti?
— Oh! non, papa, parce que le marin sait qu'il est là pour l'avertir de s'éloigner du danger.
LE FEU FOLLET
— Le marin ne sait cela* que parce qu'il l'a demandé, et qu'il s'est instruit ; et toi aussi, en demandant et en t'instruisant, tu apprendras que ce feu follet ne brille dans les marécages que comme un fanal, pour nous avertir que" le danger est là. Les lois de la nature, qui sont la manifestation des volontés de Dieu, tendent toujours vers un but louable. A nous appartiennent le privilège et la joie de les étudier et de les découvrir. Existe-t-il un plus charmant et plus utile emploi de son temps?
— Merci, feu follet, dit alors le polît garçon ; merci, et pardonne-moi de ne l'avoir d'abord ni connu ni compris. »
Les voyageurs, le père et le fils, trouvèrent, à leur retour, ce soir-là, un bon feu et du bon thé chaud. On rit beaucoup avec
maman, et on se demanda quel lit on aurait eu, quel thé on aurait bu, si on avait suivi le feu follet comme le désirait tant le petit Arthur.
Le feu follet avait entendu l'aimable bonsoir des voyageurs qui s'en allaient par cette sombre soirée; et sa lumière brilla avec plus d'éclat. « A la bonne heure, dit-il , je suis heureux maintenant : j'ai sauvé la vie d'un être qui est reconnaissant, et qui sait d'où lui vient son salut. »
En disant ces mots, il retourna en voletant à son poste accoutumé.
{Contes anglais.)
Léo* dk Waii.lv.