‹ Magasin théâtralChapitre 1012 sur 1475 · CÉCILE, NEUBOROUG, MARGUE- RITE · texte numérisé non relu

CÉCILE, NEUBOROUG, MARGUE- RITE

MARGUERITE , donnant le bras à son père. C'est-à-dire que le parc est magnifique... et puis c'est si grand , si étendu I

NEUBOUOL'G. Beaucoup trop... pour les personnes qui s'y promènent à jeun.

CÉCILE. Quel est ce vieillard et cette jeune fille?

^ElJBOROL'G. Je n'ai plus de jambes...

et suis trop heureux de m'asseoir... '

CÉCILE. Le docteur Neuboroug... ici, à la cour!

MARGUERITE , à Ncuburoug qui va s'asseoir. Mon père, une grande dame qui vous reconnaît...

NEUBOROUG, se relei>ant. Une grande dame!... eh! oui , lady Sunderland , que j'ai vue bien jeune, car j'étais autrefois médecin de sa famille... Mais nous autres anciens, il n'est plus question de nous.

CÉCILE. Si vraiment I et j'ai, à ce sujet, docteur, des compliniens à vous faire. J'ai lu ce malin, dans le journal de la cour, que le faubourg de Southwalk vous avait élu hier membre de la chambre des communes.

NEUBOROUG. C'est vrai , madame la comtesse.

CÉCILE. Et porté par l'opposition...

c'est un échec pour le ministère...

NEUBOROUG. Je ne le crois pas... on

m'a jugé trop peu redoutable pour combattre une nomination... qui, du reste, n'aura pas de suites ; car, j'y suis décidé^ j'écrirai dès aujourd'hui pour remercier et refuser.

CÉCILE. Tant pis! je vois votre parti bien malade, les médecins mêmes l'abandonnent, et je conçois alors ce qui vous amène à la cour.

NEUBOROUG. Moi !... vous pourriez croire. . .

CÉCILE. Que vous sollicitez... comme tout le monde... il n'y a pas de mal... et si je puis vous être utile.... lectrice de la reine, j'ai quelque crédit près d'elle.

NEUBOROUG. Je ne demande rien, je ne veux rien, mylady. .. Je viens ici chez mon ami Robert Walpole , qui a bien aussi quelque pouvoir ; mais , grâce au ciel , je viens en amateur...

CÉCILE. Chez le ministre?

MARGUERITE, passant près d'elle*. Oui, madame , il nous a invités à venir passer la journée à Windsor; et son neveu est venu nous chercher ce matin.

CÉCILE, avec émotion. Son neveu, lord Henri...

MARGUERITE, virement. Vous le connaissez ?

CÉCILE, d'un air indiffèrent. Oui... je le vois tous les soirs, au cercle de la reine...

MARGUERITE. Et il a eu la bonté de venir nous prendre Ixii-méme pour nous amener ici !... il est si attentif, si galant, si aimable!...

NEUBOROUG, lui faisant signe. Ma fille!

M.ARGUERITE. C'est très-vrai, et mylady doit le savoir, puisqu'elle le connaît... Et puis, en arrivant, il m'a offert la main — et dans les deux premiers salons que nous avons traversés , qui étaient remplis de monde , des dames , des seigneurs de la cour, c'est à moi qu'il donnait le bras... Ah! que j'étais heureuse !... ils m'auront prise pour une grande dame , une comtesse... ils le disaient, n'est-ce pas?

NEUBOROUG. Mieux que cela!... Ils disaient : Voilà une jolie fille !

MARGUERITE , açeajoie. Vrai ! Eh bien, je ne l'ai pas entendu ! je pensjùs à autre

chose surtout lorsque mylord nous a

présentés à sa sœur, lady Juliana , qui est bonne et aimable comme lui, et qui voulait me garder près d'elle... Et puis enfin, lord Henri nous a conduits dans les jardins, en nous disant : Je vais prévenir mon oncle, attendez-le ici; et depuis une heure nous nous promenons dans le parc,

^ Ccciie, Marguerite, r^eoboroag»

L AMBITIEDX.

où tout ce que je vois me semble superbe, i admirable, magnifique... IM on Dieu! que c'est beau de venir à la cour, et que je suis heureuse d'y être I

CÉCILE. Peut-être , mon enfant , ne le diriez-vous pas long-temps... mais pour aujourd'hui, je le conçois... surtout quand on a pour cavalier un jeune et brillant seigneur que Ton voit pour la première fois.

MARGL'EniTE, i;/p'fTOe«/. IMais non, madame, très-souvent, et- pendant trois mois, (^s' arrêtant) tous les jours....

CÉCILE, vivement. Que dites-vous?

NEUBOROUG. Ma fille!...

CÉCILE. Je vois en effet que vous connaissez intimement Robert Walpole et tous les siens. .. {^A Neuboroug.') Prenez-y garde, docteur, l'amitié de Walpole a souvent porté malheur ; mais, en tous cas , je vous dois un avis charitable : si , quoi que vous en disiez , vous attendez de lui des places , de la fortune, des honnem-s...

NEUBOROUG. Moi!

CÉCILE. Hâtez-vous!... car, c'est moi qui vous le dis , et vous pouvez me croire , il n'a pas long-temps à rester au ministère. . . Adieu , docteur.

Elle sort.

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