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LES BOLLANDISTES

Fin. — Voy. p. 273.

Les manuscrits amoncelés dans le cabinet de Rosweyde, les documents entassés dans les mansardes d’Anvers, avaient fini par former une collection remarquable , cà laquelle on fit 1 honneur d’une vaste salle élevée au-dessus du réfectoire de la docte communauté, salle qui prit le nom de 31usæiim Bollandianum.

Douze armoires, correspondant aux douze mois de 1 année et divisées en un nombre de cases égal à celui des jours, contenaient les manuscrits et les pièces détachées relatives à chaque saint. Les murs étalent garnis de rayons chargés de livres et de manuscrits précieux qui faisaient l^admiration de Durand et de Maftène, de Yossius et de Christine de Suède. Plusieurs collections précieuses s’adjoignirent en différents temp k ce fonds que les bollandistes ne cessèrent d’enrichir en y employant aussi bien leurs ressources patrimoniales que celles delà société.

Lors de la dissolution de la compagnie de Jésus, en 1774, les derniers bollandistes demeurèrent les gardions de ces trésors qui n’étaient plus à eux ; puis ils furent transférés, mais seulement en partie, dans l’abbaye de Caudemberg, qui leur offrait un asile, asile bientôt fermé.

En 1788, 1 abbé de Tongerloo acquit du gouvernement, au prix de 20 000 florins, ce qui restait encore de livres et de manuscrits, et ses religieux prémontrés les utilisèrent en partie dans un dernier volume des Acta , qui parut au plus fort de la tourmente révolutionnaire, en 1794; ils avaient commencé 1 impression du cinquante-quatrième volume lorsque, le 6 décembre 1796, ils furent obligés de se disperser.

Une prtie des livres et des manuscrits bollandiens fut conservée par des fermiers et des pâtres flamands, qui pendant plus d’un quart de siècle les cachèrent dans leurs huttes.

Ce fut seulement en 1825 que ces dèhris furent découverts en partie et rachetés des deniers de l’État : on en fit deux parts, dont l’une fut envoyée à la Haye, l’autre cl Biuxelles. La plupart des manuscrits entrèrent à la bibliothèque royale de cette ville, dans la section désignée sous le nom de bibliothèque de Bourgogne.

Napoléon I“, dés l’année 1800, avait fait décréter une enquele : elle n’aboutit qu’à retrouver la trace des derniers bollandistes réfugiés çà et là dans de modestes postes

et se souvenant à peine des feuilles remises à l’imprimeur au moment de leur expulsion.

Une tentative nouvelle faite par l’Institut de France, en 1810, n’eut pas une meilleure issue; le rapporteur du projet, M. de laSerna-Santander, déclara que deux choses manquaient pour la continuation : des actes et des hagiographes.

Le projet fut repris par les jésuites belges en 1836; deux ans plus tard, le jour de l’Annonciation, 25 mars 1838 un manifeste latin signé des pères Boone, Van der Moore, Coppens et Van Hecke, instruisit le monde savant de la reprise des Acta. Une liste deprésde quatre mille biogrcaphies donnait une idée de la tâche acceptée par ces débutants.

Après dix années de travail, en 1847, un peu plus de deux siècles après l’apparition du premier tome de Janvier (1645), parut le tome VII d’Octobre, le cinquantequatrième de la collection.

Ce volume rattachait ensemble les deux générations des fils deBollandus, car il comprend dix-neuf actes composés à Tongerloo et retrouvés par hasard ; le reste est dû aux nouveaux bollandistes installés au collège Saint-Michel, à Bruxelles.

Depuis, six autres volumes ont successivement vu le jour, et deux autres ne tarderont pas à les suivre, sans suffire peut-être à épuiser le mois d’octobre. Car plus les Acta s’avancent, plus les matériaux abondent, plus la nécessité de reprendre en sous-œuvre les premiers mois de l’année devient évidente. Janvier formait trois volumes; Février deux; Septembre en a exigé huit; Octobre en compte déjà douze; nul ne pourrait indiquer les dimensions probables de Novembre et Décembre.

En somme, cet ouvrage, qu’un homme avait rêvé d’écrire à ses moments perdus, est devenu un des plus laborieux travaux de critique historique qui jamais aient été tentés.

A l’heure où nous écrivons, près de deux siècles et demi après que Jean Bolland en posa la première pierre, vingtneuf continuateurs se sont couchés après lui dans la tombe et cinq sont encore debout, poursuivant leur œuvre au milieu des bruits de la lutte politique et religieuse.

Le travail dure depuis deux cent quarante-six ans, déduction faite de quarante-quatre années durant lesquelles il fut interrompu; mais si l’on additionne le temps que chaque bollandiste consacra à l’œuvre commune, on arrive à la somme énorme de six cent soixante -dix ans, et cela sans tenir compte du concours apporté aux bollandistes en titre par plus de dix écrivains qui ne collaborèrent qu’accidentellement aux Acta.

La collection des Actes comprend jusqu’à ce jour soixante volumes in-folio ; mais il convient d’y rattacher un certain nombre d’ouvrages destinés à élucider ou à dé-

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