‹ Magasin théâtralChapitre 1144 sur 1475 · RICE · texte numérisé non relu

RICE

LE PRINCE, apercevant la porte à droite qui vient de se fermer.

Ah! l'on VOUS y prend, mon cher...

MAURICE, avec trouble.

Vous ici. Messieurs?..

LE PRINCE, riant.

J'ai va la dame, je l'ai vue !

MAURICE

C'est une plaisanterie, sans doute!

LE PRINCE

Non, parbleu!., la robe blanche flottante... qtri disparaissait... Voici donc la Saxe aux prises avec la France...

Qu'est-ce que cela signifie?

l'abbé.

Que nous sommes au fait, mon cher comte.

LE PRINCE, gaiement.

Et que cela ne se passera pas à huis clos, il nous faut de l'éclat et du scandale. {Frappant sur l'épaule de l'abbé.) Nous ne sommes pas desjèbbés pour rien... n'esl-il pas vrai?

* La prinressc, Maurice.

ADRIEXNE LECOLYREUR,

MAURICE, an prince^ avec impatience. |

Eh ! Jlonsieur, j'aurais cru , au contraire, que c'était pour vous qu'il fallait éviter le bruit... JMais puisque vous le voulez, puisque vous savez tout... LE PRINCE, riant.

Tout... et de plus nous avons les preuves... MAURICE, froidement et mettant son chapeau. Monsieur le prince, je suis à vos ordres... Monsieur l'abbé consenlira, je l'espère (le costume n'y fait rien), à nous servir de témoin, et comme il y a, je crois, un jardin , nous pouvons y descendre.

LE PRINCE, riant.

A celte heure ?..

MAURICE

Il est toujours l'heure de se battre... et pourvu que nous en finissions promptement... cela doit vous convenir...

l'abbé *. qui a remonté le théâtre, redescend près de Maurice.

Voilà où est votre erreur. Nous ne tenons pas à en finir, au contraire, nous voulons que cela

dure :

Amour fidèle,

Flamme éternelle !

Comme dit l'air de Rameau ! Et par un héroïsme qui surpasse toutes les magnanimités d'opéra, M. le prince vous abandonne votre conquête !

MAURICE

Qu'est-ce à dire ?

l'abbé.

A la condition que le traité de paix sera signé ici, à souper, à l'éclat des flambeaux!

LE PRINCE

Au bruit des verres et du Champagne.

MAURICE

Est-ce de moi. Messieurs, que l'on veut rire ?

l'abbé.

Vous l'avez dit !

LE PRINCE

Mon seul but étant de prouver à la Duclos...

MAURICE

La Duclos...

LE PRINCE, montrant la porte à droite.

Que je ne tiens plus à ses charmes,

Et que si la France et la Saxe se battaient pour elle...

LE PRINCE

Et pour sa vertu...

l'abbé.

Ce serait là une querelle d'Allemand que M. le prince ne se pardonnerait jamais... Ah ! ah ! ah ! LE PRINCE^ riant aussi.

Ah ! ah ! ah! c'est drôle, n'est-il pas vrai ?.. Et loin de rire.... comme nous.... vous avez un air étonné...

MAURICE

Oui, d'abord... Mais, maintenant, cela me paraît en effet si original...

• Le prince, l'abbé, Slaurice.

LE PRINCE

N'est-ce pas?.. Ah ! ah ! m'cnlever la Duclos... de mon consentement... un service d'ami !.. l'abbé.

Et vous ne refuserez pas, en nouveaux allies, de vous donner la main...

MAURICE

Non, parbleu ! voici la mienne...

LE PRINCE, déclamant.

Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie. l'abbé , riant.

Et si, pour ratifier le traité, il vous faut un notaire, je vais chercher celui de la Comédie-Française ! et d'autres témoins encore! (// sort par le fond.

MAURICE*, étonné. Que dit-il ?

LE PRINCE, riant.

Vous ne vous doutez pas de la brillante compa»

gnie qui vous attend dans ma pelile maison... ou

plutôt dans la vôtre.... car, ce soir, vous ôlcs le

maître, le héros de la fête ; à vous les honneurs !

MAURICE, avec embarras.

C'en est trop, prince !

LE PRINCE

Sans compter une nouvelle surprise que nous vous préparons, une. jeune dame, charmante, qui désirerait ardemment vous connaître, et l'abbé, qui est maître des cérémonies, est allé lui donner la main pour vous la présenter avant le souper ! MAURICE, avec embarras.

C'est moi qui vous prierai de me conduire vers elle... (A part, regardant adroite.) Pourvu que d'ici là je puisse délivrer ma captive et la soustraire à tous les regards, (// s'approche de la croisée à droite, qui est restée ouverte, et regarde dans le jardin.)

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