‹ Magasin théâtralChapitre 1233 sur 1475 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

BONTEMS, puis FLAVIGNV.

BONTEMS , entrant par le fond.

H.Sfi."^^ T""^^- "f"'"^ f^"'^"- on étouffe dans les salons, et pourtant l'heure de la signature du contrat de mariage n'est pas encoie arrivée... Ah! monsieur le baron de Fia-

(*) FLAviGNY, entrant par la droite et $' arrêtant miel ^' ^" ^^''^' ^'^"'* ^'^^^^^ « ««

Oui, prévenez-moi sur-le-champ dès .lue le notan-e arrivera... Ah! parbleu, mon cher Bontems, je vous trouve à propos.

BONTEMS

Qu'avez- vous, monsieur le baron?... Tant

(') Bontems, Flavigny.

LES SPÉCULATEURS

a'émotionî... Il est vrai qu*à l'insta'-t qù vous allez marier voire nièce , mademoiselle Clotilde...

FLAviGNV, lui présentant une leltre.

Tenez, lisez... et ma colère ne vous surprendra plus... Au moment où nous allons signer le contrat, si le hasard n'avait fait tomber cette lettre entre mes mains, si Clolilde l'avait reçue, son mariage était peut-êira manqué.

BONTEMS, qui a ouvert la lettre.

C'est la signature de M. Georges d'Avenay, votre neveu... Diable! à l'adresse de mademoiselle Clotilde de Flavigny... Je ne sais si je dois...

FLAVIGNY

Ai-je rien de caché pour vous , pour votre vieille amiiié?... Crojez-vous que je puisse jamais oublier qu'engagé malgré moi dans des opérations induslriellts, mes biens et mon honneur eussent été gravement compromis sans votre généreux désmléressement. (Reprenant la leltre.) licoulez donc cette lettre... et vous, qui soutenez toujours mon neveu , vous verrez si j'ai tort d'être irrité contre lui... [Il lit.) « clotilde, je reviens vers toi , que je n'ai ceshé » d'aimer et qui m'as prorais un amour éler- » nel...

BONTEMS

Il paraît qu'elle lui a promis...

FLAVIGNY, continuant.

» Ce n'est plus le jeune homme étourdi, dis- » sipé, qui te supplie de le recevoir, c'est > l'iiomme malheureux qui n'a pu vivre loin » toi... Ton amour ne m'aidera-t-ii pas à llé- » chir les rigueurs de mon oncle ? »

BONTEMS

Cette lettre me semble fort claire , monsieur le baron. Voici bientôt deux ans qu'après avoir refusé à M. d'Avenay la main de voire nièce, vous l'avez laisséi s'éloigner de la France avec désespoir.

FLAVIGNY

J'ai fait mon devoir... Clotilde est une fille pour moi ; j'ai promis à mon frère muurant de veiller sur sou enfant.

BONTEMS

Et c'est pour cela que vous avez repoussé une union qui semblait lui convenir pour la donner à M. Delmarre, dont la fortune csi fort modeste, et qui n'entre dans le notariat de Paris que grâce à la riche dot de votre nièce.

FLAVIGNY

Je le devais... Georges est un dissipateur qui eût mangé la fortune de sa femme comme il a dévoré son propre patrimoine en paris au Chauip-de-31ars ou à Clianlilly, et je ne veux pas que ma chère Clolilde son abandonnée un jour pour quelque danseuse de l'Opéra. Delmarre n'est pas noble; mais je piéleie l'élévation de son cœur à celle de sa naissance. Sa forlune est médiocre; il n'en aimera que

rnieux ma nièce, puisqu'il lui devra sa position, c'est le lils d'un honuèle et loyal notaire, dont j'estime fort le caractère, et son litre m'ofire en outre toutes les garanties désirables pour l'avenir.

BONTEMS

Fort bien ! mais M. Georges d'Avenav vous annonce son retour; il va arriver.

FLAVIGNY

Eh! c'est là ce qui m'effraie; je crains un

éclat une rupture qui compromettraient

l'iionneur de Clotilde. Aussi , j'ai fait prévenir mon notaire, et, dès qu'il arrivera, nous viendrons sur-le-charapi«igner le contrat dans ce salon... (*) Mais il me larde de rejoindre Clotilde; permettez que je vous quitte.

BONTEMS

Pressez surtout la signature du contrat; c'est essentiel, ftloi-mème je vais rentrer dans les salons; j'ai parié à l'écarté, et je veux savoir... {Flavigny est sorti par la gauche; au moment où Bonlems se dispose à sortir par le fond, la porte s'ouvre. Minot entre et le relient en l'amenant sur le devant de la scène. )

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