‹ Magasin pittoresque (volume 2)Chapitre 141 sur 712 · SCEAU DÉCOUVERT A LONGUEVILLE · texte numérisé non relu

SCEAU DÉCOUVERT A LONGUEVILLE

En 1871, le jardinier de Fenestre, propriétaire à Rouen, découvrit dans sa maison de Longueville un sceau matrice caché dans une ancienne muraille. Ce sceau était évidemment du quinzième siècle, et le style de son ornementation le faisait autant connaître que l’écriture. Ce sceau, en cuivre jaune, était admirablement conservé: sa forme était ovale ; il avait 6 centimètres de long sur 4 de large. On remarquait, sous une arcade trés-ornée, un personnage habillé en diacre, et qui tenait un gril à la main. C’était évidemment saint Laurent, martyr. Sous cette figure on distinguait parfaitement un écusson qui contenait une arme parlante. Cet écu était mi-parti d’une coupe ou calice et d’un chêne chargé de glands. On lisait autour : s : D : roberti coupequesne vicarii de longuaviLLA (Sceau de Robert Coupequesne , vicaire de Longueville).

(9 Pas d’entremets; il n’y en avait que sur les tables des richeSi

On ne sait vraiment quel était ce Robert Coupequesne, ni en quoi consistait sa dignité de vicaire de Longueville. Ce que l’on peut affirmer, c’est que le sceau est du quinzième siècle, et que la famille Coupequesne existait et était puissante à cette époque. Nous connaissons un Nicolas Coupequesne qui habitait la vallée de la Scie et qui, vers 1420, fut présenté par Henri V à la cure d’Yvetot. Le même ecclésiastique devint chanoine de Rouen et l’un des juges de Jeanne Darc.

Dans les titres de Longueville, le nom de Coupequesne revient souvent. En 1219, dans une charte latine, on voit Aubin, fils de Geoffroy Malvenu, donner aux religieux de Longueville trente-cinq sols de rente annuelle à prendre sur la masure que Jean Coupequesne tenait de lui sur le perré de Dieppe, proche le marché (').

En 1507, Pierre Mauniard, curé de Claville, prend à ferme pour trois ans, de dom Jean Coupequesne, sacristain du prieuré de Longueville , une pension que celui-ci avait sur la cure de Saint-Nicolas de l’Heure (■). Cette paroisse fait aujourd’hui partie de la ville du Havre.

Sceau de Robert Coupequesne, découvert à Longueville.

C’est entre ces deux personnages qu’il faut placer le sceau qui nous occupe.

Quant à la dignité de vicaire de Longueville, il nous est malaisé d’en donner toute la valeur. Nous ne croyons pas que par ce titre il faille entendre le vicaire amovible de la localité ; nous croyons plutôt qu’il s’agit du curé qui était le vicaire perpétuel des moines, lesquels se considéraient comme les curés primitifs du bourg (Q. La splendeur du sceau serait de nature à nous prouver que Robert Coupequesne était un personnage important et qu’il n’était pas un vicaire ordinaire, comme nous le comprenons aujourd’hui.

Nous ne croyons pas qu’il y ait eu alors de vicaire général pour le prieuré de Longueville, bien qu’au quinziéme siècle le prieur de Longueville figure parmi les juges de Jeanne Darc. Cependant, pour des causes qui nous sont inconnues, nous voyons un grand vicaire figurer au commencement du dix-septiéme siècle. En effet, l’inventaire des titres de ce prieuré nous montre, en 1627, Guillain Élie, grand vicaire du prieuré de Longueville (“’). Mais nous ne pensons pas que cela ait existé au quinziéme siècle. Toutefois, la découverte que l’on a faite de ce sceau nous ferait croire qu’il a servi à un personnage politique dont on cherchait à cacher ou à effacer le souvenir.

(*) Inventaire des titres du prieuré de Longueville, p. 255 (manuscrit de la Bibliothèque de Dieppe).

. (9 Idem, ibid.

(9 Idem, p. 15, Aveu de 1692.

('*) Idem, p. 14-1, ihid.

UN COIN DE LA BASSE AUVERGNE

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