‹ Magasin théâtralChapitre 1030 sur 1475 · LORD HENRI, MARGUERITE · texte numérisé non relu

LORD HENRI, MARGUERITE

MARGLEUlTE , entrant par la parte à droite. Oui, mou père, je vous attendrai

HEXUI, entrant par le fond et apercevant Blargwrite. Miss l^iargu(l•iLe... cju'il me tardait de vous voiil je suis d'une joie !... j'éprouve un bonheur...

MAUGLERiTE. Alors, dites donc vite, pour que j'en aie aussi.

UENRi. 11 est arrivé depuis ce matin tant de cliangemens , tant d'événemens. . . qu'il vous suffise d'apprendre que dans ce moment j'ai tout pouvoir; j'ai la confiance, j ai l'amitié du roi... Il m'accordera tout ce que je voudrai... alors et sur-le-cbamp j ai pensé à vous...

MAUGUERITE. A moi!...

Ui:\Ri. Ou du moins à celui que vous aimez... c'est la même chose!... j'ai fait venu- votre jeune cousin Thomas Kinston. . .

MARGiiEr.iTE. 0 ciel I

UENRi. Je lui avais fait avoir hier un emploi.. . Je lui en donne un aujourd'imi Lien plus beau... bien plus sûr... je le place près de moi à la chancellerie... et si vous aviez vu sa reconnaissance, et surtout son étonnement, car il ne peut se douter d'où lui vient sa fortune.

MARGUERITE, à part. Je crois bien !

HENRI ]Mainteuant que vous voilà riche, lui ai- je dit, que votre avenir est assuré... ne songerez-vous pas à quelque établissement?

M VRGUERITE. Grand Dieu !...

IIEINRI. Ne craignez rien ! ... je ne me serais pas permis un seul mot qui aurait pu vous compromettre! mais c'est luimême qui, s'adressant à moi comme à son protecteur, m'a donné à entendre qu'il avait des vues sur une jeune fille , sa parente , sa cousine , dont le père venait d'être nommé membre de la chambre des communes... c'est clair, je lepense; et sans trahir un secret que votre tendresse avait confié à mon amitié... je l'ai engagé à ne pas se rebuter, à se présenter encore !

MARGUERITE. 0 mon Dieu !

HENRI. II va venir... ( La i-e^ardant avec tendresse.) Et en vérité , Margureite , je le trouve bien heureux.. . je trouve qu'il n'y a personne au monde qui ne doive envier son sort... car maintenant le voilà stir du consentement de votre père... Sa nouvelle

fortune... . ma protection et puis la

vôtre...

MARGUERITE, aoec emharras. Je ne sais... je doute encore que mon père...

HENRI. Il le faudra bien... je saurai l'y contraindre...

MARGUERITE. C'est trop de bonté.... c'est trop vous occuper de moi... vous d'abord , vous avant tout ! . . . vous ne me parlez pas de ce qui vous est arrivé... de cette entrevue , de ce rendez-vous qu'on vous avait demandé!...

HENRI. Ah ! vous allez partager mon bonheur !... et il m'est d'autant plus doux... qu'il y a dans notre destinée comme une sympathie secrète... qui fait que nous sommes heureux ou malheureux ensemble... je suis comme vous, je suis aimé !...

MARGUERITE. 0 ciel !

HENRI. Oui, elle m'aime... oui, je ne peux en douter... et si des obstacles, si un secret que je dois respecter l'empêchent eu ce moment de me donner sa maiu... je suis sûr du moins que ce mariage est maintenant l'objet de ses vœux... je viens de lui écrire pour presser encore cet heureux instant... et bieniôt, je l'espère, rien ne s'opposera à notre union pas plus qu'à la vôtre... Je vais attendre sa réponse... et je vous retrouverai chez ma sœur, lady Juliana, n'est-il pas vrai?... Adieu, Marguerite , adieu !... gardez bien mon secret.

Il sort.

MARGUERITE , mettant la main sur son cœur.

I! est là, son secret... il est là qui m accable et me tue... 11 est aimé!... pendant qu'il parlait , je me sentais mourir... par bonheur encore, il n'en a rien vu. .. sa joie l'empêchait de comprendre ou même d'à**

MAGASIN TUEATllAL. .

percevoir madouleiir. . . {.Jolgmini 'rs mains.) Qu'il soit heureux, mon Dieu 1... c'est là nia seule prière I... et pour moi tout est fini...

Se retournant et apercevant Neuboroag.

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