CORINNE, ALBERT
ALBERT, entrant vivement.
Ouel dîner!... J'ai cru qu'il ne finirait pas!.... lit quelle conversation !... Que de mensonges! de Aanteries !
COUINNh;.
Éloges désintéressés, donnés par l'amitié.
ALBERT
Et par ceux qui dînent chez lui !... Et ce monsieur de Marignan, qui, à force de s'entendre dire qu'il était un grand homme... a fini par se le persuader !
CORINNE
Comment donc !... Il attaquerait en calomnie quiconque oserait maintenant soutenir le contraire !
ALBERT
Patience! cela aura un terme... et nous
verrons!
CORINNE
Raison de plus pour ne pas paraître sombre et préoccupé... comme vous... tout à l'heure, à ce dîner !
ALBERT
Je ne vous ferai pas le même reproche !.. J'admirais votre grâce, vos saillies, votre gaieté !
CORINNE
C'est un moyen ! Cela permet d'observer sans (jue l'on s'en doute.. Vous ne vouliez rien dire ! il fallait deviner!.,. J ai tout vu... voire physionomie taciturne, l'air intrigué du comte j et en sortant de table, vous lui avez dit à voix basse : Je vaisAous attendre au salon. Je l'ai entendu... J'étais derrière vous!.. C'est pourquoi... me voici. Maintenant, Monsieur, qu'est-ce que cela signifie?
ALBERT
Vous le saurez [ilus tard.
CORINNE
C'est une provocation... c'est un duel!
ALBERT
Eh non ! une simple explication!
CORINNE
Vous avez promis devant moi à .Antonia... de ne rien risquer qui puisse la compromettre, vous avez juré que son nom ne t-erait même pas prononcé, entrevous et M. de Marignan.
ALBERT
J'ai tenu ce serment, et je le tiendrai encore... Mais il se présente, grâce au ciel, une circonstance... une occasion qui n'a aucun rapport avec Antonia, ni avep mon amour, et rien ne peut m'empêcher de la saisir.
CORINNE
Cette occasion, quelle est-elle?... ne puis-je la connaître?
ALBERT
C'est inutile... c'est une question qui ne peut être disculée par des femmes... mais il ne sera pas dit... que je me laisserai enlever celle que j'aime sans la disputer... moi qui porte une épée... Non, non, tant que je serai vivant, il ne l'épousera pas !... J'y suis résolu... Sans cela, compreudriezvous que j'assistasse tranquillement à son triomphe... et à cette fête...
CORINNE
Vous voyez donc bien. Monsieur, que vous voulez vous battre avec M. de Marignan.
ALBERT
Oui.
CORINNE
Et pour Antonia?
ALBERT
Non... pas pour elle !... mais pour une autre cause... pour celle de l'honneur et de la vérité.
CORINNE
Je ne vous comprends pas, Monsieur.
ALBERT
Je vous ai dit que cela n'était pas nécessaire. Mais cotte explication aura lieu.