LE SOL DE LA FRANCE
Les deux parties principales du sol de la France, le dôme de l’Auvergne (plateau central) et le bassin de Paris (Neustrie), quoique circulaires l’un et l’autre, présentent des structures diamétralement contraires. Dans chacune d’elles, les parties sont coordonnées à un centre; mais ce centre joue dans l’une et dans l’autre un rôle complètement différent.
Ces deux pôles de notre sol, s’ils ne sont pas situés aux extrémités d’un même diamètre, exercent en revanche autour d’eux des influences exactement contraires : l’un est en creux et attractif, l’autre en relief et répulsif.
Le pôle en creux vers lequel tout converge, c’est Paris, centre de population et de civilisation. Le Cantal, placé vers le centre de la partie méridionale, représente assez bien le pôle saillant et répulsif. Tout semble fuir en divergeant de ce centre élevé , qui ne reçoit du ciel qui le surmonte que la neige qui le couvre pendant plusieurs mois de l’année. Il domine tout ce qui l’entoure, et ses vallées divergentes versent les eaux dans toutes les directions. Les routes s’en échappent en rayonnant comme les rivières qui y prennent leur source. Il repousse jusqu’à ses habitants, qui, pendant une partie de l’année, émigrent vers des climats moins sévères.
^ L’un de nos deux pôles est devenu la capitale de la France et du monde civilisé; l’autre est resté un pays pauvre et presque désert. Comme Athènes et Sparte dans la Grèce, l’un réunit autour de lui les richesses de la nature, de l’industrie et de la pensée; l’autre, fier et sauvage au milieu de son âpre cortège, est resté le centre des vertus simples et antiques, et, fécond malgré sa pauvreté, il renouvelle sans cesse la population des plaines par des essaims vigoureux et fortement empreints de notre ancien caractère national. (')