ACTE I, SCÈNE ffl
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SCÈxXE ÏII.
DELMARRE, MINOT.
MTNOT, seul.
Quatre cent miUe francs de dot!... Ce cher Del marre ! que je vais avoir de plaisir à lui serrer la main!... Eh! le voici...
(*) DELMARRE , entrant par le fond.
Excellent iMinot!...
MINOT
Tu le vois, aussitôt ta lettre reçue, j'accours chez M. le baron de Flavigny pour assister à la soirée, à la signature de ton contrat de mariage. Oreste n'a pas voulu que son ancien Pvlade du collège Henri IV fût heureux sans lui. Ainsi, mon cher Delinarre, c'est donc bien décidé, le voilà notaire royal et bientôt en ménage.
DELMARRE.
Oui, mon ami. Je quitte le titre de principal clerc pour devenir patron , je renonce aux folies de la jeunesse, je me marie, et toi?
MI.NOT
Moi , j'ai renoncé aussi aux folies, et c'est pour cela que je ne me marie pas...
DELMARRE.
Toujours le même, joyeux, sans soucis, voyant tout en beau... l'homme des illusions.
MINOT
Et bâtissant des châteaux en Espagne en attendant qu'il me soit permis d'en construire sur un terrain moins fantastique; oui, mon cher Delmarre, je suis architecte maintenant. IV- Par malheur, le temps de faire fortune e<t passe, et je mené une existence fort modeste, au quatrième étage, dans la maison d'un propriétaire assez avare, M. Bontems, ancien négociant en soieries, que je viens de rencontrer
^ ^ DELMARRE.
C est l'un de mes meilleurs cliens.
MINOT
II devrait bien devenir le mien à ta recommandation; car maintenant que te voilà notaire, je compte sur ton amitié pour me créer des relations, me donner des clients... j'ai en tetraïus ^^""^^ "^^ ^''°''^^^' '^'^^Péraiions sur des
DELMARRE, Vivement.
^on,oh! pas d'opérations industrielles! dans ces spéculations il n'y a trop souvent que deux rôles, celui de dupe ou de tripon...
JIINOT.
Tu connais ma probité, ma délicatesse...
DELMARRE.
Oui, mais tes confrères ont une réputation... (*} Delmarre, Minot.
Mn'OT.
Rassure-toi... je ne fais rien comme eux... si ce n'est pourtant les maisons A quoi nous servirait de rançonner les clients? nous n'avons point de charge à payer, nous autres architectes.
DELMARRE.
C'est une épigramme à notre adresse.
Je n'y pensais pas. Est-ce que je voudrais troubler ton bonheur le soir même de la signature du contrat, quand ta future, mademoiselle Clotilde de Flavigny...
DELMARRE, aVCC feU.
Tu vas la voir tout à l'heure, je te présenterai... Que de grâce, d'esprit, de charmes (tans toute sa personne !
MINOT
Quelle chaleur!... pour un notaire surtout... Et >on père, a-t-il du être enchanté quand lu lui as appris...
DELÎIARRE.
Hé! Hé! pas tout à fait.
MINOT
Ce mariage devait pourtant flatter son orgueil paternel... une jeune lille riche, noble, niece d un baron...
DELMARRE.
Voilà justement ce qui effraie mon père. Depuis trente ans notaire du uépariemeut de lOise, possesseur d'une fortune modeste vivant comme un patriarche au tond de son village, où il a su se faire adorer, mon père redoute une union qu'il trouve mal assortie...
MINOT
Mal assortie!...
Clotilde est noble... moi je suis très-roturier, et mon père, avec ses idées de 89, ses préjuges bourgeois, pense que le bonheur est incompatible dans une alliance entre la noblesse et la roture... Ne voulait-il pas me faire quitter Paris, me céder sa charge, et faire de moi...
MINOT
Un notaire rural!... je te vois déjà membre du consed municipal , adjoint de M. le maire peut-être...
DELMARRE, riaut.
Marguiller dans vingt ans...
MINOT
Et conduisant chaque dimanche ta nombreuse famille dans un de ces cabriolets phénomènes qui font l'orgueil de la province et la jubilation des Parisiens. Rien que pour ce majestueux véhicule, j'aurais accepté.
DELMARRE.
Et moi, j'ai refusé. Mon père a cédé; cependant il me tarde que cette fête soit terminée.
MINOT
En effet, je te trouve inquiet...
DELMARRE.
Ce n'est pas sans motifs. Tu connais mon père : c'est un homme d'une déliçalesse de prmcipes, d'une probité...
LES SPECULATEURS.
D'une vertu lacédémonienne.