‹ Magasin des adolescentesChapitre 2 sur 33 · A MILADY · texte numérisé non relu

A MILADY

SOPHIE DE CARTEKET.

N'AUiEZ pas,îie:TOïis enî^jornure * prendre cecîpourtmê ^pî'lre âedicatoîre.

Ces sortes d'ouvrages , consacrés commu-* nément à la flatterie , ne conviennent ni à vous ni à moi. Je me suis accoutumée depuis long-^tems à ne vous parler que le langage de la vérité ; c'est le seul qui soit selon votre coeur, et le seul que je me sente capable d'employer avec vous. J'aurais pourtant un beau champ pour faire une longue épltre^ je pourrais exalter la

6 ÉpITRE BéDÏCATOIRE.

longue suite de vos aïeux , et faire ïâes efforts pour vous persuader que leur mérite est le vôtre ; mais vous me siffleriez. Tous'savez inieux <jue' personne que ^a vertu , qui seule mérite des louanges , est personnelle 5 et vos sentimens à cet égard me sont trop connus, pour employer c»

lieu commun. Je pourrais à plus juste titre relever vos talens et vos dispositions. K vous m'étiez moins respectable, et moins chère , peut-être succomberais- je à la tentatip&iQrdinatre. en fm^ii: cas. Ma plume sV-*ifeïûsfe*aÊsolumentv\)^rce qu'elle est conduite p&r pfeit cî*èr , qui ne se peut résoudre a: vAUf*jiea offrir qui ne puisse

vous être utile.

Je ne veux pas vous dissimuler que vous n'ayez en vous les germes dé tout ce qui pourra vous méritet.par la suite ks louanges les mieux fondées. Dés vos premières années, avant même que vous sussiez ce que c'était que réflexion, examen , j'ai toujours eu la satisfaction de vous voir raisonner comme l'auraient fait les personnes les plus conséquentes; Yotre

tsprit et Totre cœur sont si droits , si justes, que vous ne tous méprwez jamais lors-* qa^il est question de décider sur la justice ^ ^t très-peu quand il s^git même de choses îndifFéreutes. Mais , madame ^ ces beu-^ reùses dispositions sont en vous sans que vous les y ayez mises; je ne puis que vous exciter à louer PÉtre infini et bienfaisant qui vous les a données, k penser qu'ayant plus reçu on vous demandera davantage.

Ce cœur tendre et compatissant qui vous rend si sensible ^pour les jnaUieureu;]s: , si heureuse loii^é. yjom pèùv^é^^pucir leurs misères; ceilie^icê^es! .dispositions de votre cœur ^ 3î$Tjéf ' ne $otit ,pas plus k vous que le reste :'v6u$^î|tfeis fout reçu. Il est vrai que je pourrais vous. louer d'avoir fait profiter jusqu'à ce jour les talens qui vous ont été cpnfiés; mais si vous [tiez les yeux sur l'éducation que vous ayez reçue ^ sur les e:i|Lemple$ journaliers que vous avez dans les personnes.qui vous sont les plus chères , vous comprendrez qu'il n'y a encore rien dont vous puissiez vous glorifier. Un jour viendra , madame i

8 ÉPÎTRE BÉDICATOIRB.

OÙ, abaiidoimee à yous-méme, on pourra vous attribuer ce qu^on admirera en vous. Céàt pour ces jours futurs que vous deve» préparer votre ame. Dans ce tems heureux ou tout vous porte au bien , affermissezvous dans cet amour de la justice^ afia qu'au milieu d'un monde corrompu vous soyez blessée , comme vous Tètes aujtijttfd'hui , de tout ce qui peut altérer la rectitude. Conservez précieusement ce respect de la religion que vous avez sucé avec le lait,. et-oseft par -Ja; suHe: /TOUS montrer chxéÛeiirSe'mi -milieS du ^cronde qui fait gloire de *Btc-r4^cf î)4?»:K'oiibliez jamais que ce foiùs'iïe^qkMiTeiilance qui vous

dévoré atijôAfd'blHV*^*'^^^ vocation à devenir la mère des pauvres. En répondant à cette vocation , j'ai dit que vous mériterez les louanges les mieux fondées j mais n'oubliez jamais qu'elles sont le poison mortel de la vertu ; et à quelque degré que vous portiez les vertus dont vous possédez les prémices, dites -vous mille fois par jour : de quoi me glorir^ fieraîs'je ?fai tout reçu.

Une ]eunQ dame qui a rhonneur de « TOUS appartenir, ayant appris que j'avais peint son caractère dans une de celles que j'offre au public dans le Magasin des Adolescentes , m'en a fait les reproches les plus vifs. Etait-ce de madame deBeaur mont que je devais attendre le poison de la flatterie ? m'a-t-elle dit. Cette dame prétendait qu'elle ne ressemblait point au

portrait que j'avais tracéd'après elle. Peutêtre bien , lui répondis-je , en vous esquissant, n'ai- je point prétendu vous attribuer tout ce que je mets sous votre nom j supposant, comme vous le dites 9 que je vous aie peinte plus parfaite que vous ne l'êtes en effet , vous pouvez supposer auséi que je n'ai voulu que vous présenter un modèle qui vous excitera à faire des efforts pour devenir ce que vous n'êtes pas. Je vous en dis autant , madame. Yous m'avez fourni le caractère de lad y Sensée; si vous croyez que ma respectueuse tendresse pour vous ni'ait fait illusion y et que j'aie embelli le tableau sans le vouloir^ attachez-vous à rectifier ma faute . et à

lO ÉPiTRE DÉBICATOIRE.

le rendre si ressemblant , qu'il n'y manque aucun trait.

Je suis avec respect ^

Madame

Vôtre très-hamble et trèsrobëissante senraste , liEFBIKCE DE BeAUMONT.

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