LES GARGOUILLES
Jusqu'à la fin du dohzième siècle, l’eau de la pluie ruisselait sur les toits et tombait en cascades dans les rues des villes, en s’écoulant sur la saillie des corniches. Vers 1210, les eaux pluviales sont conduites, sur les terrasses et les toits de la cathédrale de Paris, dans des rigoles qui font saillie en dehors du monument. Ges gargouilles prennent la, forme d’animaux fantastiques; peu à peu elles se multiplient à l’extérieur des édifices gothiques; elles sont pour les sculpteurs l’occasion d’exercer leur verve et la bizarrerie de leur imagination ; elles affectent une variété de formes vraiment prodigieuse. « Beaucoup de ces gargouilles, dit M. Viollet-le-Duc , sont des chefs-d’œuvre de sculpture; c’est tout un monde d’animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains habiles et sûres. Ces êtres s’attachent adroitement aux larmiers, se soudent à l’architecture, et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts , faisant valoir les lignes verticales. »
Les chéneaux en plomb des monuments civils et religieux devaient plus tard, au seizième siècle surtout, porter leurs gargouilles de métal. Celle que nous repré-
d’Albert Tissandier.
et date du seizième siècle ; elle figure un dragon ailé , dorU, la queue hérissée dresse un dard menaçant au-dessus deill tête du monstre, à la façon du scorpion; les eaux son'f vomies ^^r .,1a bouche entr’ouverte du fantastique
'A'M’Hôtd de ville '‘ÏÏœ'Lausanne, on voit aussi deux remarquables gargouilles de métal de dimensions considérables; elles sont entièrement couvertes de peintures brillamment rehaussées d’or.
Les gargouilles sont nombreuses en France , dans les édifices anciens de l’Ile-de-France , de la Champagne , de la basse Loire.
O^n trouve plus rarement en Bourgogne, dans le centrilyt le midi. . . . ;