RÈGLES
POUR LA. DESCRIPTION DES OBJETS D’aRT CONTENUS DANS UNE ÉGLISE.
Les églises sont encore aujourd’hui, malgré la fondation de beaucoup de musées, les édifices qui contiennent le plus grand nombre d’objets d’art de toutes sortes : sculptures, tableaux, vitraux, orfèvrerie, ivoires sculptés, tapisseries, broderies, dentelles, etc. Il importe pour l’instruction de ceux qu’intéressent les arts que ces richesses soient connues. En ce moment, une commission instituée pour préparer un inventaire des richesses d’art de la France donne des conseils à toutes les personnes qui peuvent l’aider dans sa tâche : or, dans une de ses circulaires, nous remarquons le passage suivant, qu’il ne nous paraît pas inutile de reproduire.
Pour être intelligibles , les descriptions doivent être faites sur un seul plan et de façon à concorder entre elles. Rien n’est plus rare dans les descriptions d’église ; à force d’y revenir sur ses pas, on y arrive facilement au désordre et à une confusion assez grande pour qu’au delà de la moitié le lecteur ait grand’peine à savoir où il en est exactement. C’est ce qui se produit même quand on s’astreint à faire le tour de l’église, la seconde partie se trouvant ainsi absolument à l’inverse de la première.
Que doit-on appeler la gauche ou la droite dans une église? Au point de vue liturgique, il n’y a pas de doute. La droite et la gauche sont celles de l’officiant qui donne la bénédiction ; par conséquent, dans une église orientée, la droite liturgique est le côté nord ou de l’Évangile, la gauche le côté sud ou de l’Épître.
C’est exactement la même chose qu’en blason-, où le côté dextre est la droite de celui qui porterait l’écuetla gauche de celui qui le regarde; le côté sénestre,la gauche de celui qui porterait l’écu et la droite de celui qui le regarde.
Mais cette habitude, pour les églises, n’est nullement passée dans le public, qui se sert plus facilement de l’indication de sa propre droite et de sa propre gauche. C’est de cette façon qu’est faite la grande majorité des descriptions ; il a donc paru utile de s’y tenir pour ne pas choquer une habitude presque constante.
^ Dans les églises orientées, l’ouest correspond à la façade, l’est au chevet, le nord et le sud aux deux côtés; mais comme beaucoup d’églises ne sont pas orientées , tout en indiquant si une église l’est bien ou mal, l’orientation ne peut pas être prise pour base de description. D’un autre côté, si les fonts sont habituellement au nord dans une église orientée et la chapelle des morts habituellement au sud, il y a aussi trop d’exceptions pour qu’on puisse trouver là un point de départ.
Il faut donc se tenir à la droite et à la gauche du visi- (‘) Voy. t. XXXIII, 1865, p. 356.
! teur, en admettant, indépendamment des hasards de l’entrée, qu’il parte toujours du pied de la nef; pour les chapelles, il va de soi que leur droite et leur gauche sont celles de celui qui les regarde de face.
Ce point de départ admis, voici l’ordre dans lequel il faudra noter les œuvres d’art que peuvent présenter les diverses parties d’une église.
Extérieur. — Grande façade. Portail. Tours. Le porche extérieur, s’il y en a un. Côté gauche de la nef. Côté droit de la nef. Portails du transept gauche et du transept droit. Tour centrale. Côtés du chœur. Chevet de l’église.
Intérieur. — On le divisera en ses trois parties constitutives : nef, transepts et chœur. Après avoir indiqué en quelques mots la forme et la distribution de l’église, commencer la nef par le mur intérieur de la façade, la tribune et les orgues. Décrire ici le porche intérieur, s’il y en a un.