SCENE VI
Les Mêmes , un Valet en lii^rée.
LE VALET. Sa grâce est servie.
WALPOLE. Tu vois bien!
NEUBOROUG. C'est heureux !
WALPOLE. , ( se retournant crrs le valet, qui lui jirésente des papiers. Qu'est-ce que c'est ?
LE VALET. Les journaux.
NKUBOnOUG, lui prenant le bras. Nous les lirons à table.
WALVOLE , prenant les journaux. Tu as raison... [En déployant un.) Je veux voir seulement si on a inséré mon discours d'hier... {A Marguerite.) Vous peimettiz, ma jolie demoiselle?..
MARGUERITE. Comment donc , mylord ?
WALPOLE, tenant toujours NetiborougsouC le bras et déployant le Journal , qu il parcourt. Ah ! des injures, des épigramines...
NEUBOROUG. Pourquoi les lire ?
WALPOLE. Parce que cela m'amuse ! Si tu savais combien nous altachonspeu d'importance à tout cela! [Lisant.) » Lord Wal- » pôle , le prtinier ministre, s'est rendu << hier à pied au parlement...» {S' arrêtant .) C'est bien intéressant! « On s'étonnait de » ce que , malgré le froid , il était vêtu » fort légèrement, et n'avait même pas le » manchon de martre-zibeline qu'il porte » ordinairement.» {Riant.) Connue c'est piquant!... ils ne savent que dire pour remplir leurs colonnes.. {Aclui^ant de lin.) "Un manchon ! repoL'dit quelqu'un,
L AMBITIEUX
( Lisant le
» à quoi bon? il n'en a pas besoin... il a » toujours ses mains dan.s nos poches.'... » [Rian/ d'un air forcé.) Ahl.. alil... celuilà au inoins est drôle ! .. Il est original! n'est-il pas vrai? Ali ! aiil...
MAUGUERlïE. Quoi , VOUS liez ?
WALPOLE. J'en ai entendu bien d'autres.'... ce journal-là en dit souvent d';>ssez gaies... c'est un indépendant qui veut qu'on l'acbète, mais il n'y réussira p.is...( Prenant un autre Journal) car, avec moi, aussitôt lu... aussitôt oublie.
NEUBOUOLG, montrant la purte à gauche.
Alors, mon ami...
WALPOLE. Certainement.
jour/iiil ) « Ses mains dans nos poches
NEUBOROUG. Est-ce que tu y penses encore ?
WALPOLE. Du tout. {Avec colère.) Ab !
mon Dieu !
NEliBOROUG Qu'est-ce donc?
WALPOLE. Mon dernier discours... tronqué... défiguré ..je peux pardonner des épigramnies, des injures... mais des fautes d'impression... être trahi à ce point par son imprimeur!... un imprimeur du roi! ! '... Je suis sûr qu'au fond du cœur il est de l'opposition... Je lui ôterai son brevet... il perdra son privilège...
NEUBOROUG. Mon ami!...
WALPOLE , avec impatience. Pardon ! tu meurs de faim , et moi aussi; je me sens là des tiraillemens d'estomac... Allons, Williams. (/V 3Iarguerite, lui offrant la main.) Allons , miss Marguerite, déjeunons.
NEUBOROUG, marchant de^^unl. Ce n'est pas sans peine.
WALPOLE , tout en donnant la main à Marguerite et se dirigeant vers la salle à manger^ se dit ii part : « Sa main dans nos « poches!... » .le saurai qui.
Nenboroug est près de la porte de la salle à manger, et veut faire passer Walpole devant lui.
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