SCENE PREMIERE
HENRI, NEUBOROUG.
WEC«Oroug. Oui, mon cher a4iu, cela va mal pour vous. . . je vous en prév iens, parce que j'étais là , j'ai été témoin de la colère du roi.
HENRI. Et cependant, à l'instant même, mes arrêts viennent d'être levés... je n'ai plus pourprison que l'enceinte de ce palais, et l'on n'a exigé de moi d'autre caution que ma parole de n'en point sortir.
NEUBOROUG. Cela m'étonne... car il y a deux heures le roi était furieux. Je ne sais pas ce que vous lui avez fait; mais voilà ce qui est arrivé. A peine étions - nous sortis de cette galerie , qu'il congédie tout le monde , en disant d'un ton brusque : Pardon, mylords , il faut que je parle à M. Neuboioug, à lui seul. Me voici donc dans le cabinet du roi, en téte-à- tète avec lui. Il médit : Asseyez-vous, asseyez-vous; puis il se promène d'un air agité, il s'assied... il écrit... il sonne... Tenez, pour le lord chancelier qui tout -à- l'heure était dans le salon. — Puis il se retourne vers moi. — Je suis à vous dans l instiUit; nous avons à causer du nouveau ministre. — Je croyais que votre majesté avait fait un choix. — Est-ce que vous le connaissiez ?
— ]Non, sire, je sais seulement que vou$ aviez signé l'ordoiinance. — Je l'aidéchiiée. — Et il recommence à se promener ! J'étais toujours là et j'attendais... Ou aiauoace Walpole. — Je ne veux pas le recevoir, dit le roi ; et à peine achevait-il ces mots que votre oncle paraît sui' le seail de la porte.
— Je viens , dit-il , rendre un service à votre majesté... Il est impossible qu'elle ait écrit l'ordre que je viens de voir entre les mains du lord chancelier. — Je l'ai écrit, je le ferai exécutei . Lord Henri a manqué de respect à ma pcrsonjie, il m'a menacé... il y a. crime de lèse-majesté ; qui ose le justifier est coupable. — Mettez-moi donc aussi en accusation , car je viens le défendre !...
HENRj. Mon pauvre oncle ! NEUBOROtG. Oui, sire, a-t-il ajouté, on n'enlève pas à un brave officier son titre et
I son grade pour un crime tel que le sien. — I Son crime, s'est écrié le roi, le connaissez- ^ vous? • — Oui, Sire, et je m'en vais vous le dire... Silence, mylord, a dit le roi avec un regard furieux. Puis s'adressant à moi : Mon ami , mon cher Neuboroug... j'avais à vous i)arler... mais plus tard, dans quelques instans je vous ferai savoir mes intentions. — Alors , comme vous vous en doutez bien, je me suis incliné, je suis sorti , et au moment où la porte du ca-î binet se refermait , l'orage recommençait déjà... Tous deux parlaient à la fois, et je disiin?,uais la voix de Walpole. — Oui , je le défendrai , quand on devrait , comme autrefois, m'envoyer à la tour... et puis , je n'ai plus rien entendu...
Hi.NRi. Ahl mon oncle est trop généreux!... il va se perdre I il va attirer sur lui la colère du roi... pour une cause qui ne peut être défen(iue..- ni justifiée. NEUBOKOLG. C'est lui'... le voilà !