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Bois flotte

LES ANGLAIS AU POLE NORD

giens. Chaque homme Tut également muni d'une paire de hottes de mer parfaitement imperméables.

Quant à Captain, il se contentait de sa fourrure naturelle; il paraissait peu sensible aux changements de température; il devait avoir passé par plus d'une épreuve de ce genre, et, d'ailleurs, un Danois n'avait pas le droit de se montrer difficile. On ne le voyait guère, et il se tenait presque toujours caché dans les parties les plus sombres du bâtiment.

Vers le suir, à travers une éclaircie de brouillard, la côte du Groenland se laissa

entrevoir par 37° 2' 7" de longitude; le docteur, armé de sa lunette, put un instant distinguer une suite de pics sillonnés par de larges glaciers; mais le brouillard se referma rapidement sur cette vision, comme le rideau d'un théâtre qui tombe au moment le plus intéressant de la pièce.

Le Fonciird se trouva, le 20 avril au matin, en vue d'un ice-berg haut de cent cinquante pieds, échoué en cet endroit de temps immémorial; les dégels n'ont pas prise sur lui, et respectent ses formes étranges. Snow l'a vu; James Ross, en 182'J, en prit un dessin exact, et en 1851, le lieutenant français Rellot, à bord du Prince Albert, le remarqua parfaitement.

Naturellement le (lecteur voulut conserver l'image de cette montagne célèbre, et il en fit une esquisse très-réussie.

Il n'est pas surprenant que de sembla-

bles masses soient échouées, et par conséquent s'attachent invinciblement au sol ; pour un pied hors de l'eau, elles en ont à peu près deux au-dessous, ce qui donnerait a celle-ci quatre-vingts brasses environ de profondeur'.

Enfin, par une température qui ne fut à midi que de 12° ( — 11° centigr.), sous un ciel de neige et de brouillards, on aperçut le cap Farewel. Le Forvnnl arrivait au jour fixé; le capitaine inconnu, s'il lui plaisait de venir relever sa position par ce temps diabolique, n'aurait pas à se plaindre.

« Voilà donc, se dit le docteur, ce cap célèbre, ce cap si bien nommé 1 ! Beaucoup l'ont franchi comme nous, qui ne devaient jamais le revoir! Est-ce donc un adieu éternel dit à ses amis d'Europe? Vous avez passé là, Frobisber, Knight, Bartow, Vaugham, Scroggs, Rarentz, Hudson, Blosscville, Franklin, Crozier, Rellot. pour ne jamais revenir au fou r domestique, et ce cap a bien été pour vous le cap des Adieux!

« Ce fut vers l'an 070 que des navigateurs partis de l'Islande' découvrirent le Groenland. Sébastien Cabot, en 1498. s'éleva jusqu'au 36 r degré de latitude; Gaspard et Michel Cotréal. de 1500 à 1502. parvinrent au 00', et Martin Frobisber, en 1576, arriva jusqu'à la baie qui porte son nom.

« A Jean Davis appartient l'honneur d'avoir découvert le détroit en 1585, et, deux ans plus tard, dans un troisième voyage, ce hardi navigateur, ce grand pécheur de baleines, atteignit le soixante-treizième parallèle, à vingt-sept degrés du pôle.

» Rarentz en 1596, Weymouth en 1602, James Hall en 1605 et 1607, Hudson, dont le nom fut attribué à cette vaste baie qui échancre si profondément les terres d'Amérique, James Poole en 1611, s'avancèrent plus ou moins dans le détroit, à la rc-

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