‹ Magasin théâtralChapitre 1061 sur 1475 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

DESGAUDETS, ALBERT, MAXENCE, à la table à gauche et écrivant.

DESGAUDETS.

Eh bien! mon jeune ami!

ALBERT

Eh bien! Monsieur, vous m'avez montre ce ma-

tia UQC telle bienveillance... qixja je ne crains pas de m' adresser à vous... pour un service...

DESGAUDETS.

Un service! vous m'avez donné l'exemple!., et si cela dépond de moi...

ALBERT

J'ai quelques terres dans la Beauce...

DESGAUDETS.

Je lésais!., jesuis allé aux informations.

ALBERT

On a dû vous dire alors que mon patrimoine valait à peu près cent mille francs!

DESGAUDETS.

Pour le moins !...

ALBERT

Prêtez-les moi ?

DESGAUDEFS.

A vous î

ALBERT

J'aurais pu' m'adresser à un notaire..- mais il me faut cette somme, aujourd'hui, à l'instant. Voilà pourquoi je vous la demande ?

Je croyais vous avoir dit ce matin^ qu'en fait d'affaires, il fallait se défier de tout le monde.

ALBERT

Cet argent n'est pas pour moi !

DESGAUDETS.

Raison de plus... se ruiner pour son compte, passe encore! mais pour un autre, c'est absurde !

ALBERT

Quand c'est pour un ami...

DESGAUDETS , haussant les épaules.

Un ami!., allons donc...

ALBERT

Qu'osez-vous dire?

DESGAUDETS, montrant Maxence.

Interrogez monsieur le vicomte?., il vous dira comme moi ce.que c est, dans ce temps-ci, qu'un ami qui demande de l'argent,

ALBERT

Quand c'est un homme de naissance... un gentilhomme...

DESGAUDETS, effrayé.

Un gentilhomme, dites-vous? des gentilshommes, de nos jours!

ALBERT

Oui, Monsieur l

D.:SGAUDETS.

C'est donc la bourse ou la vie qu'on vous de- Biande?

ALBERT

Par exemple !

• MAXENCE, avec colère.

Comment?

ALBERT

Celui-là, Monsieur, est un \rai gonliliiomme; ènSn, un honnête homme!

DESGAUDETS.

Ah! c'est différent! voilà maintenant les gens de qualité !

ALBERT

Et si je vous le nommais...

DESGAUDETS.

Qui donc?

ALBERT, s'arrêtant sur un geste de Maxence.

Mais cela m'est défendu !

DESGAUDETS, avec ironie.

Ah! je comprends!., par égard pour sa noble famille !

MAXENCE, lui remettant les actions.

Monsieur...

DESGAUDETS , prenant les actions qu'il sert dans sa poche et s'adressant à Albert.

Monsieur, on a dû vous dire que j'étais avare!., la vérité est que je tiens à bien placer mon argent, et tout en refusant l'affaire dont vous me parlez, je veux vous en proposer une autre où nous serons associés.

ALBERT

Que dites-vous?

DESGAUDETS.

Vous venez de voir ma fille! ma fille unique... Je vous l'offre en mariage.

MAXENCE, étonné.

Ah! bah! vous, Monsieur?..

DESGAUDETS.

Moi!..

ALBERT, de même.

A moi, Monsieur!

DESGAUDETS, vivcment.

Permettez, permettez... je né lui donne pas de dot... je me hâte de vous en prévenir. Je ferai quelque chose cependant... de mon vivant, et après moi elle aura... autant que vous, pour le moins.

MAXENCE

Je le crois bien... et c'est superbe!.. Vous ôles, mon cher Desgaudets, d'une originalité... vous méritiez d'être Anglais !

DESGAUDETS, à Albert.

Eh bien ! qu'en dites-vous ?

alb::rt, avec émotion.

Vous me voyez... si surpris... si étourdi d'une générosité pareille, que je ne sais comment vous témoigner ma reconnaissance, je ne le puis que par ma franchise... par ma loyauté môme, qui me défend, Monsieur, d'accepter l'honneur que vous voulez me faire !

M.VXENCE.

Y penses-tu ?

DESGAUDETS.

Comment cela?

ALBERT

Pour me rendre digne d'un si noble procédé, il faudrait promettre à Mademoiselle voire fille un dévouement absolu... un amour enfin... que je n'ai pas... et que j'éprouve pour une autre!

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